
French Connection
De William Friedkin
1971
Action / Policier
1h44
French Connection
De William Friedkin
1971
Action / Policier
1h44
7,6/10
4,0/5
Presse4,0/5
Spect.Synopsis
Jimmy « Popeye » Doyle et Buddy Russo, deux flics du bureau des narcotiques, mettent à jour un important trafic d’héroïne. Une véritable filière qui prend sa source en France et qui finit dans les rues de New York. De planques en filatures, d’arrestations musclées en poursuites explosives, « Popeye » et Russo entament une chasse à l’homme implacable pour démanteler ce que les archives du crime appellent désormais… la French Connection.
Bande d'annonce
Avis et Commentaires
26 avisTrès marquant. Peut-être moins, maintenant.
Un polar brut, sec et passionnant, l’un des sommets du cinéma de William Friedkin. Aucun sentimentalisme : tout est froid, tendu, non poli, presque clinique. Gene Hackman est nerveux et obsessionnel, incarnant un flic entièrement défini par son travail. On ne sait presque rien de sa vie intime, Friedkin garde volontairement un voile sur l’homme pour ne montrer que l’acharnement professionnel, l’instinct, la fatigue et la violence latente. La mise en scène est d’une maîtrise folle, avec un sens du détail quasi documentaire : planques, filatures, interrogatoires, arrestations musclées, tout est montré avec précision. La longue course-poursuite sous le métro reste encore aujourd’hui une référence absolue, d’une tension inégalée. Le passage de New York à Marseille est géré avec intelligence, Friedkin filmant une citée phocéenne loin de toute carte postale, parfaitement en phase avec l’âme du film. Le film est aussi pionnier dans le fait d’aborder et de mettre en images l’histoire de la French Connection, en donnant corps à ce réseau tentaculaire dont les figures restent volontairement floues et insaisissables jusqu’au dénouement, renforçant leur aura et le sentiment d’un ennemi diffus et omniprésent. Le final est saisissant : le barrage policier sur le pont, les criminels qui fuient dans tous les sens, la traque chaotique dans le hangar désaffecté, la confusion totale, jusqu’à l’erreur fatale et le meurtre d’un collègue. Le parrain, lui, disparaît à jamais. Friedkin conclut sur une note amère, presque nihiliste, fidèle à ce polar où l’obstination ne mène ni à la gloire ni à la victoire, mais à un vide brutal.









