L'arbre de l'homme
2025
•
Patrick White
Plus d'infos
Summary
Australie, à la veille de la Première Guerre mondiale. Le jeune Stan Parker s’installe au milieu de nulle part, sur un lopin de terre aride dont il a hérité. Il rencontre Amy dans un bal à la ville, l’épouse et l’emmène avec lui, ensemble ils auront deux enfants, puis des petits-enfants ; des voisins viendront peupler ce bout du monde, une communauté se créera, unie face aux grands feux de brousse, aux inondations, aux drames familiaux. Bouleversante méditation sur l’humaine condition, l’ordinaire beauté d’une vie, notre impuissance à dompter la nature, L’arbre de l’homme est le chef-d’œuvre d’un des plus grands écrivains du XXe siècle. Publié en 1955, ce roman, dont la seule intrigue est « celle de vivre et de mourir », demeurait inexplicablement inédit en français. Quel enchantement, de phrase en phrase... La sensation, physique, de fouler la terre poussiéreuse d’un recoin de bush australien, de sentir l’étouffante moiteur d’un orage, d’entendre craquer la terre assoiffée ; l’instant d’après, un flux de conscience délicat, digne du meilleur Faulkner, vous plonge dans les pensées d’une femme qui se languit sans savoir de quoi au juste ; le symbolisme puissant de la prose whitienne confère à chaque geste, chaque souffle de vent, chaque mot, l’ampleur d’une prophétie antique. Patrick White est australien. Son pays nourrit son œuvre depuis ses premiers écrits, les destins de ses personnages répondant aux décors de ses textes, à l’aridité inspirante qui les entoure et qui permet à leur âme de pionnier ou d’explorateur d’être traversée d’épiphanies. La structure classique des récits de Patrick White laisse ainsi sa prose épique se dévoiler dans toute son ampleur, sans nul doute l’une des raisons qui lui permettent de remporter le Prix Nobel de littérature en 1973.
Avis et Commentaires
2 avisLa saga d’une famille du bush aux prises avec une série de cataclysmes, pluies diluviennes, incendies à grande échelle, matérialisme vorace, le tout laissant chaque être dans un état de sidération. Au commencement ils sont deux, Stan et Amy, couple marié à la va-vite, aussi fusionnel que fruste, union de solitudes et de silences, de gaucherie magnétique et d’intuition contenue. Leur rencontre, puis leurs noces émerveillent et chagrinent, dans un jeu d’émotions contradictoires que Patrick White cultivera tout au long du roman. Repliés sur leur exténuation, occupés à bâtir leur foyer dans un paysage désertique, avec pour seule richesse une rape à muscade reçue en cadeau de mariage, mari et femme n’en scintillent pas moins d’une aspiration plus intense. Leur amour énigmatique passe par des échappées individuelles, où Stan et Amy fuient séparément sous toutes sortes de prétextes, et se retrouvent immergés dans la nature, qui les révèle à eux-mêmes. L’eau fait remonter les souvenirs, le feu aiguise la conscience, les rosiers marquent le temps qui passe. Puis homme et femme se retrouvent, viendront ensuite des naissances, des morts, des voisins, des inopportuns, des amis. D’abord généalogique, l’arbre de l’homme, érigé dans le titre du roman, désigne aussi le cheminement spirituel des êtres, voués à s’enraciner sur terre, tout en faisant grandir leurs branches jusqu’à l’impalpable vie céleste.
