
Chien blanc
2013
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Romain Gary
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Summary
"C'était un chien gris avec une verrue comme un grain de beauté sur le côté droit du museau et du poil roussi autour de la truffe qui le faisait ressembler au fumeur invétéré sur l'enseigne du Chien-qui-fume, un bar-tabac à Nice, non loin du lycée de mon enfance. Il m'observait, la tête légèrement penchée de côté, d'un regard intense et fixe, ce regard des chiens de fourrière qui vous guettent au passage avec un espoir angoissé et insupportable. Il entra dans mon existence le 17 février 1968 à Beverly Hills, où je venais de rejoindre ma femme Jean Seberg, pendant le tournage d'un film."
Avis et Commentaires
15 avisUne de mes meilleures lectures de cette année, à absolument re(re)lire. Je l'ai trouvé plus que pertinent dans le contexte actuel, nécessaire pour essayer de se placer face au militantisme. Gary n'est pas écrivain par choix, écrire est pour lui la seule façon de se créer sa propre place : le perpétuellement dérangé, critique, à la morale tiraillée par le moindre excès. Tiraillements de Gary : "Moi c vous et vous c moi" mais il critique l'hypocrisie des élites qui clament leur mauvaises conscience pour s'acheter une conscience... "autant de salauds du bon côté que du mauvais" La lutte ne sera jamais morale. Gary le sait et pourtant il ne peut s'empêcher de vouloir un équilibre dans la lutte. Quand il devient nécessaire de dépasser la morale, où doit on s'arrêter ensuite ? La violence est-elle justifiable ? + la critique des élites aux fausses bonnes consciences 🙂↕️ Et tellements d'autres sujets sousjacents j'ai trop aimé Chien blanc société que lon doit battre pour redresser ? Pour le retourner ? Limite de la lutte = personnelle _> utiliser Bakta (le système) pour protéger sa femme nature sensible corrompue
Traite sur le racisme
Drôle de roman autobiographique ? Va savoir avec Gary Ancrée dans le contexte de l’Amerique de 1968 entre lutte pour les droits civiques et guerre du Vietnam dans le milieu du star système hollywoodien, l’histoire est celle de Roman Gary lui-même en proie à ses contradictions pulsions idéos … La plume de Gary bouscule nos allants de soi occidentaux et déconstruit notre vision romantique de la lutte des noirs américains : il se dit éternel minoritaire qui hait les mouvements démographiques, son propos est anti raciste et fondamentalement humaniste mais finalement désabusé parce que le camp des opprimés choisit les armes de son bourreau pour combattre, jusqu’à lui ressembler si bien qu’aucun espoir de paix n’est possible… ces constats sont égrenés au fil du roman dont le fil rouge est repose sur un chien dressé par les Blancs pour pourchasser les esclaves en fuite. Un chien dressé à haïr. Ce chien quand Gary l’a adopté il était doux comme un agneau, insoupçonnable. Cet animal lui voue un amour inconditionnel, il voit dans ses yeux les yeux de sa mère et pourtant c’est un monstre. Gary le confie à un dresseur noir pour désintoxiquer l’animal, le ramener à sa vraie nature …avant d’avoir été perverti par les hommes. Mais le dresseur se prend au jeu et va plus loin, d’abord le chien au milieu du roman ne se déchaîne plus contre les noirs mais en plus le dresseur va inverser la pulsion du chien et en fera un chien noir destiné à attaquer les blancs.
Magnifique
Superbe lecture, Romain Gary a un style très simple et fluide on sent qu’il roucoule
68 guerre du Vietnam mort de Martin Luther King black panthers et Ku klux klan un livre passionnant sur l’effritement d’un amour fou entre l’auteur et Jean Seberg militante activiste pour l s droits des noirs. Excellent livre à lire ou relire après avoir vu le film tellement décevant d’anais Barbeau Laval.





