De Zara Zwinger. 2024.
Road movie fantasque et foutraque entre une jeune mère mythomane et un peu folle et sa fille d’une dizaine d’années qu’elle vient chercher au foyer à qui elle a été confiée Attachant et original jusqu’à la fin
Telerama
Vernis jaune smiley aux ongles, Lu, 11 ans, fait glisser un petit serpent entre ses doigts pour tromper l’ennui. Alors qu’elle attend que sa mère, Karina, lui rende visite dans son foyer d’accueil pour mineurs, ses souvenirs s’emmêlent. De sa génitrice, ne lui reste qu’une vision idéalisée et onirique. Prétendument actrice émérite à Hollywood, cette dernière arbore, dans l’esprit juvénile de son enfant, un manteau de fourrure bleu azur et lui promet de « revenir bientôt ».
Et subitement, sans prévenir, Karina débarque. Tonitruante, imprévisible, aussi haute en couleur que son fard à paupières bleu pétant. Kidnappant Lu pour une virée en Cadillac direction la Pologne, elle lui fait jurer — serrage de petit doigt à l’appui — qu’entre elles, c’est désormais « tout ou rien »…
Le charme de ce road movie touchant est renforcé par les scènes truculentes sorties tout droit de l’esprit de la préadolescente. Lorsque Karina lui confie avoir souffert d’une dépression qui l’a fait sentir « comme un robot », Lu la prend au pied de la lettre et l’imagine émettre des « bip bip » dans un costume en aluminium.
Mais si Le Jour où j’ai rencontré ma mère mise autant sur les couleurs chatoyantes et l’humour, c’est pour mieux aborder un thème plus grave. Celui des enfants confrontés aux défaillances de leurs parents, tiraillés entre leur amour pour eux et le sentiment d’avoir grandi trop vite. Un déchirement parfaitement incarné par la jeune Rosa Van Leeuwen.