En fait, c’est magnifique sur plein de points mais putain c’est très long quoi. Alors je sais que c’est une autre temporalité les années 60 et qu’il faudrait qu’on apprenne à ralentir la cadence mais quand même. Ça nous fait partir dans d’autres rêveries que le film et c’est assez dommage. Après, effectivement, on reste sur quelque chose de très grandiose : les couleurs (surtout au début avec les scènes de la fête), les plans qui sont tous magnifiques, le jeu avec la caméra (où les acteurs peuvent lui parler en face-à-face) et surtout les ajouts de textes (philosophiques poétiques, etc). On y voit donc un homme qui se fait chier dans sa vie de bourgeois (Belmondo) et qui va tomber par hasard sur une ancienne maitresse (Anna Karina) avec qui il va tout quitter (femme et enfants) pour partir à l’aventure. Elle, elle est suivie par une organisation secrète mais on ne comprend pas trop pourquoi. Mais finalement, à force de vivre d’amour et d’eau fraiche, ce n’est que l’eau fraiche qui reste vraiment. Elle veut vivre intensément comme dans un livre policier, il préfère lire des essais intellectuels. Elle va se faire kidnapper à un moment par un nain mais quelle tuera en retour. Et puis elle retrouvera Belmondo, lui demandera de prendre une malette pleine d’argent et s’enfuira avec un autre homme. Belmondo les retrouvera, les tuera tous les deux (cela est présenté comme naturel, presque anecdotique) et se fera sauté après s’être peint la face avec du bleu (ça me fait penser un peu aux femmes-pinceaux de Yves Klein des années 60). C’est Godard.