Remarquable, vraiment. Elle arrive à enchaîner les histoires et les faire tout aussi passionnantes et fantastiques, les unes que les autres. Déjà, je ne le savais pas, mais excellent choix pour la période, entre la fin de l’été et le début de l’automne. C’est aussi ce que raconte le livre et d’une plume tellement magistrale et reconnaissable, mystérieuse et magiquement descriptive. Elle arrive à recréer ce monde forestier fantasmé que nous nous imaginions plus jeunes, à partir de détails triviaux, elle tisse un univers sublime, complet, mystique qui nous titille et nous dévore. Quant à l’histoire, on retrouve évidemment des similitudes d’un livre à l’autre. Elle aime les personnages féminins forts, combatifs et moralement gris. C’est ainsi que l’on pourrait décrire l’ensemble de ses protagonistes. Hazel leur ressemble et est pourtant aussi très différente. Je suis scotchée de la voir construire des intrigues plutôt simples mais racontées avec tant de complexité et de mystère dont seule elle a le secret que l’on est perplexe presque tout du long. On se doute de certaines choses, on le sait, mais la manière dont elles sont résolues réussit à nous surprendre et/ou nous renverser. J’apprécie d’autant plus ce livre qu’elle a mis en avant des protagonistes représentatifs de certaines minorités : Jack est noir et certains détails semés dans le livre étoffe vraiment son caractère d’une manière naturelle et subtile que peu d’autrices de sa génération arrive à faire ; et voir un couple gay évoluer en toute normalité est aussi agréable. Je voulais lui reprocher de les cantonner à des personnages qui restent secondaires mais les principaux lui ressemble à elle, elle raconte aussi ce qu’elle connait et très bien. J’ai adoré l’histoire, j’ai adoré me plonger de nouveau à Terrafae et, si ce roi des Aulnes est des plus pathétiques, c’était tout de même agréable de découvrir un nouveau narratif le mettant à l’honneur.