Difficile de noter du Leos Carax. Je ne garde aucun souvenir de l’histoire de Holy motors mais des images, des ambiances. Et des moments forts. Annette m’a étonné, mais a été une belle découverte. Et j’ai eu une très forte envie de le revoir.
J’étais plein d’enthousiasme à l’idée de regarder ce film. L’histoire est simple,
"""
et le peu d’intrigue qu’il y a, avec la vie de Michèle, n’est finalement jamais connu, jamais raconté. A part peut être cette entrée dans l’appartement avec la plaque du médecin qui pourrait nous signifier qu’elle vit avec… !
"""
mais ce n’est pas là ce que veut faire Leos Carax. Il veut faire du cinéma, croquer des instants, varier les rythmes, la réalisation, créer de l’émotion… il arrive à nous faire vivre cette vie de sans abri, avec l’âpreté, les réactions extrêmes, à fleur de peau. Alex est un personnage haut en couleur, fort. Michel qui perd la vue est triste, déjantée, sensible, secrète.
Il y a des moments forts. Le début questionne, on ne sait sur qui on va s’arrêter, où on est, mais la rencontre avec les SDF ramassés dans la rue est déterminante pour nous plonger dans cet univers. Et comprendre les réactions extrêmes est déroutantes qui s’enchaînent jusqu’à la fin du film.
"""
La scène de la visite en prison est touchante.
"""
Leos Carax s’amuse : le ski nautique sur la scène, la course nu sur la plage, les feux d’artifice, la course sur la péniche, le plongeon dans la Seine, les danses sur le pont… et il nous embarque. Le côté « à sketch » d’Holy motor se prête mieux à cette réalisation un peu patchwork et on s’ennuie parfois en ne voyant pas avancer l’histoire (encore une fois assez « prétexte » à faire du cinéma).
J’ai bien conscience que cette critique est décousue… comme ce film. J’espère que, dans ce texte confus, se trouve aussi quelques parties intéressantes, quelques pépites, comme ce film en regorge.