Jean décide de partir pour un voyage sans retour dans un pays détruit par la guerre, mais rien ne se passe exactement comme prévu. Son désespoir lui semble vite dérisoire face au sort de ceux qui l'accueillent en s'accrochant au moindre espoir de reconstruction.
Depuis son divorce, Jean a perdu ses repères. Sur un coup de tête, il décide de se rendre dans un pays se remettant à peine d'un long conflit armé, avec la ferme intention de mettre fin à ses jours. En attendant son heure, il loge dans un hôtel ayant grand besoin de menus travaux. Instinctivement, Jean utilise ses talents manuels pour remettre certaines choses en état de marche dans sa chambre. De fil en aiguille, il se lie d'amitié avec les personnes qui y vivent, une jeune femme, son fils et son cousin, et acceptent de les aider à rénover les lieux.
Tandis qu’elle avait presque terminé le scénario d’Hôtel Silence, Léa Pool s’est mise à chercher des villes de bord de mer en Europe. Le hasard a voulu qu’en « googlant », elle tombe sur Cerbère, village côtier des Pyrénées-Orientales, près de la frontière espagnole. S’y dresse fièrement, tel un paquebot mouillant les côtes, l’hôtel du Belvédère du Rayon vert – comme le film de Rohmer –, construit entre 1928 et 1932, selon les plans de l’architecte Léon Baille, qui s’est inspiré de l’architecture navale.
« Je suis tombée en amour avec cet hôtel ! Il est situé à deux heures de Barcelone et à trois quarts d’heure de Perpignan. C’est un lieu qui porte aussi la guerre, inconsciemment, puisque la guerre d’Espagne et la Seconde Guerre mondiale s’y sont croisées. »
Les républicains qui fuyaient le franquisme passaient la frontière espagnole pour se réfugier du côté français. Quelques années plus tard, les Juifs qui fuyaient la zone franche, devenue allemande, passaient par là pour se cacher dans les Pyrénées.
Léa Pool
Alors que dans Ör, l’hôtel abrite des thermes, dont le jeune tenancier tente de restaurer les mosaïques, l’imposant hôtel Art déco en béton armé possédant une salle de spectacle, Léa Pool s’en est servi pour en faire une salle de cinéma où Zoran présente La mécano de la générale, de Buster Keaton et Clyde Bruckman, dont l’action tourne autour d’un train.