Comédie • de Stanley Kubrick • 1964 • 1h35 • Peter Sellers, George C.Scott, Sterling Hayden,Keenan Wynn.
Un bombardier américain, chargé de bombes nucléaires, file vers l'URSS. Le major King Kong s'en va accomplir la mission la plus décisive de toute sa carrière. C'est le général Jack Ripper, un extrémiste farouchement persuadé que les Russes empoisonnent l'eau potable des Etats-Unis, qui a pris l'initiative de cette mission que plus rien ne peut arrêter. Prévenu, le président Muffley est obligé de se servir du téléphone rouge pour avertir son alter ego soviétique de la catastrophe. Malgré toutes les consignes et les discussions, un des avions lâche sa bombe. Le docteur Folamour, chef des armements, explique que les rescapés vont devoir vivre sous terre...
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Comment arrêter un bombardier américain parti par erreur larguer ses charges nucléaires sur l'URSS ? Le président des Etats-Unis prend les choses en main pour corriger la bourde d'un général belliciste à l'extrême. Il faut se remettre dans le contexte de la guerre froide pour apprécier l'ironie mordante de Kubrick. Si, au début des années 1960, Hollywood produit plusieurs films décrivant les possibles engrenages menant à un conflit nucléaire, Docteur Folamour est le seul à traiter le sujet avec le sourire crispé du condamné en sursis, conscient d'être conduit à la catastrophe par un troupeau d'irresponsables.
Le cinéaste ridiculise l'état-major américain de façon admirable. Les compositions de George C. Scott ou de Sterling Hayden sont savoureuses. Mais c’est Peter Sellers qui écrase le film, dans un triple rôle étourdissant : il s'en donne à cœur joie en Dr Folamour, cousin paralytique (ou créature ratée ?) de Wernher von Braun. L'image finale du major King Kong sautant de son B-52 à califourchon sur une bombe atomique coince un peu le rire dans la gorge…
TÉLÉRAMA • Par Aurélien FERENCZI • Publié le 20 octobre 2012.