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Moonlight

Sarah Lefort

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Avis de la communauté

Opinion du public

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570 avis

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7,9/10

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Avis et Commentaires

291 avis
lz
lilouuu zza noté ★ 7/10
Il y a 5 jours

j’ai bien aimé franchement mais il est assez long et dur à regarder

OC
Ornella Ca noté ★ 8/10
4 janvier 2026

Trois visages qui finissent par n’en former plus qu’un ; trois acteurs qui deviennent un seul homme ; trois époques qui construisent un destin. Le deuxième long-métrage du réalisateur américain Barry Jenkins, Moonlight, évoque avec brio le parcours chaotique de Chiron, jeune Noir américain né dans un quartier difficile de Miami. Moonlight, c’est la beauté d’une personne sans filtre. Coluche avait traduit les évangiles dans un éclair de génie: Dieu a dit, il y aura des hommes grands, il y aura des hommes petits, il y aura des hommes beaux, il y aura des hommes moches, il y aura des hommes blancs, il y aura des hommes noirs… et tous seront égaux. Mais ça sera pas facile! Dieu a ajouté : il y aura des hommes petits, moches et noirs et pour eux ça sera très dur! C’est la réalité de Chiron. Le petit garçon doit s’inventer gangster pour mieux affronter le monde. Pas d’autre manière pour lui d’assumer sa différence que de rentrer dans la violence. Comme l’indique sa magnifique affiche, Moonlight est tout entier centré sur la question de l’identité. Comment se construire quand on est un jeune homme noir aux États-Unis et que la société fait tout pour vous empêcher d’exister ? La réponse de Barry Jenkins est aussi pessimiste que terrifiante : pour pouvoir s’affirmer en tant qu’individu, Chiron n’aura d’autre choix que de se conformer aux pires stéréotypes sur les Noirs - dealer, délinquant, dangereux. C’est tout l’enjeu de cette narration en trois temps de la vie du héros. Alors que le spectateur découvre, dans le premier segment du film, un enfant malingre et sensible, Moonlight se conclut, dans sa troisième partie, par une métamorphose spectaculaire. En plus du métier de dealer, auquel il ne semblait pourtant pas être destiné, Chiron adulte a repris à son compte les attitudes de Juan, mentor et père de substitution : muscles saillants, fichu noir sur la tête, dents en or et grosse voiture. Si elle est flagrante dans ce dernier segment, où l’adulte ne conserve de son adolescence qu’une grande tristesse dans le regard, cette impossibilité à être soi était déjà amorcée dans les deux premières parties. On remarque ainsi tout au long du film que seules sa mère et Theresa (la femme de Juan) appellent Chiron par son prénom. Pour les autres, il est « Little », « Black » ou « Nigger », des surnoms qui, affectifs ou méprisants, expriment tous la même volonté d’enfermer Chiron dans une catégorie prédéfinie. Ce besoin qu’ont les autres de réduire une identité complexe à une simple étiquette est encore plus flagrant quand on se penche sur la sexualité du héros. Chiron ne s’est pas encore posé la question de son orientation sexuelle que sa communauté (ses proches et ses camarades) a déjà décidé pour lui. Barry Jenkins décrit avec intelligence les difficultés d’un héros qui se découvre homosexuel, et interroge ainsi les normes de sexualité et de genre. Mais sa représentation de la vie affective et sexuelle de Chiron pose question. Pourquoi refuser, durant tout le film, de montrer frontalement les moments d’affection entre Chiron et son camarade Kevin, et ainsi s’interdire toute sexualisation du héros ? On pourra considérer que Barry Jenkins (qui partage bien des traits biographiques avec son héros, à l’exception de son orientation sexuelle) reste tributaire d’une représentation hétéro-centrée de l’homosexualité, contribuant ainsi à propager l’idée que celle-ci doit rester (au moins en partie) cachée. Mais Moonlight est moins un film sur la question homosexuelle que sur la place des Noirs dans la société américaine. Le film se pose comme une parfaite traduction cinématographique du slogan « les vies noires sont importantes », le mot d’ordre du mouvement Black Lives Matter : parce qu’il s’agit d’un film dont tous les personnages sont noirs – comme le sont les habitants du quartier défavorisé dans lequel grandit Chiron ; parce qu’il tourne le dos à l’esthétique misérabiliste du cinéma social pour nimber ses personnages de lumières et de couleurs qui les magnifient, nonobstant les événements violents et traumatiques qu’ils traversent ; parce que, sur un plan plus politique, il affirme avec force combien ces vies sont mises en danger par la société américaine. Moonlight présente des personnages condamnés, au sens propre comme au figuré : ainsi Chiron n’échappera pas au destin funeste d’un enfant noir de quartier pauvre, marqué du sceau de la délinquance et de la drogue (sa mère était accro au crack, il deviendra dealer). Mais Jenkins creuse la psychologie de chacun, pour ne pas s’en tenir au stéréotype : d’abord présenté comme un dealer, qui dévaste le quartier avec le poison de son crack, Juan se révélera en père de substitution pour Chiron, à qui il donnera le pouvoir d’exister. Cette psychologie complexe, doublée d’une interprétation magistrale (Mahershala Ali a d’ailleurs remporté l’Oscar du meilleur acteur dans un second rôle), rend le personnage déchirant, comme dans la scène bouleversante où Chiron demande à Juan de lui confirmer qu’il est bien dealer. Et le colosse de baisser alors la tête, terrassé par la honte, et de murmurer un faible « oui »… Sur le plan pédagogique, Moonlight pourra être étudié en cours d’Anglais, en classes de Première ou de Terminale. L’objet d’études « Mythes et héros » permettra de s’interroger sur le caractère héroïque d’individus apparemment ordinaires ; la séquence « Lieux et formes du pouvoir » amènera à étudier les deux types de pouvoir représentés dans le film, celui de la rue et celui de l’argent ; et la partie « Espaces et échanges » pourra donner lieu à une discussion sur la ségrégation urbaine

Phil Hanras 늑대
Phil Hanras 늑대a noté ★ 9/10
13 novembre 2025

Je salue le scénario, le montage et les couleurs.

LD
Lancelot Deleruea noté ★ 8/10
22 septembre 2025

Bouleversant Une ode pour l'égalité

M
Matthieua noté ★ 7/10
5 août 2025

Recommandé par Memorizer, car vous avez aimé 'Young Hearts'.

l'enorme pafo
l'enorme pafoa noté ★ 7/10
19 juillet 2025

Noté 7/10 par le renard aka le foxito

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