
Le Jardin des Finzi-Contini
De Vittorio De Sica
1970
Drame / Historique
1h34
Le Jardin des Finzi-Contini
De Vittorio De Sica
1970
Drame / Historique
1h34
8,0/10
4,7/5
Presse4,0/5
Spect.Synopsis
Italie, 1938. Ayant entrepris depuis peu de se convertir à l'antisémitisme, le régime fasciste multiplie les mesures vexatoires contre les Juifs italiens. Mais la famille Finzi-Contini, pilier de l'aristocratie de Ferrare depuis des générations, ne croit pas à l'imminence de la menace. Les deux enfants adultes, Micól et Alberto, aiment bien donner des parties et jouer au tennis dans l'immense parc qui entoure le palazzo familial. Comme les clubs sportifs viennent d'être interdits aux Juifs, des jeunes gens de milieux plus modestes sont désormais invités à jouer dans le jardin des Finzi-Contini. C'est ainsi que Giorgio a l'occasion de rencontrer la lointaine Micól et tombe peu à peu amoureux d'elle, qui lui en préfère un autre, cependant qu'hors des murs, le pire se prépare...
Bande d'annonce
Avis et Commentaires
10 avisDrame • Vittorio De Sica • 1971 • 1h34 • avec Dominique Sanda, Helmut Berger, Lino Capolicchio, Fabio Testi En 1938, le régime de Mussolini met en place les premières lois raciales. A Ferrare, dans le grand jardin de la riche famille juive des Finzi-Contini, la belle Micol et son frère Alberto ont invité leurs amis juifs à venir jouer au tennis. Chez les Finzi-Contini, on commence à s'inquiéter de la ségrégation d'Etat lancée par le régime fasciste, mais on ne peut imaginer que la dictature ira aussi loin que le nazisme. D'autant que la famille subventionne les colonies de vacances mussoliniennes. Loin de ces préoccupations, le jeune et pauvre Giorgio est secrètement amoureux de Micol. Cette dernière n'en est visiblement pas consciente. Elle est en effet très attachée à son frère, Alberto... ▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️ Le jardin des Finzi-Contini est ouvert : c’est l’occasion pour quelques jeunes gens de Ferrare d’entrer dans cette somptueuse propriété et d’y retrouver, sur le court de tennis, la belle Micòl. Mais, en 1938, dans l’Italie fasciste, les juifs sont exclus des écoles, des entreprises et… des clubs de tennis. Ce film unique est dédié à l’évocation minutieuse et poignante d’une chose invisible : le sentiment de la fin. Dans le jardin de la propriété où Micòl et Giorgio retrouvent leur enfance, De Sica filme des arbres majestueux qui ont plus de cinq cents ans, et de frêles silhouettes. Il est dans la fragilité du présent, comme à la surface d’une réalité qu’il effleure pour dire tout ce qu’elle a d’éphémère. Ce style très particulier est d’une beauté sublime mais il faut accepter le fatalisme de ce film où tout est déjà joué. À la victoire impitoyable des exterminateurs, rien ne s’oppose ici. La mort hante le splendide jardin. Tout en choisissant un registre éminemment intime, De Sica donne toute sa résonance à l’Histoire en marche. L’atmosphère d’époque qu’il reconstitue fait ressentir la raréfaction de l’air pour les juifs, les décors deviennent souricière, le piège n’a plus qu’à se refermer. Ce film dont chaque plan dit la douceur de vivre qui s’en va, et qui déploie une délicatesse aérienne pour raconter une tragédie, finit par être d’une puissance émotionnelle rare. TÉLÉRAMA • Par Frédéric Strauss • Publié le 04 janvier 2022.








