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La place

2013

Annie Ernaux

CG

Claire Gillot a noté 9/10

Avis de la communauté

Opinion du public

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304 avis

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7,7/10

Les lecteurs trouvent 'La Place' d'Annie Ernaux à la fois émouvante et révélatrice, avec une écriture sobre et directe qui capte la complexité des relations familiales et des classes sociales. Bien que certains trouvent le style un peu froid et le récit court, l'œuvre est généralement appréciée pour sa capacité à évoquer des réflexions profondes sur l'identité et l'appartenance.

👍 Évocation puissante des dynamiques familiales et sociales.

👎 Style d'écriture sobre qui peut sembler distant.

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Summary

"Enfant, quand je m'efforçais de m'exprimer dans un langage châtié, j'avais l'impression de me jeter dans le vide. Une de mes frayeurs imaginaires, avoir un père instituteur qui m'aurait obligée à bien parler sans arrêt en détachant les mots. On parlait avec toute la bouche. Puisque la maîtresse me reprenait, plus tard j'ai voulu reprendre mon père, lui annoncer que se parterrer ou quart moins d'onze heures n'existaient pas. Il est entré dans une violente colère. Une autre fois : Comment voulez-vous que je ne me fasse pas reprendre, si vous parlez mal tout le temps ! Je pleurais. Il était malheureux. Tout ce qui touche au langage est dans mon souvenir motif de rancœur et de chicanes douloureuses, bien plus que l'argent."

Avis et Commentaires

144 avis
C
Claraa noté ★ 6/10
7 janvier 2026

Peut-on aimer ses parents mais avoir honte d’eux ? Annie retrace sa relation avec son père, un ouvrier devenu ensuite petit commerçant. Leur relation devient distante quand elle va à l’école et s’élève socialement, tandis que tu lui ne sait même lire, seulement travailler de ses mains, « il disait que j’apprenais bien, jamais que je travaillais bien ». L’écriture est plate, neutre car: « je n’ai pas le droit de prendre le parti de l’art » pour refléter la modestie de la vie du père, toujours se limiter à ce qui est nécessaire. On comprend que le langage est devenu impossible désormais entre eux.

Catherine Caviale
Catherine Cavialea noté ★ 8/10
12 décembre 2025

Belle écriture fluide qui accompagne le récit autour du père, d'une émancipation de la fille unique de la famille. Courant des années 1970, les parents d'Annie Ernaux tiennent une épicerie/bar au centre d'Yvetot suite à une faillite de leur épicerie dans un village. L'abandon des petits commerces est en marche en parallèle d'un regard distancié de l'auteure sur son milieu social modeste.

CHA
CHAa noté ★ 10/10
1 décembre 2025

Annie Ernaux partage la vie de son père depuis qu’il est été garçon de ferme puis ouvrier puis petit commerçant dans une ville de Normandie. Elle devient prof de lettres et se marie à un intellectuel issu de la bourgeoisie « constamment ironique ». La distance se créé lors de son adolescence. « Il n’osait plus me raconter des histoires de son enfance » « Je croyais tjs avoir raison car il ne savait pas discuter » Quand elle revient du lycée, il n’y a plus de conversations: « on se disait les mêmes choses qu’autrefois quand j’étais petite, rien d’autres » Chaques DETAILS, chaques non-dits, chaques phrases prononcées, racontent AVEC JUSTESSE le milieu « des braves gens », qu’elle évoque avec le plus de pudeur et d’objectivité possible, pour ne pas esthétiser la pauvreté ou le « moche » de ces classes moyennes. Mais ces détails contiennent une DENSITE, une CHARGE D’EVOCATION SURPUISSANTE - le décalage des milieux est cruel malgré lui et fait pleurer. >>Livre fait pour les personnes SENSIBLES AUX DETAILS >>Me fait me questionner sur mon le décalage avec mes (gd)parents, idem chez d’autres personnes (Théo et sa mère) "le roman est impossible pour rendre compte d’une vie soumise à la nécessité (…) je n’ai pas le droit de chercher à faire quelque chose de passionnant. Je rassemblerai les paroles, les gestes, les gouts de mon père (…) L’écriture plate me vient naturellement, celle-l) même que j’utilisais en écrivant autrefois à mes parents » (…..) « Ils auraient ressenti toute recherche de style comme une manière de les tenir à distance » Très émouvant passage sur la mort de son père : « …cet effort de se raccrocher au monde signifie qu’il s’en éloignait » On ne sait pas si elle regrette de devoir oublier les codes et habitudes de son milieu pour rentrer dans son nouveau milieu. Elle cite Jean Genet « écrire c’est le dernier recours quand on a trahi » « Des épaisseurs de silences me tombait dessus » « Le café du dimanche leur servait de famille » (les vieux buveurs de l’hospice qui venaient) « Parce que ces façon de faire étaient à nous, un bonheur même, mais aussi les barrières humiliantes de notre condition (…) je voudrais dire à la fois le bonheur et l’humiliation » « Ceux qui admiraient nos vieilles choses, la pompe à eau dans la cour, le colombage normand, voulaient surement déjà nous empêcher de posséder ce qu’ils possédaient déjà eux de moderne » « Sous le bonheur, la crispation de l’aisance gagnée à l’arrachée » (= le drame de la robe déchirée) «Car ne pas savoir au fond ce qui est beau, ce qu’il faudrait aimer » (les artisans choisissent pour ses parents la déco et l’ameublement) L’assiette de son père en fin de repas « on aurait pu ranger la sienne sans la laver » « En même temps feignant tjs de ne rien désirer, « je vais manger une demie-tranche de jambon, juste un demi-verre » » (> me fait penser à Mamy…) Quand ses amies d’études supérieures viennent chez ses parents: « en donnant un caractère de fête à ce qui, dans ces milieux, n’était qu’une visite banale, mon père voulait honorer mes amies et passer pour quelqu’un avec du savoir-vivre. Il révélaient surtout une infériorité que ses amies reconnaissaient malgré elle » >>détail objectif mais si cruel « J’ai glissé dans cette moitié du monde pour laquelle n’autre n’est qu’un décor » (à propos de sa concierge) « La gentillesse (de son père), reconnue (par son mari) ne compenserait jamais à ces yeux ce manque essentiel: une conversation spirituelle » « Il m’avait élevé pour que je profite d’un luxe que lui même ignorait » // « peut être sa plus grande fierté, ou même la justification de son existence: que j’appartienne au monde qui l’avait dédaigné »

LZ
Lea Zollera noté ★ 7/10
26 octobre 2025

Noté 8/10 par Manon Zoller

Chloé
Chloéa noté ★ 6/10
20 juillet 2025

Pas palpitant encore une fois mais sonne très vrai et authentique. Complémentaire avec Une Femme, l’autre côté de l’histoire. Contente de l’avoir lu. Fait réfléchir aux relations avec la famille, la culpabilité…

WE
Wiam El Hariria noté ★ 8/10
14 juin 2025

J’ai bien aimé ce tout petit livre où Annie Ernaux raconte par bribes de souvenirs la vie de son père et l’homme qu’il était. Transfuge sociale, elle laisse apercevoir les étapes qui l’ont fait s’éloigner petit à petit du statut et du milieu de ses parents. Ce livre vient comme une sorte de réconciliation. Je le trouve attendrissant mais en même temps on n’y retrouve pas de sentiments, seulement des faits.

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