Kawamura Genki, écrivain et cinéaste a adapté à l'écran son propre roman "N'oublie pas les fleurs"( 百花 - Yakka) je sors de l'ultime séance. Le film n'a pas eu de succès, ce dimanche c'était l'unique séance de la semaine, l'ultime, car l'œuvre disparaît de l'écran. Nous étions sept... enfin six, car j'ai entendu un spectateur ronfler.
Comme Fukuda, Kore Eda, et Hamaguchi, les cinéastes japonais actuels distribués en France, celui-ci ci est préoccupé par la famille, la relation familiale complexe, difficile. J'ai oublié de citer Naomi Kawase....
Yuriko, pourtant encore jeune, est frappée d'Alzheimer, Izumi son fils adulte, bien qu'il attende d'être père fait le possible pour accompagner sa mère, rapidement devenue ingérable (arrêtée dans un supermarché, perdue sous la pluie, etc...)
Mais voilà, il y a entre eux un traumatisme : elle l'a abandonné durant un an, enfant, sans doute pour suivre un homme. Lui cherche désespérément à retenir la mémoire de sa mère : pourquoi m'a tu abandonné ?
Construit comme un puzzle mémoriel, à coups de retours en arrière, très bien maîtrisés, avec un recours aux travellings arrières, lents, qui permettront de mettre toute scène en perspective temporelle, le film est un bijou, tout sauf austère, avec un montage dynamique pour servir un film dont le thème inciterait pourtant à la réflexion posée. Le séisme de Kobe, de 1995, est mis en scène parmi les flash back, symbolisant dans une scène de destructions incroyable, la mémoire de la mère détruite bien qu'elle essaie de la maintenir cohérente.
Heureusement je me suis remué pour courir voir la dernière séance. J'aurais regretté de manquer cette œuvre sensible et aboutie. Kawamura Genki a à peine passé la quarantaine. Je languis déjà après son prochain film.
Critique formulée en mars 2023