
L'Hypothèse K
2023
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Aurélien Barrau
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Summary
Sortir la science de ses mauvaises habitudes, tel est le projet de ce bref et révolutionnaire essai. Face à la catastrophe écologique, la science est utilisée pour donner une réponse essentiellement « ingénierique » : technologie à tout prix, algorithmes envahissants, machines toutes-puissantes. Cela constitue le pire des choix. Si elle peut jouer un rôle salvateur, c’est, tout au contraire, en contribuant à un renouveau radical des symboles et des valeurs. En réinventant le sens du monde. Elle se révèle essentielle dans le constat du délitement : les espèces disparaissent, les populations s’effondrent, la pollution et la chaleur tuent, la planète devient inhospitalière... Elle demeure pourtant incapable de choisir la direction souhaitable. Considérée comme un simple outil, elle ne pourra que contribuer à accélérer l’effondrement. Comme l’écrit Aurélien Barrau, nous ne tenons pas assez compte des rêves des chiens. A partir de ce qu’il appelle « l’hypothèse K. », un laisser-faire entraînant une prolifération technique exponentielle, ce texte suggère de réinvestir la science de l’immense charge poétique qui lui a été déniée. Et cela afin de la libérer, de lui rendre son pouvoir bénéfique. Un plaidoyer pour une science nomade, tzigane ou touareg, humble et intransigeante. Une science déviante et fière de l’être.
Avis et Commentaires
7 avis-jsais plus quand je l'ai commencé -lecture challengeante j'ai mis longtemps à le lire quand même -j'ai pas tout tout compris mais l'essentiel était là
Plutôt grande fan d’Aurelien Barrau, j’ai trouvé cet ouvrage très compliqué à lire, avec une organisation un peu brouillonne, moult accumulations, termes techniques et références mythologiques et étymologiques qui troublent le propos. Cela vient quelque peu gâcher l’idée générale, qui est très pertinente
Réflexion intéressante, très bien écrit au point de pas tout comprendre Sortir la science de ses mauvaises habitudes, tel est le projet de ce bref et révolutionnaire essai. Face à la catastrophe écologique, la science est utilisée pour donner une réponse essentiellement « ingénierique » : technologie à tout prix, algorithmes envahissants, machines toutes-puissantes. Cela constitue le pire des choix. Si elle peut jouer un rôle salvateur, c’est, tout au contraire, en contribuant à un renouveau radical des symboles et des valeurs. En réinventant le sens du monde. Elle se révèle essentielle dans le constat du délitement : les espèces disparaissent, les populations s’effondrent, la pollution et la chaleur tuent, la planète devient inhospitalière… Elle demeure pourtant incapable de choisir la direction souhaitable. Considérée comme un simple outil, elle ne pourra que contribuer à accélérer l’effondrement. Comme l’écrit Aurélien Barrau, nous ne tenons pas assez compte des rêves des chiens. A partir de ce qu’il appelle « l’hypothèse K. », un laisser-faire entraînant une prolifération technique exponentielle, ce texte suggère de réinvestir la science de l’immense charge poétique qui lui a été déniée. Et cela afin de la libérer, de lui rendre son pouvoir bénéfique. Un plaidoyer pour une science nomade, tzigane ou touareg, humble et intransigeante. Une science déviante et fière de l’être. ————- Extraits : - Le recours systématisé à l'argument d'autorité scientifique est, là encore, doublement dra-matique. D'une part, parce qu'il est souvent faux. L'essentiel des problèmes existentiels que nous traversons n'est pas de nature scientifique. Ce n'est ni insulter ni offenser la science que de lui reconnaître le droit à n'être pas la seule version correcte du réel*. D'autre part, parce qu'il empêche de penser les situations dans l'étendue de leur richesse. Il laisse entendre que philosophie, politique et poétique n'ont plus à être convoquées puisque la science s'occupe de nous. Se dessine ici une faillite intellectuelle aux conséquences imprévisibles. - À l'exception de quelques pèlerinages ou tribulations effectivement signifiantes*, n'y aurait-il pas davantage confrontation à « l'ailleurs » lors d'un échange humble et patient avec le réfugié ou la migrante qui dort - invisible - au coin de nos rues que dans la fréquentation d'un hôtel pittoresque à l'autre bout du monde, méticuleusement choisi dans le Guide du routard? Le poète Henri Michaux était clair : il ne faudrait voyager que pour s'appauvrir. (Page 62) - Pour beaucoup d'astronomes professionnels, le spatial est souhaitable, évidemment souhaitable. Pourquoi? Parce qu'il les sert. Parce qu'il permet de belles images - indéniablement riches d'informations - de galaxies lointaines et que cela semble suffire à établir sa légitimité sans considération aucune pour l'immense faillite symbolique ici à l'œuvre. Le fantasme théandrique qui s'incarne dans cette conquête, inévitablement attachée, de près ou de loin, aux satellites et aux navettes, est sale plus encore que triste. Le nihilisme en acte de l'exhibition phallique des fusées, détournant nos regards de ce monde agonisant, témoigne d'un cynisme sourd. Quel sens y a-t-il à s'interroger sur l'existence de vie extraterrestre alors même que nous éradiquons l'inénarrable diversité, largement ignorée, qui pullulait ici ? L'industrie de l'espace souille même les cieux : projets d'hôtels volants pour milliardaires, publicités cosmiques, dépôts de carburant en orbite, tourisme obscène... Peut-être devrions-nous prendre nos responsabilités face à cette farce sordide. Quelques magnifiques clichés astro-physiques, aussi élégants soient-ils, ne valent pas mandat pour justifier ou excuser le pire. Il y a, de fait, connivence, même si elle n'est pas désirée. (Pages 62-63) - Ils ou elles peuvent, pas exemple, rappeler que le nucléaire n'émet pratiquement pas de gaz à effet de serte et qu'il a jusqu'à maintenant, tué nettement moins que l'hydraulique par kWh produit. C'est vrai. Et il est utile de le savoir. En rester là, ce serait pourtant omettre que les conséquences, à long terme, des déchets radioactifs et les liens entre développement du nucléaire civil et prolifération du nucléaire militaire ne sont pos ici intégrés. Surtout, et plus profondément, La question essentielle n'est alors pas posée: davantage d'énergie disponible, füt-elle parfaitement propre et sans connivence aucune avec les bombes, constituerait-il une bonne nouvelle? Le raisonnement des technocrates suppose - comme un postulat - que la fuite en avant énergivore ne peut qu'être intrinse-quement souhaitable. Ce qui se révèle, pour le moins, contestable. Finalement c'est l'entièreté de la réflexion signifiante qui est ici passée sous silence, oubliée, effacée. (Page 118) - Hypothèse K. : peur de comprendre et peur de ne pas comprendre. Solitude interdite face à l'engrenage carcinotechnique d'une réification holistique. Sur la peau du monde. Descartes pris à revers: « Je pense, donc je suis exclu! Contrepoint d'admiration et de dégoût, à l'instar de Günther Anders lecteur du Procès's kafkarkinos désabuse souvent et répugne par-fois. Il est ambivalent par essence et aporétique par défi. (Page 195)





