Toute la filmographie de David McKenzie fait envie. Pour ce film US le cinéaste écossais filme une manipulation élaborée et ménage un suspense très efficace. Ash négocie la tranquillité des lanceurs d'alerte menacés par leurs ex employeurs. Son anonymat est indispensable à sa sécurité et à celle de ses clients. Il croit aider Sarah Grant, supposément maladroite, mais son empathie, son sentiment de solitude et son attirance pour sa cliente lui feront baisser la garde. Le scénario est digne des plus grands classiques, Hitchcock compris, et tant le montage - ici contemplatif et introspectif, là hyper actif - que l'image dans les tons froids favorisent l'idée que quelque chose doit survenir. La surprise scénaristique est totale. Les acteurs, loin de surjouer, au contraire donnent dans la nuance, ce qui crée l'ambiance à la fois cosy et inquiétante de L'intermédiaire.
McKenzie, sa filmographie fait foi, s'est fait une spécialité des personnages qui ont passé la ligne rouge, criminels, psychotypes, etc il pouvait nous induire en erreur sur la fragilité de Sarah, et nous montrer par contraste le personnage droit d'Ash.
Excellent film.