
Driver
De Walter Hill
1978
Policier / Thriller
1h31
Synopsis
À Los Angeles, un homme mystérieux et solitaire surnommé « le chauffeur » est maître dans l’art de semer la police lors de braquages à hauts risques. Un brillant détective le traque sans relâche et décide de le piéger en montant un faux casse avec une équipe de malfrats. Afin de lui échapper, le chauffeur s’associe avec « la joueuse », une jeune femme séduisante et énigmatique.
Bande d'annonce
Avis et Commentaires
10 avisSuper découverte, un polar sec, minimaliste, qui m’a immédiatement connecté à toute une lignée de films. L’influence la plus évidente c’est Le Samouraï de Jean-Pierre Melville. Même figure centrale : un criminel solitaire, froid, méthodique, quasi mutique. Même flic obsessionnel à ses trousses. Même relation ambiguë avec une femme témoin d’un crime qui feint de ne pas reconnaître le coupable au commissariat. Hill ne cache pas cette filiation, il la revendique presque. Mais ce qui est fascinant, c’est que The Driver, lui-même nourri du polar français, deviendra à son tour une source d’inspiration majeure. L’empreinte est flagrante dans Drive de Refn, un quasi remake, ou encore dans Baby Driver, dans un registre plus pop et musical. Et plus largement, cette froideur professionnelle, cette rigueur dans la représentation du crime, annoncent certains motifs qu’on associera plus tard à des cinémas comme celui de Michael Mann. Un film inspiré qui deviendra inspirant. Le récit est très efficace. Peu de psychologie explicite, peu de dialogues, mais une tension constante. Ce qui marque surtout, ce sont ces longues séquences de poursuites automobiles, étirées sur plusieurs minutes. Elles sont immersives, lisibles, nerveuses, et plutôt impressionnantes. Pas de surenchère artificielle : juste de la maîtrise du volant, de la vitesse et du risque. Ryan O’Neal est parfait dans le rôle du chauffeur. Charismatique tout en restant presque muet, il incarne un professionnel absolu, régi par un code strict auquel il ne déroge jamais. En face, Bruce Dern joue sa némésis : un flic obsessionnel, prêt à franchir la ligne pour coincer celui qu’il considère comme un défi personnel. Leur affrontement est psychologique, basé sur la traque et l’ego. Isabelle Adjani apporte une présence mystérieuse et magnétique, même si son rôle reste malheureusement trop en retrait. Le final peut laisser un léger goût d’inachevé, mais il reste cohérent avec la logique minimaliste du film. Condensé sur 90 minutes intenses, The Driver propose un cinéma de genre maîtrisé, élégant et influent. Trop méconnu au regard de son impact.
1978 Walter Hill










