
The King of New York
De Abel Ferrara
1990
Thriller / Policier
1h43
The King of New York
De Abel Ferrara
1990
Thriller / Policier
1h43
7,1/10
4,7/5
Presse3,5/5
Spect.Synopsis
L'histoire d'un gangster au grand cœur mais aux méthodes définitives, surnommé par la presse The King of New York et qui rêve de fonder un hôpital, confronté a des policiers opiniâtres qui ont juré de l'abattre...
Bande d'annonce
Avis et Commentaires
15 avisEnfin vu King of New York, le grand classique d’Abel Ferrara. On est face à un scénario qui va au-delà du simple récit criminel grâce au personnage de Frank White. Ce n’est pas juste un baron de la drogue en quête de pouvoir. Il veut éliminer les plus grosses figures criminelles, récupérer leur argent et financer la construction d’un hôpital, notamment pour les enfants, symbole d’espoir pour l’avenir. Cette ambition crée une tension morale fascinante : utiliser le mal pour produire du bien. Le film questionne frontalement le fameux “la fin justifie-t-elle les moyens ?”. Frank est à la fois ultra violent et porteur d’une vision presque messianique pour une ville en ruine. Les séquences d’action sont solides, parfois un peu trop chorégraphiées, mais elles participent à cette dimension opératique du film. La mise en scène est superbe, à la fois nerveuse et élégante. Le film est bien rythmé et ancré dans un New York délabré, principalement nocturne. Les décors sont riches, urbains, bruts et l’hôtel luxueux où loge Frank White contraste avec les rues sales, les zones désaffectées, le bar populaire du coin et les rames angoissantes du métro. La ville devient alors un personnage à part entière, un territoire à conquérir et/ou à purifier. Ce qui frappe aussi, c’est le mélange des genres. On est entre le polar néo-noir et le hood movie teinté de culture hip-hop et afro-américaine, un mélange encore rare à l’époque. Le casting joue un rôle essentiel dans cette identité. Wesley Snipes, Giancarlo Esposito et Laurence Fishburne renforcent cette infusion culturelle et apportent une énergie particulière au clan criminel. Fishburne, notamment, dégage une folie imprévisible assez marquante. Et puis il y a Christopher Walken, impérial, magnétique, inquiétant. Son Frank White est écrit avec une vraie ambiguïté morale. Il oscille constamment entre froideur calculatrice et idéal presque humaniste. Il parle d’espoir et de renouveau tout en commanditant des exécutions. Cette dualité nourrit tout le film. L’opposition entre les policiers et les criminels est tout aussi passionnante. La frontière entre les deux camps est volontairement floue. Certains flics dépassent largement le cadre légal pour atteindre leur objectif, pendant que certains criminels parlent de redistribution et de communauté. Ce brouillage moral est l’un des points forts du film : personne n’est pur mais personne n’est totalement mauvais pour autant. Côté limites, certaines interprétations peuvent paraître un peu théâtrales. Jamais grotesques, mais parfois appuyées. Il y a aussi un apport étrange de sensualité et de rapports ambigus au sein du clan de Frank. Rien de frontalement dérangeant, mais un choix curieux dans un récit sombre. Le final, en revanche, est superbe. Magnifiquement filmé, avec un ton profondément mélancolique, il agit comme une épuration. Criminels comme policiers tombent les uns après les autres, comme si un grand nettoyage moral était nécessaire pour qu’un nouvel équilibre puisse émerger.
Bien
🎬 Un polar flamboyant et inégal, fascinant par sa mise en scène, son atmosphère nocturne et la composition hallucinée de Christopher Walken. Le film est réalisé par Abel Ferrara, on y suit Frank White, baron de la drogue libéré de prison, qui entend reprendre le contrôle du crime new-yorkais tout en finançant un hôpital avec son argent sale, entouré d’un casting impressionnant, Laurence Fishburne, Wesley Snipes, David Caruso, Victor Argo, Giancarlo Esposito, Steve Buscemi. Abel Ferrara filme New York comme un territoire gothique, saturé de néons, de pluie nocturne et de violence brusque, avec un sens du rythme qui alterne calme étrange et explosions de brutalité. Lors de projections initiales, notamment à New York, le film est hué, certains spectateurs quittent la salle, et Ferrara fait face à des questions très hostiles, avant que l’œuvre ne gagne progressivement un statut de film culte. 🎬 🎬 🎬















