Soyons honnêtes d'emblée : "The Man Who Cried" n'a rien de passionnant. Et en plus, le titre du film est trompeur car le personnage principal est une femme : Susan ou Suzie comme on veut, ou Fegele pour les intimes. Fegele car quand elle était petite, elle vivait dans un village perdu au fin fond de la Russie avec son père et tout allait pour le mieux. Cependant, elle a tout perdu : son père, son nom, sa religion et sa langue quand elle a fui la violence des pogroms avec quelques villageois. Coupée des siens, elle s'est retrouvée en Angleterre, dans un foyer catholique.
Devenue adulte, Suzie est chanteuse de choeur et part pour Paris où elle intègre la troupe d'opéra de Felix Perlman. Elle se lie d'amitié avec Lola, une belle russe ambitieuse, avant de tomber amoureuse de César, un tsigane dresseur de chevaux. Mais rien ne dure dans le temps et la persécution antisémite la rattrape, celle des nazis cette fois.
En somme, le film s’intéresse à la tourmente qui a balayé les juifs des années 20 et 30 en Europe centrale, puis en France.
Le casting est pour le moins étonnant, on se croirait presque au début d’une blague : Christina Ricci et Cate Blanchett en russes, John Turturro en italien et Johnny Depp en tzigane.
Je n’ai pas du tout accroché au jeu de Ricci. Elle passe 1h30 à tirer la gueule. Alors oui, l’histoire de son personnage n’est pas fun mais quand même. Y’a bien eu quelques moments heureux. Et quand elle sourit, on sent bien que c’est forcé. Franchement, je n’ai senti aucune émotion dans son jeu.
Johnny Depp ne sert pas à grand chose. Il est au casting parce qu’il est beau. C’est tout. Il passe son temps à faire un regard ténébreux afin d’envoûter toutes les spectatrices. Sinon, son personnage n’a rien d’intéressant à communiquer, d’ailleurs il parle très peu.
En ce qui concerne, John Turturro joue un chanteur d’opéra ambigu. Il est correct dans ce rôle.
Quant à Cate Blanchett, elle est bien la seule personne à dégager de l’émotion en 1h30. Elle est hypnotisante dans son rôle et donne vie au film car quand elle s’absente, c’est le calme plat sans elle. Elle m’a vraiment surprise, encore une fois, capable de jouer une femme vénale mais plus par peur de l’avenir et qui qui n’oublie pas son amie, avec son accent russe et toujours cette voix puissante et envoûtante.
Si l’histoire de l’émancipation d’une jeune femme est intéressante en soi, ou la persécution des juifs, elles auraient pu l’être en réalité si le film n’avait pas été aussi lisse. Même une feuille de papier ne l’est pas autant. Le film dure 1h30, mais qu’est ce qu’on s’ennuie. La réalisatrice a tellement voulu mettre le paquet sur la mise en scène (visuel et sonore) qu’elle en a oublié le cœur, l’âme de son film. Certes, l’ambiance est très sombre, très pesante et correspond bien à la période décrite. Il n’y a pas couleurs dans ce film. Le truc le plus coloré doit être les cheveux blonds de Cate Blanchett et son rouge à lèvre. Ce qui a pour conséquence que rien ne respire la joie de vivre pendant 1h30.
De plus, certains passages, clefs en plus, vont beaucoup trop vite notamment l’enfance de la protagoniste, j’aurai aimé en voir plus sur les pogroms, par commencer qu’est ce que c’était exactement sans avoir besoin d’aller chercher sur internet. La fin du film aussi est trop rapide voir bâclée notamment avec la mort comme une malpropre de Cate Blanchett.
Aussi, la Tour Eiffel éclairée en 1940, il aurait pu éviter. En plus c’est produit en partie par la France.
Au final, un film très poétique et musicale (Trop ?). Les thèmes abordés sont intéressant en soi mais tout se passe en silence, en supposition, en légèreté dans une ambiance morne qui fait qu’on décroche au fur et à mesure.