Bullhead avait tout pour être un film sombre, brutal, ancré dans un univers criminel agricole original. Et pourtant, c’est une catastrophe presque fascinante tant rien ne fonctionne. La mise en scène est plate, sans âme, sans idée ; la photographie est terne et laide ; les dialogues, pénibles et creux. On s’ennuie, mais d’un ennui profond, de ceux où l’on regarde l’horloge en se demandant combien de temps il reste encore à tenir.
Le personnage de Jacky avait pourtant du potentiel, surtout avec Matthias Schoenaerts, excellent dans De rouille et d’os. La scène d’ouverture laisse croire qu’on va suivre un homme meurtri, dangereux, intéressant. Publicité mensongère : Jacky passe tout le film à ruminer dans un coin, coincé dans son mutisme et sa déprime, sans jamais rien incarner d’autre que l’immobilisme. L’ombre d’un personnage, mais jamais sa substance. Et à force de ne rien faire, il en devient juste… barbant.
Autour de lui, c’est pire : beaucoup de seconds rôles surjouent, personne n’est convaincant, et les dialogues sont d’une banalité affligeante. La musique, elle, achève de plomber le tout : elle ne soutient rien, n’accentue rien, n’apporte rien, elle souligne juste à quel point le film manque de vie.
Côté récit, c’est censé être une plongée dans un monde criminel rural, une histoire de mafia des hormones bovines, une enquête policière en toile de fond… Mais tout sonne faux. Les « gangsters » sont pathétiques, les flics qui les traquent ne valent guère mieux, et tout ce qui devrait amener tension ou action est soit raté, soit tellement mal mis en scène que ça en devient presque comique. Il n’y a pas une scène mémorable, pas un moment de cinéma digne de ce nom.
Quant à la fin, elle ne sauve rien : elle est aussi vide, aussi inutile, aussi absente de sens que le reste. On arrive au bout sans émotion, sans réflexion, sans rien. Juste soulagé que ce soit terminé.
En refermant Bullhead, on se demande vraiment comment certains ont pu y voir un grand film. 4/5 par Télérama ?? Nomination aux Oscars ?? Toujours est-il que, pour moi, c’est un navet massif, un faux drame mafieux, une coquille vide qui ne laisse absolument rien derrière elle.
PS : Le fait que cet immondice soit mieux noté sur cette plateforme que A beatiful day (exactement le genre de thriller noir que ce film aurait rêvé d’être) va m’empêcher de dormir pendant des jours.