💗💗💗💗💗 En Tunisie, les étés se suivent et se ressemblent dans les villages du nord du pays, région réputée pour ses figues. Sana, Mariem et Fidé se mêlent à leurs aînées pour la nouvelle récolte. Ces trois adolescentes en profitent pour mener des discussions animées sur divers sujets, notamment l'amour...
Un portrait subtil et lumineux d’une nouvelle génération, pétrie de contradictions, en quête d’épanouissement, résistante à l’enfermement d’une société cadenassée. Le film dévoile une jeunesse tiraillée entre désir de modernité (via les réseaux sociaux) et traditions étouffantes.
Ce lieu de toute beauté, ressemblant à un jardin d’Eden, concentre cependant les enjeux des conditions difficiles d’un salariat saisonnier sans contrat de travail avec la peur de la faute (casser des branches précieuses par exemple), la hantise du renvoi et le risque du harcèlement sexuel en particulier pour les jeunes femmes de la part du propriétaire auquel sa position hiérarchique ‘accorde’ le droit de cuissage. L’une des salariées fait preuve sous nos yeux d’une résistance farouche à des tentatives insistantes d’attouchement et nous tourne le dos fièrement en s’enfonçant dans la touffeur arborée et en réajustant sa chevelure et sa coiffe.
regardons et écoutons « Sous les figuiers » comme un hymne vibrant aux aspirations profondes de la jeunesse tunisienne d’aujourd’hui. Avec des jeunes femmes vulnérables en figures de proue d’une résistance sans ostentation.
Deux scènes m'ont touchée particulièrement : celle de la femme âgée qui dans un chant de douleur déchirant pleure et évoque son mariage sans amour et le désir de retrouver son véritable amour dans la mort. Puis la scène finale où les jeunes entonnent un chant né sous Franco, l'Estaca en version arabe qui respire la liberté et l'espoir.