Au plus près des actrices les plans rapprochés disent les peurs, colères, angoisses, c'est un parti pris, comme celui d'une bande sonore épousant les temps forts de l'histoire.
La fuite d'une prostituée musulmane et lesbienne en Inde l'amène dans une communauté où la virginité est offerte à une divinité, ce qui permet à la famille de gagner de l'argent.
Ce film très efficace d'un réalisateur bulgare, avec des créateurs bulgares et dans une co production mondiale, où l'on retrouve même des taïwanais est censément documentée par Bojanov, qui aurait personnellement étudié les traditions devadasi du nord de l'Inde. Il a réalisé un documentaire sur ce thème. Lui estime que "la narration peut transcender les frontières culturelles"...
Je pense inévitablement à Émilia Perez, de Jacques Audiard (2024): un exotisme documenté dans lequel le réalisateur européen porte un regard sur la société qu'il filme, avec des personnages qu'il crée pour satisfaire sa propre vision du monde. Le personnage de la prostituée musulmane alcoolique serait il crédible en Inde ? Mais la narration le rend acceptable pour le public européen.
Il y a dans ces œuvres (ce sont des oeuvres) une forme d'escroquerie, qui a pu être géniale, voir Casablanca, de Michael Curtiz (1942), mais qui, à l'heure de la mondialisation, me dérange. Préférons les films de réalisateurs locaux et voyons plutôt comment ils traitent eux de ces problématiques...