
Au nom du peuple italien
De Dino Risi
1971
Comédie / Drame
1h43
Au nom du peuple italien
De Dino Risi
1971
Comédie / Drame
1h43
6,7/10
4,4/5
Presse4,0/5
Spect.Synopsis
Un magistrat incorruptible, le juge Bonifazi, poursuit de son zèle un riche industriel romain, corrupteur et corrompu, Lorenzo Santenicito, dont il est convaincu qu'il est le meurtrier d'une call-girl. . Au départ, un petit juge intègre et un gros bonnet de l'industrie lié au pouvoir politique, accumulant les fraudes et les trafics, président de 36 sociétés, promoteur véreux, capitaine d'industrie pollueuse, mauvais mari, fils indigne. Le bien et le mal. Mais peut-on condammer quelqu'un pour ce qu'il représente ? Santenicito reprochera au juge Bonifazi d'avoir des préjugés contre lui, une phrase perdue dans la logorrhée chronique du personnage qui se drogue aux mots pour calmer son angoisse de la mort. Paradoxalement, c'est dans un tête à tête où tout les deux mentent qu'un brin de sincérité va réunir les deux hommes qui déjeunent dans un modeste restaurant sur la plage, Lorenzo Santeniceto semble rechercher un peu d'estime dans le seul homme non corrompu qu'il rencontre dans sa vie.
Bande d'annonce
Avis et Commentaires
3 avisDino Risi • 1971 • 1h43 • avec Ugo Tognazzi, Vittorio Gassman, Ely Galleani, Yvonne Furneaux. Modeste juge désabusé, Bonifazi n'a plus guère d'illusions sur la société dans laquelle il vit. Pour lui, les hommes d'affaires ne sont qu'exploiteurs, pollueurs, profiteurs et prévaricateurs. La mort suspecte d'une call-girl le conduit à enquêter sur Santenocito, un riche industriel qui dirige d'une main de fer de nombreuses entreprises, le type même de l'individu que Bonifazi déteste. Il s'acharne alors à prouver que Santenocito a tué la jeune fille. Celui-ci, pris de panique, use de divers stratagèmes pour s'attirer les bonnes grâces du magistrat, et va même jusqu'à se fabriquer de faux alibis. En vain... ▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️ C'était une bannière commode : sous le terme « comédie à l'italienne » (inventé par les Italiens), on vendait il y a une quarantaine d'années les films doux-amers d'Ettore Scola, les épopées picaresques de Mario Monicelli et les fables grinçantes de Dino Risi. Ce dernier (1916-2008) était le maestro du genre : drôle et cinglant, pointant les ridicules des uns, les monstruosités des autres, et contribuant peut-être plus qu'un autre à tirer le portrait d'une Italie tiraillée entre tradition et progrès. Dans Au nom du peuple italien (1971, sorti sous le titre Le Petit Juge), il pointe de façon prémonitoire la lutte sans fin des magistrats (Ugo Tognazzi les représente avec conviction) contre les industriels corrompus et fanfarons (Vittorio Gassman, irrésistible), dont on peut dire, a posteriori, qu'ils firent le lit du berlusconisme. Le film dose à merveille amertume et ironie, comédie et tragédie. TÉLÉRAMA • Aurélien Ferenczi • Publié le 24 août 2013.









