Personnage psychopathe très intéressant, filmé avec nuance et intelligence. De Niro excellent. Après ça manque un peu de rythme quand même.
The Wizard of Lies est un film brillant, révoltant et profondément dramatique. Barry Levinson met en scène le plus grand crime financier de l’histoire avec une vraie maîtrise du rythme, de la tension et du regard porté sur ses personnages, sans jamais tomber dans le didactique pur. Le film réussit en plus à vulgariser des mécanismes financiers complexes pour les rendre clairs, limpides et accessibles, sans jamais appauvrir son propos. La crise de 2008 en toile de fond accentue encore le chaos ambiant et ancre le récit dans une période déjà traumatique, donnant au film une résonance presque suffocante. Robert De Niro est sidérant. Survolté, glaçant, d’un calme prédateur, il incarne Bernard Madoff comme un véritable génie du mal, froid et détaché, incapable ou refusant de mesurer l’ampleur humaine de son crime. En miroir, Michelle Pfeiffer est magnifique : le film s’attarde longuement sur elle, sur sa lente dérive, sa dépression, l’effondrement d’une vie construite sur une illusion. Les seconds rôles sont tous très justes, et le récit prend le temps d’explorer la destruction intime de la famille Madoff, notamment à travers les arcs déchirants des fils, que le film tend à réhabiliter. L’interview finale de Madoff, presque comme une séance de psy, est glaçante d’intelligence et de cynisme. Un film sobre, puissant, au titre parfaitement trouvé, et sans doute l’un des meilleurs et des plus sous-cotés de Barry Levinson.