
Il Divo
De Paolo Sorrentino
2008
Drame
1h50
Synopsis
À Rome, à l'aube, quand tout le monde dort, il y a un homme qui ne dort pas. Cet homme s'appelle Giulio Andreotti. Il ne dort pas, car il doit travailler, écrire des livres, mener une vie mondaine et en dernière analyse, prier. Calme, sournois, impénétrable, Andreotti est le pouvoir en Italie depuis quatre décennies. Au début des années quatre-vingt-dix, sans arrogance et sans humilité, immobile et susurrant, ambigu et rassurant, il avance inexorablement vers son septième mandat de Président du Conseil.
Bande d'annonce
Avis et Commentaires
2 avisUn récit ultra dense, riche en personnages et en informations, qui peut facilement perdre ou décourager. Sans une certaine familiarité avec la politique italienne et l’histoire de la mafia, une partie de l’impact peut passer à côté tant le film s’appuie sur un contexte historique chargé. On traverse les années troubles de la fin du XXe siècle italien entre basculements politiques, assassinat du juge Falcone, arrestation de Toto Riina, début du maxi-procès de Palerme, le tout à travers la figure énigmatique de Giulio Andreotti. Il y a quelque chose de profondément fascinant dans le portrait de cet homme de l’ombre, dont les zones grises et les implications supposées nourrissent une aura presque mystique. Toni Servillo est assez bluffant, habité, et porte le film avec une précision remarquable. Le biopic est clairement à charge, même si quelques touches tentent d’esquisser une conscience ou des remords chez le personnage. On est donc face à un récit exigeant et parfois difficile d’accès, donnant la sensation d’un film assez niche, davantage destiné aux initiés ou à un public italien déjà familier avec cette figure politique. Malgré ça, une réflexion plus universelle émerge sur les dérives du pouvoir, la corruption et les coulisses troubles des grandes figures politiques. Mais là où le film impressionne vraiment, c’est dans sa mise en scène. La maîtrise technique de Sorrentino est sidérante : image somptueuse, cadrages inventifs, symbolisme visuel constant, palette de couleurs marquée et bande-son éclectique parfaitement intégrée. Sur le plan visuel et sonore, c’est presque irréprochable.














