Dans le Brésil de 1977, un homme est aux abois, la mort aux trousses... Un film doublement primé à Cannes dans lequel le cinéaste ressuscite avec éclat une époque ténébreuse à travers le parcours tragique d’un superbe héros
C’est le retour à Recife (la ville du cinéaste) d’un « agent secret » qui n’en est pas un, loin s’en faut, mais qui éprouve intensément leur sentiment d’insécurité et leur condamnation à se dissimuler. Armando — à moins que ce ne soit Marcelo, comme il se fait appeler —, la quarantaine, fuit un passé mystérieux, que la suite permettra d’entrevoir, par bribes saisissantes. Il cherche à renouer avec sa famille (son garçonnet et les parents de son épouse disparue), en prenant toutes sortes de précautions. L’action se situe en 1977, sous la dictature militaire, et l’homme se sait potentiellement menacé de mort, lorsqu’il se réfugie, à titre provisoire, dans la grande maison d’une dame à poigne née en même temps que le XXᵉ siècle. Le lieu ressemble à une cachette, pleine de non-dits et de codes spéciaux, pour celles et ceux que la loi du plus fort risque d’écraser. La mascotte officieuse en est un chat aux deux museaux, symbole innocent de non-conformité, mais aussi de droit à la vie et à la liberté