Comédie • de Philippe Le Guay • 2003 • 1h50 • Vincent Lindon, Fabrice Luchini, Claude Rich, Isild Le Belsco.
Coway, un restaurateur dépensier, ne parvient pas à freiner sa générosité, ce qui le conduit à l'endettement. Brett, au contraire, est très avare, au point que l'amour de sa vie l'a quitté car il refusait de lui offrir un chemisier. Nicolas de Blamont, chef d'entreprise, vend ses usines après une alerte cardiaque, provoquant une crise sociale dans la région. Tous ces personnages se croisent dans le restaurant de Coway, où ils sont servis par Laurence, jeune fille secrète dont Patrick, le plongeur, est amoureux. Tous racontent leur parcours, et tentent de comprendre ce qui, de l'amour ou de l'argent, prend le plus de place dans leur vie...
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Il y a le radin impénitent, le dépensier à la générosité obsessionnelle, le modeste panier percé, la pute économe, le capitaine d'industrie lassé de produire de la richesse... Une galerie de personnages qui incarnent, chacun à sa façon, un rapport à l'argent. Lequel, au choix (mais on peut cocher plusieurs cases), ne fait pas le bonheur, va à l'argent, rend marteau, rend service aussi...
L'ambition de Philippe Le Guay (Les Femmes du 6e étage) est claire : trousser une comédie chorale sur un sujet de société. Pari à moitié réussi, à cause d'un scénario qui oublie souvent de nourrir de chair chacun de ces archétypes. C'est grâce aux comédiens qu'on finit par prendre du plaisir. Regard de chien battu de Vincent Lindon, mimique « luchinienne », jolie présence énigmatique de Géraldine Pailhas, flegme de Claude Rich. Plus des seconds rôles — Michel Vuillermoz en fonctionnaire de l'épargne, Bernard Bloch en huissier gay, Catherine Hosmalin en ouvrière sinistrée — pas forcément moins forts que les héros, d'autant plus frappants qu'en une ou deux scènes ils sont vite et bien croqués.
TÉLÉRAMA • Par Aurélien Ferenczi • Publié le 15 juin 2013.