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Explosive modernité

2025

Eva Illouz

Raphaël Serreau

Raphaël Serreau plans to do

- selon E. Illouz, les problèmes les plus intimes, dans la continuité de E. Durkheim, ont pour cause des phénomènes sociaux. Ex : un homme protestant célibataire avait le plus de chance de se suicider que d’autres individus. - lire la modernité sous le prisme des émotions, démarche de projeter les émotions sur le collectif : la vie intérieure est un dépotoire (Flaubert), là où se rencontrent les émotions. - la méritocratie a fait faillite : non seulement la promesse de récompense selon ses efforts mais surtout la promesse d’un avenir de mobilité sociale pour nos enfants…cela depuis les années 80. - la culture du développement personnel et la psychologie positive a redoublé d’intensité et a redoublé le sentiment d’échec des individus. - on se fait déborder par notre expérience intérieure = c’est un malaise. Ce malaise est lié à des superstructures = lien entre les émotions et les institutions. - exemple : en Inde, la capacité de contestation des castes dépend du système institutionnel du pays. - l’espoir est constitutif de l’individu moderne cf. possibilité d’imaginer sa vie et de l’améliorer. - la modernité n’est pas que l’expansion de la rationalité, c’est aussi la diffusion d’images et de rêves (la société de la consommation) ; la culture moderne est faite « d’images-souhaits » (Ernst Bloch), qui mobilisent des émotions. - ex : travaux de Cornelius Castoriadis selon lequel le consumérisme produit un individu narcissique, qui nourrit la frustration et réveille des pulsions violentes. - la déception est intrinsèque à la société de la consommation = quand on achète qqch, on est vite déçu. - la démocratie provoque la colère, car c’est un projet à la fois utopique (promesse égalité forcément trahie) et dystopique. - la nostalgie (Ulysse refuse le sexe éternel pour retrouver sa vieille femme Pénélope, c’est préférer ce que l’on a quitté) vs. la perte du monde (c’est lorsque le monde autour de nous devient étranger). - « les émotions poursuivent le travail de la société en nous » (les émotions ne sont peut-être pas ce que nous pensons le plus singulier). - les orientations émotionnelles poursuivent le travail de grandes idéologies (cf. Stéphane Hessel, Indignez-vous, 10). - l’espoir est une émotion constitutive du contrat social dans nos sociétés, car c’est la méritocratie qui permet justifie un nouvel ordre.

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Summary

Comment comprendre le malaise indéniable dans lequel notre civilisation est plongée ? Il y a un siècle, Freud se posait la même question. Mais là où, en psychanalyste, il dressait le tableau d’un conflit entre pulsions et répression, ce qui se joue aujourd’hui est à la lisière entre émotions et monde social. Nos affects les plus intimes — espoir, déception, colère, envie, honte, fierté, amour même — sont désormais pris dans les tensions et dynamiques de nos sociétés. L’espoir, fondement émotionnel de la modernité, a promis le progrès et l’amélioration du sort de chacun. C’était avant que les inégalités, la montée du populisme, démocratie extrême, la domination de la technologie ne le transforment en déception, envie, colère ou nostalgie. La conjonction de toutes ces émotions nous a fait entrer dans une ère explosive. Ce livre est l’exact opposé d’un manuel de développement personnel : il ne nous invite pas à ausculter sans fin notre "moi", mais à ouvrir notre intériorité à l’analyse sociale pour y découvrir que ce qui nous hante est avant tout l’écho des forces à l’œuvre dans notre vie collective. Sociologue des émotions, Eva Illouz mobilise ici la littérature et la philosophie autant que les sciences politiques pour explorer comment et pourquoi ces émotions sont déployées dans la société.

Reviews and Comments

1 reviews
Jacqueline d’Ormesson
May 28, 2025

Très intéressant

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