1992 est un film très direct, presque dépouillé, qui avance sans détour et sans grande ambition narrative. On comprend rapidement où il veut aller, les personnages restent à l’état d’esquisses et les émotions sont rares. Pourtant, cette simplicité a parfois du bon. Tyrese, dans un rôle très intérieur, retient assez bien la tension : ce type silencieux, fermé, dont on sent qu’il pourrait exploser à tout moment, apporte une vraie présence. Le film évite aussi les excès du genre — pas de surenchère d’action ni de cascades improbables — et cette retenue fonctionne plutôt bien. Les dialogues restent anecdotiques, et la relation père-fils, qui aurait pu être le cœur du film, n’est qu’effleurée. Dommage, car elle avait le potentiel d’un vrai propos à la Boyz N the Hood. Ray Liotta est convaincant, et voir Clint Eastwood en filigrane dans le visage de son fils apporte un petit plaisir cinéphile, même si le rôle ne lui offre pas grand-chose à défendre. Reste un objet très simple, pas un grand film d’action, mais un moment honnête et efficace. On peut juste s’interroger sur l’usage de l’affaire Rodney King comme toile de fond, finalement peu exploitée et sans réel impact sur le personnage principal. Un film modeste, droit au but, mais qui fait le job sans chercher à briller.
Excellent film
Film d action Sans plus