La photographie de ce film — surtout dans sa version restaurée — est d’une beauté à couper le souffle. La maîtrise des plans est hallucinante, et certains, splendides, resteront dans les annales.
De cette réalisation si ouvragée résulte un film de près de trois heures au rythme inégal.
Connaissant trop peu l’histoire de l’Italie au XIXᵉ siècle, je n’ai sans doute pas su apprécier toutes les subtilités de lecture proposées par L. Visconti. Ainsi, me concernant, le film ne tient plus que sur une jambe ☹️
En revanche, on comprend vite que l’on suit un vieux loup (Burt Lancaster) et un jeune guépard (Alain Delon) : le premier d’une sagesse déchirante de résignation, le second débordant de panache et de modernité.
Trois heures durant — entre les ruelles pestilentielles et les salons cossus — s’y déploie une lente passation de pouvoir (à plusieurs niveaux) et la constatation d’un ordre nouveau aspirant l’ancien monde.
« Et tous, Guépards, chacals et moutons, nous continuerons à nous considérer comme le sel de la Terre. »
NB: Un film à revoir, très certainement : histoire de relever sa note et de le contempler une seconde fois, en tentant de m’y imprégner davantage.