C'est un film hommage à la beauté du monde et à notre capacité de s'en émerveiller. Pour cela il faut apprendre à la regarder, à l'écouter, à s'effacer devant elle pour se laisse porter par la beauté des éléments sauvages. C'est cette enseignement que l'on voit à l'œuvre dans le regard de trois hommes : Vincent Munier, son vieux père et son fils adolescent Simon. Vincent s'efface presque tout le temps pour porter à l'écran tout ce qui est beau : la forêt filmée comme un tableau de maître, son père à la lueur d'une bougie comme dans un Georges de La Tour, un gros plan sur les yeux émerveillés du jeune Simon. Parfois peut-être le grand-père pose un peu, conscient d'avoir un message à porter. Le jeune Simon filmé tout entier dans son authenticité passe d'une lecture de One Piece dans un refuge dans les Vosges, à la nuit cachée dans un affût à observer le tétra en Norvège.
Le travail sur les multiples sons de la forêt est incroyable, surtout le chant des oiseaux. Certains moments captés par les Muniers sont très émouvants : comme le premier vol d'un bébé punk oiseau, le regard d'une chouette sentant une présence cessant aussitôt de nourrir ses postillons pour fixer l'objectif ! les petites buées sortant des becs d'oiseaux, la grâce d'une toile d'araignée qui balance dans le vent.
J'ai découvert le tétras, animal totem du grand-père, Vincent lui préférant la grue. Le grand tetras qui a disparu des Vosges en raison du changement climatique.