
La poule et son cumin
2022
•
Zineb Mekouar
Nicole rated 8/10
Un beau premier roman sur la complexité de la société marocaine en 2011 quand on est une jeune fille . On suit l’évolution de Kenza, élevée par ses grands-parents qui font partie de l’élite et Fatiha, fille de leur domestique. Enfants, elles se considèrent comme sœurs mais leur différence de statut social va les séparer inexorablement. Kenza, partie faire des études en France, se voit traiter de beurette et se heurte au racisme, à l’incompréhension de sa culture. Fatiha va devoir se résoudre à avorter , acte interdit, pour éviter la honte et l’exclusion d’une société rigide et hypocrite. Agréable à lire, je le recommande
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Summary
« Les deux enfants finissaient toujours par s’endormir main dans la main, l’une s’approchant trop près du rebord du matelas, l’autre le nez écrasé sur le pied du lit. Elles restaient ainsi une bonne partie de la nuit – les doigts entremêlés. » Deux jeunes femmes, deux destins, deux Maroc. Si une forte amitié lie dans l’enfance Kenza et Fatiha, la fille de sa nourrice, la réalité de la société marocaine les rattrape, peu à peu, dans sa sourde cruauté. Elles se retrouvent à Casablanca, fin 2011. Que s’est-il passé entre-temps ? Quelles trahisons les séparent ? Dans un pays qui punit l’avortement et interdit l’amour hors mariage, comment ces deux fillettes, issues de milieux opposés, ont grandi et sont devenues femmes ? Par les récits croisés de Kenza et Fatiha, Zineb Mekouar entremêle les destinées de deux héroïnes entre soumission et transgression. Dans cette grande fresque, leurs blessures et leurs drames épousent les clivages politiques et sociaux du Maroc contemporain. Intime et universel.
Reviews and Comments
24 reviewsUn beau premier roman sur la complexité de la société marocaine en 2011 quand on est une jeune fille . On suit l’évolution de Kenza, élevée par ses grands-parents qui font partie de l’élite et Fatiha, fille de leur domestique. Enfants, elles se considèrent comme sœurs mais leur différence de statut social va les séparer inexorablement. Kenza, partie faire des études en France, se voit traiter de beurette et se heurte au racisme, à l’incompréhension de sa culture. Fatiha va devoir se résoudre à avorter , acte interdit, pour éviter la honte et l’exclusion d’une société rigide et hypocrite. Agréable à lire, je le recommande
Vivre au Maroc aujourd’hui, des classes sociales très inégales, il y ceux qui partent à l’étranger, ceux qui restent et ceux qui reviennent.
Très agréable lecture mais parfois trop de clichés !
Petit roman sans prétention qui se lit facilement et qui donne une vision de la jeunesse marocaine vue par des marocains.
« Mais où est le « je » dans tout ça ? Où sont nos « je » à toutes ? Chacune avec sa complexité, ses déconstructions, ses reconstructions, son apprentissage ? Chacune avec sa voix de femme? Mais voilà, ils parlent pour nous, ne nous donnant pas l'occasion de raconter, chacune, notre histoire. » « Il me dira que les administrations sont des monstres de papier, incapables de comprendre la complexité humaine. Il me dira, c'est sûr, qu'on s'en sortira, qu'on continuera de créer nos règles à nous. Que l'aveuglement des États est loin, si loin des histoires de chacun. »