
Macadam Cowboy
De John Schlesinger
1969
Drame
1h53
Synopsis
Joe Buck, blond et beau gosse, quitte sa petite bourgade du Texas pour monter à New York, où il espère se faire entretenir par des femmes riches. Mais la dureté de la ville lui fait rapidement perdre ses illusions. Seul, sans un sou, il fait la connaissance de Ratso Rizzo, un petit Italien chétif, boiteux et tuberculeux. Parce que ce dernier a l'air encore plus seul que lui, Joe accepte de partager son appartement miteux. À l'opposé l'un de l'autre, ils partagent pourtant la même misère dans les bas-fonds new-yorkais, s'accrochant au même rêve : partir vivre sous le soleil de Floride…
Bande d'annonce
Avis et Commentaires
24 avisJ’ai souvent du mal avec les films qui plongent leurs personnages dans une misère quasi totale. Environnement sale et hostile, quotidien délabré et succession d’emmerdes sans véritable éclaircie. Ce type d’atmosphère assez plombante affecte forcément un peu mon ressenti face au film. Heureusement, le personnage de Joe Buck, incarné par Jon Voight, apporte un contraste intéressant avec ce décor sinistre. Son allure de cowboy texan, accompagnée par des musiques folk et country, tranche complètement avec l’environnement urbain de New York. Cette opposition crée une certaine sympathie et introduit même une forme de naïveté touchante dans le récit. Malgré ça, le film reste profondément désenchanté. Il raconte d’abord l’illusion d’une vie meilleure en ville, le fantasme d’un New York glamour et prospère qui se révèle en réalité être un espace froid, brutal et délabré. En introduisant un cow-boy dans cet environnement, le film met ainsi en scène la confrontation entre un idéal fantasmé, presque mythologique, et la réalité d’une modernité urbaine dure et impitoyable, où les grands espaces et l’imaginaire romantique de l’Amérique rurale ont laissé place au béton et à l’aliénation. C’est d’ailleurs là que le film devient vraiment intéressant. Derrière son récit de marginalité se cache une réflexion sur la figure du cow-boy et, plus largement, sur la fin du mythe du western à la fin des années 60. À travers Joe Buck, le film montre la collision entre l’Amérique mythique du cinéma classique et le monde contemporain. Joe incarne caricaturalement l’image du cowboy hollywoodien : beau, sûr de lui, persuadé que son charme fera tomber toutes les femmes. Mais en arrivant à New York, il se confronte brutalement à une société qui ne reconnaît plus ce mythe. Il est tourné en dérision, manipulé, dépassé par un monde qui ne fonctionne plus selon les codes qu’il imagine. Le film multiplie les symboles de cette déconstruction. Même lorsqu’il joue à un jeu de tir à la carabine, Joe rate toutes ses cibles : le cow-boy ne sait plus tirer. Sa virilité et son identité sont constamment mises à l’épreuve, révélant peu à peu l’artificialité du personnage. Joe admet d’ailleurs qu’il n’est pas un véritable cow-boy, il ne fait qu’endosser une image issue du cinéma. À travers lui, le film semble annoncer la mort d’un imaginaire américain. À la fin des années 60, en pleine contre-culture, entre Woodstock et la guerre du Vietnam, l’Amérique fait face à d’autres réalités : pauvreté, criminalité, addictions, désillusion sociale, villes en décomposition. Dans ce contexte, le mythe héroïque du cowboy n’a plus vraiment de place. La relation entre Joe et le personnage de Ratso, incarné par Dustin Hoffman, s’inscrit dans cette logique. Le cowboy idéaliste rencontre le survivant urbain, malade, marginal, qui ne croit plus aux promesses du rêve américain. Ratso incarne une Amérique contemporaine désabusée, bien loin de l’imaginaire héroïque des westerns. Joe croise aussi la nouvelle jeunesse issue de la contre-culture, qui le regarde presque comme une curiosité. Il est pour elle un vestige d’un monde ancien, fascinant mais complètement dépassé. Midnight Cowboy agit ainsi comme une cérémonie funéraire pour le mythe du cowboy et le genre du western. Le geste final de Joe se débarrassant de son costume symbolise l’abandon définitif de cette identité fictive. Comme si le film enterrait à la fois son personnage et tout un pan du rêve américain construit par Hollywood.
Midnight Cowboy, métaphoriquement une partie de l’histoire du cinéma, de façade une fresque et aussi une critique de notre société tel qu’elle était et qu’elle seras encore . On a donc le droit de se demander pourquoi Midnight Cowboy a reçu l’oscar du meilleur film en 69, quand on le voit aujourd’hui ! Et bien moi je vous répond, pour l’importance qu’à eu ce film et son impact ! Classé X à sa sortie Midnight Cowboy obtient cette classification qu’à cause de son New York . L’autre face de New York, celui du ruiné ! accompagné d’une bande son efficace, la réal est innovante.
🎬 Le point culminant dans la carrière de John Schlesinger, puisqu'il obtient l'Oscar avec ce film admirable, évoquant les tribulations tragi-comiques de deux amis à la dérive, qui tentent de survivre dans la jungle de New York. Classé X à sa sortie ce qui équivaut à une interdiction au moins de 17 ans aux États-Unis. L'histoire est bien construite, intéréssante et belle, Schlesinger capte parfaitement les enjeux dramatiques qui sont de plus en plus fort au fur et à mesure que le récit avance. John Voight arrive à donner de la consistance à un personnage candide et Dustin Hoffman délivre la meilleure prestation de toute sa carrière dans la peau de ce SDF escroc mais écorché vif. Macadam Cowboy est également connu pour sa musique, la chanson Everybody's Talkin' mais aussi le thème bouleversant de John Barry et pour le scandale qu'il créa à sa sortie en 1969. 🎬 🎬 🎬
Respect sur Dustin Hoffman









