
La Part manquante
2013
•
Christian Bobin
emma l rated 7/10
“Ce n est pas pour devenir écrivain qu’on écrit. C’est pour rejoindre en silence cet amour qui manque à tout amour. C’est pour rejoindre le sauvage, l’écorché, le limpide.” P.26 “C’est une attente immense. C’est une attente à quoi personne ne sais répondre. On touche là à la démence. Dans l’attente amoureuse des jeunes femmes, dans cette passion purifiée par l’absence, on touche à quelque chose comme la folie. […] Aucun homme ne sait répondre à la parole silencieuse. Les hommes retiennent toujours quelque chose auprès d’eux. […] Quand ils attendent, c’est quelque chose de précis qu’ils attendent. Quand ils perdent, c’est une seule chose qu’ils perdent. Les femmes espèrent tout, et puisque tout n’est pas possible elles le perdent en une seule fois - comme une manière de jouir de l’amour dans son manque. Elles continuent d’attendre ce qu’elles ne croient plus. C’est plus fort qu’elles. C’est bien plus fort que toute pensée. “ p.15
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Summary
'C'est par incapacité de vivre que l'on écrit. C'est par nostalgie d'un Dieu que l'on aime. Un livre, c'est un échec. Un amour, c'est une fuite. Nous ne pouvons entreprendre que de biais, nous ne pouvons vivre que de profil. Nous ne sommes jamais où nous croyons être. Notre désir est voué à l'errance. Notre volonté est sans poids. Parfois quand même, on approche quelque chose. Parfois quand même on reçoit des nouvelles de l'éternel. Le battement des lumières sur un visage. La tombée de la foudre dans une encre.'
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7 reviews“Ce n est pas pour devenir écrivain qu’on écrit. C’est pour rejoindre en silence cet amour qui manque à tout amour. C’est pour rejoindre le sauvage, l’écorché, le limpide.” P.26 “C’est une attente immense. C’est une attente à quoi personne ne sais répondre. On touche là à la démence. Dans l’attente amoureuse des jeunes femmes, dans cette passion purifiée par l’absence, on touche à quelque chose comme la folie. […] Aucun homme ne sait répondre à la parole silencieuse. Les hommes retiennent toujours quelque chose auprès d’eux. […] Quand ils attendent, c’est quelque chose de précis qu’ils attendent. Quand ils perdent, c’est une seule chose qu’ils perdent. Les femmes espèrent tout, et puisque tout n’est pas possible elles le perdent en une seule fois - comme une manière de jouir de l’amour dans son manque. Elles continuent d’attendre ce qu’elles ne croient plus. C’est plus fort qu’elles. C’est bien plus fort que toute pensée. “ p.15