Un téléfilm percutant qui risque bien de vous scotcher à votre canapé en raison de son histoire choc, celle de Sixtine, incarnée par Capucine Valmary. Fille d’une famille catholique ultra-traditionnelle, la jeune femme tombe sous le charme de Pierre-Louis Sue de La Garde (joué par Adrien Dewitte), un homme séduisant mais au passé bien plus sombre qu’il n’y paraît.
Derrière ses beaux discours et son charisme, il entraîne la jeune femme dans Les Frères de la Croix, un mouvement religieux radical qui dicte à ses membres une soumission totale. Sixtine se retrouve sous l’emprise d’une communauté fermée, menée d’une main de fer par une matriarche terrifiante (Valérie Karsenti). Peu à peu, elle perd tout libre arbitre. Mais quand elle devient mère, l’instinct de survie reprend le dessus : elle fuit, loin de cette prison dorée, et trouve refuge chez Lydie (Barbara Probst), une femme au grand cœur prête à lui tendre la main. Une course contre la montre s’engage alors pour échapper à l’emprise de son passé.
Bénie soit Sixtine : une histoire glaçante, inspirée de faits réels
Le récit glaçant de Bénie soit Sixtine s'inspire en réalité du premier roman de Maylis Adhémar, publié en 2020. Aujourd'hui âgée de 39 ans, l'autrice a elle-même grandi dans un milieu catholique extrême, où les dogmes religieux primaient sur tout. “Ma chance a été de déménager”, confie-t-elle au Parisien, aujourd'hui libérée de cette emprise. Il faut dire que c'est une enfance peu commune qu'elle a vécue. De sa jeunesse, elle se souvient des prières pour que le pape [que la secte considérait comme l'antéchrist, ndlr] meurt, des insultes envers la "diabolique" Simone Veil, à l'origine de la loi pour l'avortement ou encore d'avoir été qualifiée de “perverse” et forcée à la confession pour avoir osé jouer au football avec des garçons. “Jusqu'à 15 ans, je ne savais pas comment on faisait les bébés”, avoue-t-elle, illustrant à quel point les filles et les garçons étaient séparés.
Les enseignements qu'elle reçoit sont également marqués par la haine. À 14 ans, elle est confrontée à des discours antisémites et à des lectures ultra-conservatrices. Ces communautés, “proches de l'extrême droite”, glorifient la monarchie et considèrent les discours du défunt Jean-Marie Le Pen comme des divertissements, confie-t-elle. Après une rupture brutale avec sa famille, Maylis Adhémar trouve enfin la force de s'éloigner de cet environnement toxique voire, il faut le dire, dangereux. Aujourd'hui, elle lance un appel à la vigilance : “Soyez attentifs, il y a plus de Sixtine que vous croyez. Ne les laissez pas seules. Quand elles partent, elles n'ont plus rien. Elles ont besoin d'une main tendue.” Un terrible récit mais également une réalité à ne pas occulter.