« Mesdames et Messieurs, voici le centre de la Terre ! »
À voir l’affiche du DVD, et son accroche racoleuse, « par le studio ayant réalisé Le Seigneur des Anneaux », la couleur est annoncée : on ne s’attend pas à un chef-d’œuvre, plutôt au contraire. Et c’est peut-être là le secret du film : on part avec des attentes très basses, pour finalement en ressortir agréablement surpris. Voyage au centre de la Terre ne révolutionne rien, mais fait bien mieux que ce que l’on pouvait craindre.
Mené par Brendan Fraser, flanqué de son neveu (Josh Hutcherson) et d’une jolie guide islandaise (Anita Briem), Voyage au centre de la Terre nous entraîne dans un monde souterrain où nous serons confrontés tour à tour aux menaces naturelles de ce monde perdu : éruption volcanique, phénomènes magnétiques, poissons volants carnassiers et bien sûr des dinosaures.
L’efficacité principale du film réside dans son spectacle visuel. Conçu pour exploiter au maximum la 3D, il se vit comme si nous étions au cœur d’un manège dans un parc d’attraction -il ne manque que la 4D. Un manège qui durerait 1h30 et où chaque scène cherche à plonger le spectateur au cœur de l’action. De la séquence subjective du lavabo, où l’on reçoit le crachat de Brendan Fraser, à l’attaque jubilatoire des poissons volants, l’équipe s’est fait plaisir et réussit plusieurs moments d’immersion totale.
Cependant, le budget limité (60 millions de dollars, relativement peu pour un blockbuster de cette ampleur) se fait parfois sentir. Si certaines scènes sont superbes – notamment la découverte grandiose du centre de la Terre –, d’autres souffrent d’effets spéciaux vieillissants, comme le T-Rex, bien moins convaincant que celui de Jurassic Park, pourtant sorti quinze ans plus tôt. Le film abuse aussi de ralentis inutiles qui cassent le rythme.
Le point de départ avait du potentiel : un héros passionné par Jules Verne qui finit par plonger littéralement dans l’univers de son livre préféré. Une idée original mais rapidement sacrifiée. L’intrigue se contente d’expédier son introduction pour enchaîner les scènes d’action. Le scénario n’existe finalement que comme prétexte à l’aventure, mais il faut admettre que sur ce terrain-là, le spectateur est servi : chute vertigineuse dans un volcan, traversée d’un océan souterrain, champ de roches magnétiques, attaque de plantes carnivores, poursuite avec un T-Rex, et même une descente explosive le long du Vésuve. Impossible de s’ennuyer.
En choisissant de ne pas adapter directement le roman de Verne, mais plutôt de s’en inspirer comme d’un matériau de base, le film rend tout de même hommage à l’œuvre originelle. Il reprend plusieurs passages iconiques en les transposant à notre époque.
Le vrai atout du film reste Brendan Fraser. Avec son humour, son énergie et son charisme d’aventurier, il rappelle son rôle culte dans La Momie. Certes, en moins marquant, mais il porte sur ses épaules l’essentiel du film. À l’inverse, la romance forcée entre son personnage et la guide islandaise paraît superflue et téléphonée, alourdissant inutilement l’histoire. Quant à Josh Hutcherson, il est convaincant et ceux à 16 ans, et, comme son personnage, son physique donne l’impression d’en avoir 12.
Au final, ce n'est pas parce qu'on peut faire mieux qu'on est forcément nul !