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Les sept soeurs Tome 8 : Atlas : L'Histoire de Pa Salt

2024

Lucinda Riley

Mathilde Rivoire

Mathilde Rivoire rated 9/10

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83 reviews

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8.9/10

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Summary

Les sept soeurs d'Aplièse, réunies à bord du Titan, rendent un dernier hommage à leur père, l'énigmatique milliardaire Pa Salt. Si chacune a découvert sa propre histoire, la véritable identité de leur Pa bien-aimé leur est inconnue. Les réponses se trouvent peut-être dans le journal qu'il leur a laissé en héritage. Tout commence en effet en 1928 à Paris, lorsqu'un jeune garçon, retrouvé quasi mort au détour d'une ruelle, refuse de prononcer le moindre mot. Seul son don exceptionnel pour la musique lui permet de nouer des liens profonds avec les membres de la famille qui l'a recueilli. Auprès d'elle, il soigne peu à peu les blessures de son passé. Mais dans une Europe aux prises avec les heures les plus sombres jamais connues, il sait qu'il devra tôt ou tard fuir à nouveau... La conclusion de la saga phénomène révèle son plus grand secret ! Un succès littéraire mondial. Armandine Castillon, France Info. Une vraie réussite ! Holly Goli, 20 Minutes Books. Traduit de l'anglais par Marie-Axelle de La Rochefoucauld.

Reviews and Comments

77 reviews
Gaëlle
Gaëllerated ★ 10/10
Yesterday

Final an apothéose

Céline Hachard
Céline Hachardrated ★ 9/10
December 9, 2025

Voici comment commence le livre On retrouve Pa chez les Landowski (cf tome 1) Voici ce qu’il écrit dans son journal intime « J'habite à Boulogne-Billancourt. J'ai été recueilli par la gentille famille Landowski. Ils s'appellent M. et Mme Paul et Amélie Landowski, et leurs enfants sont Nadine (20 ans), Jean-Max (17 ans), Marcel (13 ans) et Françoise (11 ans). Ils sont tous très bons pour moi. Ils me disent que j'ai été très malade et que je vais mettre un moment à reprendre des forces. Les bonnes s'appellent Elsa et Antoinette, et la cuisinière, Berthe. Elle me propose toujours plus de ses merveilleuses pâtisseries, pour m'engraisser, comme elle dit. La première fois, elle m'en a donné une assiette entière: j'ai tout dévoré et j'ai été pris de violents vomissements cinq minutes plus tard. Lorsque le docteur est venu me voir, il a dit à Berthe que mon estomac s'était rétracté à cause de la malnutrition et qu'elle devait me servir de plus petites portions, sans quoi je pourrais être de nouveau très malade et mourir. Je crois que cela a contrarié Berthe, mais j'espère que maintenant je mange de nouveau presque normalement. J'apprécie également sa cuisine. Il y a un membre du personnel dont je n'ai pas encore fait la connaissance, mais dont la famille parle beaucoup. Il s'agit de Mme Évelyne Gelsen, la gouvernante. Elle est actuellement en vacances, elle rend visite à son fils qui habite à Lyon. Je m'inquiète de coûter cher à cette gentille famille, entre toute la nourriture que je mange désormais et le docteur qui vient me voir. Je sais combien les médecins peuvent coûter cher. Je n'ai ni argent ni métier et je ne vois pas comment je pourrais les rembourser, ce à quoi ils s'attendent évidemment et ce qui serait juste. Je ne sais pas très bien combien de temps ils me permettront de rester ici, mais j'essaie de profiter de chaque journée dans leur belle maison. Je remercie le Seigneur pour leur bonté et prie pour eux tous les soirs. » En conséquence, atlas se retrouve à vivre chez les Landowski et il aime beaucoup cette famille Retour à Merry En 2008 Voici un échange avec Georg et Merry. « Pas de la part de Tiggy, non. C'est en grande partie grâce à elle que je suis dans cet avion. Star, en revanche, a prétendu être une certaine lady Sabrina pour me soutirer des informations. Ce que je veux dire, Georg, c'est que je sais l'amertume que peut causer une dispute familiale. Qu'adviendra-t-il si certaines sœurs sont heureuses d'apprendre que « Pa Salt » a une fille biologique, et d'autres non? Je repensai à la révélation récente selon laquelle ma grand-mère Nuala était aussi celle de l'homme qui avait poussée à fuir l'Irlande, Bobby Noiro. — D'après mes conversations avec Mary-Kate, j'ai cru comprendre qu'il y avait notamment un mannequin à la renommée internationale, Électra, qui n'avait pas toujours été connue pour sa... gentillesse, repris-je entre deux gorgées d'eau. — Je vous assure que chacune des scurs a parcouru son voyage personnel au cours de l'année passée. Cela a été pour moi un grand privilège de les regarder mûrir et devenir des femmes remarquables. Elles ont toutes pris conscience d'une chose que la plupart des êtres humains ne comprennent que bien trop tard... à savoir que la vie est trop courte » « Le titan n'était pas le seul navire amarré pres de Délos ce jour-là. L'ami de Theo avait également men tionné la présence d'un deuxième «palace flottant» l'Olympus, le yacht du célèbre Kreeg Eszu, proprié. taire de Lightning Communications. Étrangement, le même jour, le corps du magnat des affaires avait été retrouvé sur la rive, après ce qui ressemblait à un sui-cide. Cela avait fait les gros titres à travers le monde. Ally eut soudain la nausée. Pourquoi ne s'était-elle pas penchée de plus près sur cette affaire? Il ne s'agissait pas de la seule coïncidence qui semblait lier Pa Salt à Kreeg Eszu. Les coordonnées de Merry-qui avaient été gravées sur la sphère armillaire et que les sœurs avaient découvertes récemment - indiquaient Argideen House, dans l'ouest de Cork, en Irlande. Or Ally venait d'apprendre de la bouche de Jack que la propriété appartenait à un certain « Eszu», ce qui était troublant. Si le bâtiment était apparemment abandonné depuis longtemps, c'était le dernier propriétaire en date. Ce n'était un secret pour personne que le fils de Kreeg, Zed, avait un faible pour les sœurs d'Aplièse qui frôlait l'obsession. La façon dont il avait attiré Maia dans ses bras en misant sur son physique avantageux et sur son ton mielleux, pour ensuite l'abandonner au moment où elle avait le plus besoin de lui, elle qui n'était encore qu'une adolescente, restait en travers de la gorge d'Ally. Elle avait souvent pensé que Zed avait volontairement cherché à blesser sa sœur. Pour Ally, il était évident que la façon dont «l'Enflure», comme elle l'appelait, avait ensuite dragué Électra avait été méticuleusement planifiée. Zed avait sans aucun doute calculé que, s 1l y avait une sœur pour l'accepter comme amant après la façon dont il avait traité Maia, ce serait Electra. Pour un prédateur de son espèce, quoi de mieux que la vulnérabilité induite par une vie d'alcool et de drogue? Il était logique qu'il tente sa chance avec Tiggy, aussi. La tendance de cette dernière à voir le bien en chacun, ajoutée à ses inclinations spirituelles, lui avaient parfois causé du tort et, par le passé, certaines personnes avaient profité d'elle. Ally était immensément soulagée que sa petite sœur ait résisté aux avances de Zed et ait trouvé à la place le merveilleux Charlie Kinnaird. Ally était sûre que Pa n'avait jamais mentionné le nom d'Eszu. C'était l'une des premières choses qu'elle avait demandées à Maia à son retour à Atlantis, un an plus tôt. — Je suis certaine qu'il n'y a aucun lien, avait insisté sa grande sœur. Ils ne se connaissaient même pas, si? Délos est simplement une île magnifique où se rendent de nombreux bateaux. Ally commençait à craindre que cette réponse succincte de Maia ait été due au déni face à l'horreur de sa situation personnelle. Ally s'en voulait de ne pas s'être interrogée sur la présence de l'Olympus. Après tout, que savaient-elles de la vie de Pa au-delà de sa maison et de son yacht? En grandissant, elles avaient rencontré si peu de ses amis et de ses collègues. Il n'était pas impossible que Pa Salt ait connu Kreeg Eszu. Ally ferma les yeux, espérant réussir à dormir une heure ou deux. 1929 On revient au journal de Pa. Il se fait appeler Ar d’Apliese Il prend des cours de violon avec M. Ivan. Ce dernier lui suggère de sociabiliser avec les apprentis orphelins d’Auteuil sauf qu’il se fait harcelé. Et c’est Ella Leopine qui vient l’aider. Ar semble être anxieux lorsqu’elle est présente. C’est Mme Gagnon qui tient cet orphelinat. Elle répète qu’Ar et Ella sont amoureux. Voici un échange entre Mme Gagnon et Ar « Après la guerre, nous avons traversé une période tres rude où les ressources étaient rares et les enfants nombreux. Je n'étais pas süre qu'il serait possible de nourrir autant d'estomacs, alors fournir médi-caments, draps, vêtements et toutes les autres choses dont ont besoin les enfants... La situation était très délicate. J'ai donc été forcée de prendre des décisions difficiles. Ella et son frère sont arrivés peu après que leur mère a succombé à la grippe. Un mois plus tôt, un couple d'étrangers aisés m'avait demandé de les informer si l'orphelinat recevait des nouveau-nés, car ils n'arrivaient pas à concevoir un enfant. En règle générale, j'aurais été très heureuse de faire en sorte qu'un enfant soit directement accueilli dans une famille aimante. Cependant... ce bébé avait une grande sœur. En temps normal, je n'aurais pas permis l'adoption à moins que la famille ne les prenne tous les deux. De mon point de vue, quand les enfants ont déjà perdu leurs parents, il est impératif qu'ils restent ensemble. Toutefois, comme je l'ai dit, je craignais pour l'avenir de l'orphelinat et j'ai honte d'avouer que le pragmatisme l'a emporté sur l'éthique. En bref, je n'aurais pas dû permettre que le petit frère d'Ella soit séparé d'elle. Depuis qu'elle est à l'orphelinat, les années passent, les familles ne la choisissent pas et ma culpabilité ne cesse de croître. Comme elle te l'a sans doute dit, elle joue de ses instruments pour ressentir un lien avec ses parents. (Je hochai la tête.) Peut-être peux-tu imaginer combien cela me ronge, sachant que moi seule suis responsable de lui avoir arraché le vrai lien avec son passé - son petit frère. » Qui a emmené le frère d'Ella? Mme Gagnon baissa les yeux. — Je suis sûre que tu t'attendrais à ce que quelqua d'aussi zélé que moi tienne un registre de toutes la jeunes personnes qui franchissent nos portes. Mai cette fois-là, le couple qui a recueilli le bébé souha tait rester anonyme. Comme je l'ai dit, la pression qu pesait sur mes épaules était immense. Par ailleun la famille a fait un don considérable à l'orphelinat Comme le dit l'adage, à cheval donné, on ne regarde pas les dents. Mais la conséquence en est qu'Ella es séparée de son frère et n'a aucun espoir de le retrouver. De quelle nationalité était le couple ? écrivis-je, espé rant avoir au moins quelque chose à rapporter à Ella a nous devions un jour mentionner cette conversation. - Honnêtement, je ne m'en souviens pas. Enfin voilà, maintenant que je t'ai donné quelques éléments de contexte, j'ai une requête à te soumettre. Depuis les nombreuses années que je travaille ici, je n'ai rencontré personne d'aussi doux et intelligent que la jeune Ella Leopine. Pourquoi personne ne veut l'adopter? » Ella arrive à rentrer au conservatoire grâce à Atlas qui parle à son prof M Ivan. Il ose utiliser sa voix et casse le mutisme devant son prof. Il raconte son histoire. Ému, M Ivan fait en sorte de faire passer Ella pour la fille du célèbre compositeur Rachmaninoff. Mais M Ivan dit à ses collègues qu’Ella n’est pas au courant et qu’il ne faut pas lui dire car Rachmaninoff ne veut pas que ça se sache (attention ici c’est un gros mytho c’est juste pour qu’Ella puisse accéder au conservatoire comme Atlas). Me Gagnon paiera les cours du conservatoire pour Ella. Elle est redevable car elle a séparé le frère d’Ella et Ella à leur naissance donc elle se sent coupable. « Dangereux comment? moil - Il me tient responsable de... la mort de quelqu pro — La mort de quelqu'un ? - Oui. Nous nous regardâmes dans les yeux et un silence gêné s'installa. j'ai — En étais-tu... responsable? -Non. Mais il ne croira jamais la vérité. J'ai donc gar été forcé de m'enfuir loin de lui. Je crains d'être ass condamné à le fuir toute ma vie. - Où est-il maintenant? En France? —Je ne crois pas que cela soit possible, non. J'espère qu'il est encore à plusieurs pays d'ici. — Pays? Tu as traversé plusieurs pays? Je hochai la tête avec solennité. — Pour le fuir et pour rejoindre mon père. Il était parti pour la Suisse - son pays de naissance - pour essayer de me sauver... et de sauver la famille du gar-son aussi. C'est là que je voulais aller quand on m'a découvert évanoui sous la haie des Landowski il y a maintenant plus d'un an. - Ar... il y a encore tant de choses que je ne comprends pas, mais comment ce garçon aurait-il les moyens de te retrouver? —Il y a un élément qui complique tout. (J'inspirai profondément et retirai la bourse de mon cou.) Cet... objet... est la raison de tous ces malheurs. » Je regardai autour de moi pour vérifier que personne ne nous épiait et extirpai l'objet en question. ait été recouvert de cirage et de colle, il n'en avait pas moins la capacité d'attirer la source de lumière la plus proche et chatoyait sous nos yeux. - Ar..., souffla Ella, abasourdie. Je le soulevai pour qu'elle le voie distinctement. - C'est un diamant. — C'est impossible, il est énorme. Le plus gros que j'aie jamais vu. — Je t'assure que ce diamant est bien réel. L'autre garçon croit que je l'ai volé à sa mère et que je l'ai assassinée. Ella se couvrit la bouche des mains. — Crois-moi, je t'en prie, quand je te dis que cela ne pourrait être plus éloigné de la vérité. Mais tant qu'il saura que je possède cette pierre, rien ne l'arrêtera pour venir la récupérer et me tuer. Il est malin... — Aussi malin que toi? La gentillesse d'Ella parvint à m'arracher un autre sourire. — Peut-être. Comprends-tu maintenant pourquoi je ne parle pas? Et pourquoi tu ne dois pas révéler aux autres que j'en suis capable, ni quoi que ce soit de ce que je t'ai confié ce soir? Je rangeai le diamant dans sa bourse en cuir et replaçai le tout autour de mon cou. — Il faut que tu me racontes ton histoire, Ar - je veux tout savoir. Je secouai la tête. - C'est une histoire longue et bouleversante. Ella se redressa et me regarda d'un air grave. - Écoute-moi. Je suis ton Ella et je t'aime. »  « Elle éclata de rire. — Je trouve ça mignon. Et ne t'inquiète pas, j'ai vu d'autres garçons à l'orphelinat traverser cette phase. Ça va passer. - Quel soulagement! - Ar... — Oui, Ella? -Il y a un détail que tu as omis. Le garçon qui a juré de te tuer - comment s'appelle-t-il? Je fixai les étoiles, conscient que, à l'autre bout du monde, il faisait forcément la même chose. - Kreeg Eszu. » « Je ne l'ai pas vu moi-même, mais c'est ce qu'a dir l'ami de Theo à la radio, confirma Ally avant de soupi rer en se passant la main dans les cheveux. D'ailleurs, je crois qu'il est temps que je partage une information avec vous toutes. - Quoi donc? demanda vivement CeCe. - Vous vous souvenez que les coordonnées de Merry indiquaient Argideen House, dans l'ouest de Cork? (Ses sœurs réfléchirent un instant, avant dac-quiescer.) Eh bien, même si la maison est abandonnée depuis longtemps, elle appartient à la famille Esau Jack l'a découvert quand il se renseignait pour nous, Le silence s'installa tandis que les jeunes femmes essayaient de comprendre ce que signifiait ce lien. - Qu'est-ce que cela veut dire? finit par demander Star. — À vrai dire, je ne sais pas encore. Mais une chose est claire: entre Zed, Argideen House et la présence de l'Olympus le jour de la mort de Pa... la relation entre Pa et Kreeg est la clé pour comprendre tout le reste. — Tu as raison, renchérit Maia. — Je vais chercher les autres et voir où elles en sont dans leur lecture. Nous pourrons alors discuter de tout cela autour d'une ou deux bouteilles de rosé. — Bonne idée, Ally, convint Star. Il y a encore tant de choses que nous ignorons. D'où venait Pa, pourquoi Kreeg croyait qu'il avait assassiné sa mère.... diamant... - Nous ne pouvons qu'espérer que tout s'éclairens au fil de la lecture, déclara Ally en lui posant la main sur l’épaule » « Leipzig, Allemagne Si vous lisez ce journal, vous vous demandez peut-être pourquoi plus de six ans se sont écoulés, et peu-ment le petit garçon de Paris se retrouve à l'aube de l'âge adulte dans une autre ville européenne. Le récit est mouvementé. En réalité, au cours des six dernières années, j'ai souvent écrit des pages pour mon jour-nal. Le contenu, sans doute trop sentimental au goût de certains, témoignait de mon bonheur en France. Malheureusement, la majorité de ces pages sont restées chez les Landowski, quand j'ai été forcé de partir de façon prématurée et précipitée, à cause de circonstances résultant de ma grave erreur: celle d'avoir parlé. À l'heure où je couche ces mots sur le papier, nous sommes en 1936, j'ai dix-huit ans, et je conviens qu'il serait un peu léger de ma part d'offrir une histoire incomplète. Voici donc quelques explications. De 1930 à 1933, ma vie se déroula peu ou prou comme les deux années précédentes: j'assistais M. Landowski et M. Brouilly à l'atelier et suivais mes cours avec M. Ivan au conservatoire, comme Ella. » « Un matin au début de l'année 1933, alors que nous travaillions à l'atelier, M. Landowski fit une annonce: — Messieurs! J'ai une grande nouvelle à partager avec vous, alors écoutez attentivement. Notre parcours ensemble touche à sa fin. — Comment cela? s'alarma Brouilly, soudain livide. Après tout, il avait pris la décision de quitter Rio pour poursuivre sa carrière à Paris. — Ce matin même, on m'a proposé le poste de directeur de l'Académie de France à Rome. Brouilly garda le silence. J'étais tout aussi anxieux que lui, sachant que M. Landowski m'abritait, me nourrissait et, bien sûr, avait la générosité de payer mes cours au conservatoire. - Monsieur Brouilly, n'avez-vous rien à dire? - Pardonnez-moi, monsieur. Félicitations. Ils ont fait le bon choix. Je me joignis à l'éloge de Brouilly en offrant à mon protecteur un sourire éclatant - bien que forcé - et une salve d'applaudissements. -Merci, messieurs. Vous imaginez? Moi ! Dans un bureau! Avec un salaire! _ Votre talent manquera au monde, monsieur, déclara Brouilly avec une tristesse authentique. — Oh, ne soyez pas ridicule, Brouilly. Je continuerai de sculpter. Je sculpterai toujours ! Si j'accepte ce poste, c'est principalement parce que... eh bien, je suppose qu'on pourrait dire que c'est la faute de notre jeune ami ici présent. (Landowski fit un geste en ma direction et lut l'incompréhension sur mon visage.) Ce que je veux dire, c'est que j'ai pris énormément de plaisir, aussi bien sur le plan artistique que personnel, à voir les progrès d'Ar ces dernières années. M. Ivan estime qu'il est bien parti pour devenir un violoncelliste virtuose. Alors que, quand nous nous sommes connus, tu étais un enfant qui tenait à peine debout. À vrai dire, je suis un peu jaloux de ton professeur, Ar ! J'ai beau avoir contribué finan-cièrement, je regrette de ne pas avoir pu moi-même nourrir ton talent artistique. Par conséquent, à l'Académie de France, j'espère pouvoir développer le talent d'autres jeunes gens dans mon domaine. Mon sourire était désormais tout à fait sincère. — Voilà un sentiment très noble, monsieur, déclara Brouilly, morose. - Oh, Brouilly! Ne prenez pas cet air de chien battu! (Landowski s'approcha de son assistant et lui posa la main sur l'épaule.) Croyez-vous vraiment que je vous laisserais tomber ainsi? Avant d'accepter ce poste, je me suis arrangé avec notre collègue M. Blanchet à l'École des beaux-arts. Vous prendrez un poste de professeur là-bas lorsque je rejoindrai Rome la semaine prochaine. » En 1935 le calvaire commença. Ella se faisait souvent reprendre par son professeur au conservatoire Mr Toussaint qui décida d’aller chez les Landowski « un diamant, dis-tu ? Voilà donc ce que tu caches dans cette bourse. Je connaissais cette voix. Mais ce n'était pas celle de Kreg. Une silhouette émergea et, dans l'obscurité, je distinguai un visage. - Monsieur Toussaint? — Tu sais, pour un garçon qui prétend ne pas pouvoir parler, tu fais preuve d'une rare éloquence. - Qu'est-ce que vous faites ici? Qu'est-ce que vous voulez? -Je n'aime pas qu'on me prenne pour un imbé-cile, petit. Le conservatoire Rachmaninoff est un institut d'excellence, pas une crèche. Comme tu le sais pertinemment, ce petit rat russe d'Ivan nous a fait croire que ta petite amie était l'enfant naturel de Rachmaninoff. Quand j'ai menacé de lui écrire, Ivan a avoué avoir menti. (Il fit un pas vers moi.) Je l'ai interrogé à ton sujet, et il m'a dit que tu étais le protégé de Paul Landowski... qui, je le sais, est parti à Rome. Alors, en guise de dédommagement pour avoir été roulé dans la farine, je me suis dit que je viendrais choisir un ou deux vases de Landowski. Mais main-tenant, je sais qu'il y a ici quelque chose de bien plus précieux. Il fit un pas de plus. - Vous ne comprenez pas. - En fait, il y a deux éléments de valeur dans cette pièce, petit. Le diamant que tu as autour du cou... et toi J'hésitai.  - Moi? - 1l tombe sous le sens que ce « Kreeg» dom tu parles ne serait pas mécontent de savoir où tu te trouves, étant donné ce que tu viens de me révéler sans le vouloir. Je suis persuadé qu'il paierait une somme rondelette pour obtenir des informations sur toi. -Il est à peine plus âgé que moi, monsieur Toussaint. Il n'a pas d'argent. Et s'il découvre que vous avez pris le diamant, il vous tuera vous aussi. Toussaint ricana. —Il y a toujours moyen de s'arranger, petit. Peut-être que si je mets fin à ta vie et que je rends le diamant au jeune Kreeg, on trouvera une façon de se partager le butin... Toussaint mangeait ses mots. Il était clairement saoul. - Monsieur, je vous en prie. Vous êtes un flûtiste, pas un assassin! implorai-je. - Petit, avec ce diamant en ma possession, je peux devenir tout ce que je veux. Allez, viens là ! Toussaint se jeta sur moi, mais j'avais anticipé sa manœuvre et bondis sur le canapé. Avantagé par la hauteur, je sautai sur son dos. Mais le professeur était étonnamment fort et réussit à faire volte-face, nous faisant tous deux nous écraser sur le sol. Je reçus son poids de plein fouet et en eus le souffle coupé. Saisissant cette occasion, Toussaint se retourna et arracha la bourse de mon cou. Je me souviens m'être senti étrangement apaisé tandis que la force vitale quittait peu à peu mon corps. Je ne paniquai pas... jusqu'à ce qu'une image d'Ella s'impose à mon esprit, et l'envie irrépressible de me défendre défendre prit alors le dessus. Invoquant la moindre parcelle de force en moi, je pris le burin et l'enfonçai dans le bras de Toussaint. Il hurla et retira ses mains de mon cou. J'en profitai pour récupérer la bourse. Soudain, la pièce fut inondée de lumière et un cri strident nous parvint depuis la porte. Je me retournai et découvris Evelyne, une main sur l'interrupteur et l'autre devant la bouche. Toussaint, qui se tenait toujours le bras, se leva et entreprit de cacher son visage en se recroquevillant. Puis il passa devant Évelyne à toutes jambes et s'enfuit par la porte d'entrée. — Ar! Que se passe-t-il? Doux Jésus, est-ce du sang par terre? Je hochai la tête. — Est-ce que ça va? Je hochai de nouveau la tête tout en essayant de reprendre ma respiration. Évelyne s'agenouilla près de moi et vérifia frénétiquement que je n'étais pas blessé. Je la regardai, abasourdi. - Parle-moi, Ar. Qui était cet homme? Que faisait-il ici? S'il te plaît. Raconte-moi tout. J'expliquai la situation aussi vite que possible. - Mon Dieu! As-tu le diamant? En guise de réponse, je tapotai ma poche. — C'est bien. Mais tu n'es plus en sécurité ici. Il Pourrait revenir, et je ne sais pas avec qui. Il est temps pour toi de partir. — Partir ? Mais où? - Chez M. Brouilly à Montparnasse. Il 'abritera et tu y seras en sécurité jusqu'à ce que je trouve une solution ». Ici on a la suite de l’historie de Pa. Ça fait le lien avec le tome « Il devient de plus en plus probable qu'Ella et moi ne puissions pas achever notre premier cycle au Conservatoire de Leipzig. Nous avons discuté d'un éventuel retour à Paris - ou d'un départ ailleurs en Europe -, mais je crains que, si l'Allemagne souhaite faire la guerre, celle-ci atteigne aussi le pays natal d'Ella. Ce soir, Ella et moi devons retrouver Karine autour d'un café pour parler de la situation, avec son petit ami - un Norvégien du nom de Jens Halvorsen («Pip» pour les intimes). De mon point de vue, il est beaucoup trop détendu face à la situation qui se développe dans la ville. Il est convaincu que les nazis ne toucheront pas les étudiants du conservatoire, sous prétexte que, malgré tout, Hitler défend la musique et la culture. Karine est de plus en plus frustrée par ses appels au calme. » « — Tant mieux. Peut-être ne t'a-t-il pas reconnu alors. Mais, Ar, vous êtes russes tous les deux. Comment Kreeg peut-il être membre de la SS? — Son père était prussien. Tu te rappelles? Je t'ai longuement parlé de Cronus Eszu. — Bien sûr, répondit-elle, se remémorant l'histoire. Nous arrivâmes à la maison usée en pierre calcaire où j'habitais et gravîmes l'escalier étroit jusqu'au troisième étage. Une fois dans ma chambre, je fermai la porte à clé et tirai les rideaux peu épais. Par chance, la femme qui gère ce logement, Frau Schneider, est une vieille bohémienne qui hausse à peine un sourcil quand elle voit des filles entrer dans le bâtiment - «tant que je n'entends rien et qu'elles sont reparties avant neuf heures», comme elle dit. Je m'assis sur le lit grinçant et me pris la tête entre les mains. — Si nous guettions des signes nous indiquant de quitter Leipzig, je crois que nous venons d'en recevoir un de taille. Nous devons fuir dès que possible. Je passai les mains dans mes cheveux. J'avais du mal à respirer et avais à la fois chaud et froid.) Je... je neme sens pas... Tout devenait flou et mon champ de vision se rétré-cissait. Ella me rejoignit sur le lit. — Ça va aller, mon chéri. Tout va bien, assura-t-elle en m'enveloppant d'un bras réconfortant. Calme-toi. Tu es en sécurité et je suis là. Tu as eu un choc, mais tu vas t'en remettre. - Il nous faut partir, Ella. Il va venir me chercher... Il va venir nous chercher... » « Il est temps d'agir. Je vais commencer à élaborer des plans de sortie. (Je descendis ma valise de l'armoire au coin de la chambre.) Demain, il faut que tu ailles à la Deutsche Bank pour retirer autant d'argent que possible. Apres quoi nous prendrons le dernier tran pour quitter la ville. - Où proposes-tu que nous nous enfuyions, AN En France? Pour retrouver la gendarmerie qui, très certainement, souhaite toujours t'arrêter? Nous ne pourrions parler ni à Évelyne ni aux Landowski. La rumeur se propagerait à Boulogne que tu es revenu et la police te retrouverait. - Tu as raison. Nous n'irons pas en France, le risque est trop grand. Nous irons en Suisse. Il est temps. Je dois découvrir ce qui est arrivé à mon père. Ella poussa un soupir. — Depuis combien d'années parles-tu d'aller en Suisse? Y a-t-il une partie de toi qui le croit encore en vie? Sa réaction me déconcerta. —Non, bien sûr que non. Mais que proposes-tu? Que nous restions en Allemagne? Dois-je simplement accepter la possibilité que Kreeg m'assassine? Ou que Hitler en fasse de même avec toi? De frustration, je donnai un coup de pied dans ma valise et m'en repentis aussitôt. Ella essayait de m'ai-der, mais j'étais submergé par la panique. - Ecoute-moi, implora-t-elle. Nous ne pouvons rien faire pour Hitler. Mais peut-être pouvons-nous faire quelque chose pour Kreeg. Je mis les mains sur les hanches. — Et quoi donc, Ella? — J'y ai réfléchi au fil des années. Pourquoi ne lui rends-tu pas simplement le diamant? Je ne pus m'empêcher de ricaner. - Oh, Ella. Tu sais bien que j'ai essayé de le lui donner en Sibérie. Mais il refusait de m'écouter. Il s'est contenté de m'attaquer. Ella hocha la tête. - Je sais, mais la situation a changé depuis. Vous étiez enfants. Et étant donné ce que tu m'as décrit, je ne vois pas ce que Kreeg aurait pu penser d'autre. (Elle marqua une pause, hésitant clairement à prononcer les mots suivants.) Après tout, tu te tenais à côté du cadavre de sa mère. Je frissonnai. Pendant des années, j'avais essayé d'effacer ce souvenir de ma mémoire. — Pourquoi es-tu obligée de me le rappeler? — Parce que, mon chéri, tu dois te souvenir que tu n'es pas un meurtrier. J'ai parfois l'impression que tu l'oublies. Tu es innocent et tu n'as rien à craindre de ton créateur. — De mon créateur, non. De mon frère... Kreeg... c'est une autre histoire. - Kreeg croit que tu as tué sa mère pour t'emparer du diamant. Nous savons tous les deux que ce n'est pas le cas. Il doit accepter la vérité. - Et comment proposes-tu que je m'y prenne? Devrais-je l'arrêter dans la rue, lui taper sur l'épaule et le serrer dans mes bras? Voudrais-tu que je lui lance le diamant en disant «Sans rancune, frangin»? - Je comprends ce que tu dois ressentir, mais ce n'est pas la peine de te montrer agressif envers moi. Elle semblait déçue par ma réaction. » Ella et Ar sont obligés de partir car ils sont en danger à cause de Kreeg. Ils se rendent donc dans les Highlands (Flora Vaughan) « Chers Monsieur et Madame Tanit, J'ai le regret de vous informer que mon mari est mort la nuit qui a suivi votre départ, aux côtés de quatorze autres hommes à la base de la RAF d'Ashford, lorsqu'une bombe a frappé de plein fouet la tente où il dormait. Tedty a alors aussitôt hérité de High Weald et de tous les biens de son père, comme le veut sa naissance. Soyez assurés que la librairie Arthur-Morston m'appartient toujours et que Teddy ne peut pas me la prendre J'ai toujours l'intention de donner la boutique à ma fille et à mon gendre après leur mariage cet été mais, entre-temps, c'est pour moi une joie de vous permettre de vendre les livres et de réapprovisionner les locaux. Peut-être que, si la librairie a du succès grâce à vous, Louise et Rupert envisageront de vous garder pour la gestion des affaires... même si, bien sûr, ce sera à eux d'en décider. Malheureusement, je ne serai plus joignable à High Weald même, car Teddy a l'intention de se marier, et je vais donc déménager au petit manoir. Je vous enverrai l'adresse exacte une fois que j'en serai certaine. C'est gentil à vous de souhaiter envoyer les bénéfices à High Weald, mais je vous prie de les garder pour vous. Amicalement, Flora V. » « Un sourire entendu apparut sur son visage. Etait-il possible qu'il soit au courant de la mission de Kreeg Eszu de mettre un terme à mon existence? — Je me disais que ce serait peut-être le cas, pour-suivit-il. Votre grand-mère m'a préparé à cette éven-tualité. — Pardonnez-moi, je ne suis pas sûr de comprendre, répondis-je, partagé entre nervosité et curiosité. —Il n'y a pas de secrets ici, monsieur Tanit. Je sais tout. Votre père, Lapetus Tanit, était membre de l'entourage du tsar Nicolas Il avant la révolution. N'est-ce pas? (Je hochai la tête.) Il enseignait les humanités et la musique au tsarévitch et à ses sœurs. Par conséquent, il était bien connu des bolcheviques, comme toutes les personnes associées à la famille royale. À l'issue de la révolution d'Octobre, lorsque le tsar a été renversé et tué, votre père craignait pour sa sécurité et s'est enfui. Puis, ne le voyant pas revenir, vous avez suivi ses pas. craignant vous aussi pour votre vie. Suis-je proche de la réalité? » Atlas arrive en Suisse « Non, maitre Kohler, disait-elle, il est inconcevable que mon fils n'ait pas souvent évoqué le fait que Stradivarius avait la grosse tête. Il ne parlait que -Mais... Agatha ne m'a jamais vu, articulai-je, encore estomaqué de perplexité. - Non. Mais c'était une femme d'une intelligence exceptionnelle, qui connaissait son tils mieux que quiconque sur cette planète. - Cela me désole de ne pas l'avoir connue. -C'est bien dommage, en effet. En tout cas, monsieur Tanit, félicitations ! Enchanté de faire officiellement votre connaissance, Atlas. (Nous nous serrâmes la main une nouvelle fois.) Alors, permettez-moi de vous raconter l'histoire de votre famille. Que savez-vous? — Pas grand-chose, répondis-je en toute honnêteté. Mes parents étaient proches de la famille royale de Russie. Ma mère est morte lors de ma naissance, mais mon père m'a beaucoup parlé d'elle. Je savais aussi que mon père avait des origines suisses, mais à part ça... — Dans ce cas, j'ai le plaisir de vous informer que vous êtes d'ascendance aristocratique. La famille Tanit a ses racines dans le Saint Empire romain germanique. Avez-vous entendu parler de la maison de Habsbourg? Je secouai la tête. - Cette famille est devenue l'une des dynasties les plus éminentes de l'histoire européenne, mais elle était originaire du nord de la Suisse. La maison a donné des continuer. rois d'Espagne, de Croatie, de Hongrie... et je pourrais Jouvris de grands yeux.’ « Etes-vous en train de dire que je suis un Habs- bourg? L'avocat éclata de rire et je me sentis rougir. — Non. Cependant, des Tanit sont mentionnés dans les archives de la tamille dès 1198. Vos ancetres conseillaient les Habsbourg en astrologie, leur indi. quant si les étoiles étaient positionnées à leur avantage. La tamille faisait entierement contiance à la votre et l'a récompensée en l'anoblissant... et en lui donnant beaucoup d'argent. Et vous, Atlas, représentez la fin de la lignée. Le tout dernier Tanit. (Il consulta ses papiers.) J'ai une fortune d'environ cinq millions de francs suisses à vous remettre. Une fois que tous vos papiers seront en règle, bien sûr. Mon expression dut être comique. - Cinq... millions? murmurai-je. - En effet. Peut-être comprenez-vous à présent pourquoi je souhaitais tant vous contacter. Non seulement vous êtes l'héritier d'une grande fortune, mais vous êtes aussi le dernier membre d'une dynastie culturelle suisse! J'étais bouche bée. Cet argent pouvait nous offrir tout ce dont nous avions rêvé, Ella et moi. Cette pensée me bouleversait. — Je ne sais pas très bien quoi dire. — Inutile de dire quoi que ce soit, Atlas. Je vais lancer la procédure officielle d'obtention de la citoyenneté suisse. Comme je l'ai dit, la queue est longue avec la fin de la guerre, et cela pourrait prendre des années au lieu de quelques mois. - Je comprends. » On apprend que Claudia et George sont frères et sœurs Ils logent sur le terrain suisse dont Atlas a hérité par sa grand mère Agatha. « mais, entre-temps, je souhaitais lui faire une promesse. Avec la permission de maitre Kohler, je bijoutier sur Bond Street, à Londres. J'examinai pléthore de bagues, mais aucune ne telle somme et rechignais à l'échanger contre un bijou qui, malgré le prix, était banal. Je voulais que la bague (et 0. Ints de Koke nette: ait une signification particulière. Après une heure à observer et à plisser des yeux devant une épaisse vitrine, je demandai s'il était possible de réaliser un bijou sur mesure. Tout est possible au juste prix, monsieur, me répondit le bijoutier. Je savais que la pierre centrale devait être un diamant - le symbole ultime de la force de l'amour. Pour la monture, je demandai d'inclure sept points lumineux afin de donner à la bague l'apparence d'une étoile brillante. — Très bien, monsieur, dit-il en m'adressant un large sourire. Comme la monture sera assez grande, peut-être souhaiteriez-vous choisir une deuxième pierre pour les points lumineux? Des saphirs? DOUT Je réfléchis un instant, conscient du fait que cet homme essayait de me faire dépenser davantage, mais résolu à ce que le bijou soit tout à fait unique. — Y a-t-il une pierre qui représente l'espoir? - Oh oui, monsieur. L'émeraude. Selon la tradi-tion, elle symbolise la romance, la renaissance... et la fertilité, ajouta-t-il en levant un sourcil. Je tapai des mains. - Parfait ! » « Monsieur Tanit ? s'enquit une voix vaguement familière. - Lui-même. —Oh, c'est merveilleux ! Je suis ravie d'avoir enfin réussi à vous retrouver. J'ai dû appeler tous les hôtels de Manhattan! — Pardonnez-moi, mais qui est à l'appareil? Il y eut un gloussement à l'autre bout du fil. -Toutes mes excuses, monsieur. C'est Cecily Huntley-Morgan. Je suis la femme ridicule que vous avez secourue l'autre jour lors de la manifestation pour les droits civiques à Harlem. - Ah, bonjour, répondis-je, un peu surpris. Comment allez-vous? — Ma cheville est un peu enflée, mais je me sens beaucoup mieux maintenant que je vous ai trouvé! Votre carte porte l'adresse de votre librairie à Londres mais je souhaitais vous remercier personnellement de m'avoir sauvé la vie. J'ai donc appelé une multitude d'hôtels pour demander s'ils avaient un Mr Tanit parmi leurs clients. Kreeg arrive à les retrouver à la librairie. Il se fait passer pour Gus Zeeker. Je ris à mon tour. » « demanda Kupert d'un ton désormais ouvertement agressif. - Moi? Je ne ferais jamais une chose pareille. Ce n'est pas dans ma nature. En revanche, l'homme grand et brun qui travaille pour vous... je ne pourrais pas en dire autant. - Pour l'amour du ciel, en voilà assez. J'entendis le plancher craquer sous une succession de mouvements tandis que Kupert s'avançait vets Kreeg pour le pousser dehors. Louise poussa un cri perçant. — Reposez-le ! ordonna-t-elle. Je saisis la poignée de la porte, prêt à sortir pour confronter Kreeg. Hors de question que je le laisse s'en prendre à Rupert. — Je serai heureux de lâcher votre mari, madame Forbes, dès que vous me direz où se cachent les Tanit, grogna Eszu. — Qui sont les Tanit? hurla-t-elle. J'étais terriblement ému d'entendre sa loyauté à notre égard, alors même que son mari était menacé. Il y eut un bruit sourd et un halètement: de toute évidence, Kreeg avait laissé Rupert tomber à terre. - Je sais qu'ils ont travaillé pour votre famille. J'ai eu une conversation très intéressante avec votre frère l'autre jour, autour d'un verre. Je dis verre, mais le dépravé a descendu presque toute la bouteille de whisky. Il m'a dit qu'ils avaient quitté la propriété familiale et géraient désormais cette librairie. vous l'avez vu, teddy est un ivrogne. On ne peut croire aucun mot qui sort de sa bouche. Nous n' raison de vous mentir. avons aucune - Ah non? Quoi que Tanit vous ait dit, c'est faux. Vous employez un assassin. Je suppose qu'il n'a pas cru bon de le mentionner, si? Croyez-moi, je serais très heureux de vous débarrasser de la menace qu'il représente pour votre famille. -J'appelle la police, déclara Rupert tandis que je l'entendais courir à l'arrière de la boutique et décrocher le téléphone. Vous feriez mieux de déguerpir avant qu'elle n'arrive. Vous ignorez sans doute qui vous venez d'attaquer. Mon ivrogne de beau-frère a peut-être omis de préciser que la librairie est un passe-temps. Je travaille pour le gouvernement britannique. —J'ai de la peine pour vous, monsieur Forbes. Très bien, je vais vous souhaiter une bonne journée. Avant de partir, toutefois... au début de notre conversation, vous avez mentionné la guerre. Dites-moi, feriez-vous la distinction entre le soldat qui a tué votre ami et ceux qui s'efforcent de protéger ledit soldat ? - Sortez ! Sortez! hurla Louise tandis que les pleurs de Laurence ne cessaient de s'intensifier. - Comme vous voudrez. (J'entendis tinter la clochette de la porte.) Au fait, il ne s'appelle pas «Arthur». La porte claqua. - Chut, mon chéri, tout va bien, susurra Louise tandis que Rupert ouvrait la porte derrière laquelle nous étions cachés. — Bon sang, les amis. Qu'est-ce que c'était que ce type? » Ella et Atlas décident de partir en Australie histoire d’esquiver Kreeg. Finalement, au dernier moment Ella quitte Atlas et il embarque dans le paquebot direction l’Australie sans elle. Sur le bateau Atlas fait connaissance d’une orpheline Sarah qui le met en contact avec Kitty Mercer. « - Merci. Même si j'ai toujours trouvé amusant le fait de diriger une société «tamiliale», alors même que je ne suis une Mercer que par alliance. En raison de circonstances sur lesquelles je n'avais absolument aucune prise, j'ai été propulsée à la tête d'un empire que je n'ai pas bâti. - Est-ce un fardeau? Kitty Mercer réfléchit un instant. — Non. C'est un honneur. Toutefois, il s'agit de ma dernière traversée vers l'Australie. J'ai l'intention de passer les rênes à mon frère, Ralph Mackenzie. Ces trois dernières années, Ralph a prouvé qu'il était un gestionnaire de talent, doté d'un excellent sens des affaires. Sans oublier le fait que le même sang coule dans nos veines, ce qui est rare de nos jours. Je ne peux penser à quiconque de mieux armé pour s'occuper de la société à l'avenir. Au cours de l'heure qui suivit, Kitty Mercer me raconta l'histoire complexe d'un chagrin d'amour, d'un nouveau départ et, à ma grande stupéfaction, de sa relation avec de vrais jumeaux - Andrew et Drummond Mercer. Quand elle eut terminé, je gardai un moment le silence. Alors que les événements extraordinaires de la vie de Kitty Mercer dansaient dans mon esprit, il ya un aspect que je trouvais particulièrement déroutant... un détail qui m'intriguait et me choquait plus que tout — Je n'avais encore jamais rencontré quelqu'un dont l'histoire rivalisait avec la mienne, madame, jusqu'à aujourd'hui, finis-je par déclarer. La Perle Rose... croyez-vous vraiment qu'elle soit maudite? Elle prit le temps de boire une gorgée de gin. - Lorsque Andrew a demandé à Drummond de quitter le Koombana pour aller acheter la perle en question, le navire a coulé, emportant Andrew avec lui. Puis la fille de la bonne, la jeune Alkina, a succombé après l'avoir déterrée dans l'outback. Dites-moi, monsieur Tanit, après tout ce que je vous ai raconté, auriez-rous envie de posséder cette perle ? - Non, répondis-je sans hésiter. Elle rit tristement. - Moi non plus. -Savez-vous ce qu'elle est devenue? -Non, je n'en ai aucune idée. Je crois que c'est mieux ainsi, pas vous? Je hochai vigoureusement la tête. - Enfin, reprit-elle, maintenant, vous connaissez mon intention de laisser les affaires à Ralph, et je suis certaine qu'il aura besoin de s'entourer de têtes bien faites afin de l'aider à prendre les décisions quoti-diennes. Peut-être cherchez-vous un emploi? Si tel était le cas, je vous recommanderais très volontiers à Ralph. Même si, bien sûr, c'est à lui que reviendrait la décision finale. Sa sollicitude me touchait. - C'est très gentil, mais nous venons à peine de faire connaissance. Comment pouvez-vous me faire asta confiance pour m'offrir de l'aide? Elle m'adressa un sourire chaleureux. - Sarah est très attachée à vous. D'après ce qu'elle d'a dir entre ceul crime est l'ovoir le cur brise Aprs avoir entendu mon histoire, vous savez que c'est in sujet que je connais bien. » Sarah c’est la grand mère de Cece Après son arrivée en Australie, Atlas se met à travailler dans les mines avec Ralph. Il fait fructifier l’entreprise. Mais se blesse en voulant sauver un de ses employés. Pour la guérison d’Atlas l’équipe fait appel à un aborigène guérisseur qui suggère à Atlas de retrouver Ella Atlas va donc retourner dans toutes les villes où ils ont été. Personne n’a eu de nouvelles d’Ella. Il retrouve donc Landowski qui le charge d’aller livrer une statue à Sacromonte pour Lucia Amaya Albaycin (histoire de Tiggy) On apprend également qu’Évelyne a une petite fille qui se prénomme Marina, la fille de Louis. Atlas a retrouvé Laurent Brouilly Celui ci lui explique avoir retrouvé Beatriz et donc Laurent n’a pas osé avouer que la fille de Beatriz, Cristina, est la fille de Laurent. Ainsi Laurent voudrait qu’atlas veille sur elle désormais qu’il se fait vieux. Laurent annonce également à Atlas le décès d’Evelyne. « mon retour à Genève, je donnai pour instruction à Georg de se mettre en relation avec un cabinet d'avocats à Rio de Janeiro, afin de pouvoir recevoir des nouvelles régulières de Beatriz Aires-Cabral et de sa fille. Surpris par ma requête, il n'en fut pas moins prompt à l'accepter lorsque je lui en parlai au bureau du cabinet de la rue du Rhône, renommé Schweikart & Hoffman. - Je serai heureux de m'en charger, Atlas, mais je me demande si c'est la solution la plus économique. Cela vous coûterait infiniment moins cher de vous rendre au Brésil une ou deux fois par an et de vous pencher sur la situation personnellement. -J'apprécie ta préoccupation, Georg, mais on m'a demandé de garder mes distances. En outre, ce n'est pas l'argent qui manque dans les caisses, n'est-ce pas? Georg gloussa. — En effet. D'ailleurs, ce matin, j'ai reçu un appel de notre courtier de New York. Vos investissements fructifient à un taux sans précédent. (Il sortit un calepin du premier tiroir de l'ancien bureau de Kohler.) Telex, Control Data, Teledyne, University Computing, Liek.a technologie est en plein essor. Votre fortune croit à grande vitesse. Il me passa ses notes pour que j'en prenne connaissance. - Et toi qui essayais de me convaincre de placer mes deniers dans l'or et l'argent. Il rougit. - Oui. Je crains que mon flair en matière financière ne soit pas encore très développé. - Le mien non plus, mon jeune ami. Tu sais pourquoi j'investis dans le secteur de la technologie. Je m'enfonçai dans le fauteuil en face de Georg. Cela me faisait encore un drôle d'effet de le voir occuper l'ancien bureau d'Éric Kohler. - Oui, répondit-il. Dans l'espoir que cela nous aide un jour à localiser Ella. '- Exactement. Aussi sûr que soit l'or, il ne peut pas me fournir de bases de données informatiques ni de matériel de pistage mondial. (Je haussai les épaules) Même si mes actions ne me rapportent rien, je préfère donner mes millions à des gens intelligents pour permettre au secteur de progresser. - Absolument. Bon, que dois-je demander à la firme brésilienne de surveiller pour ce qui est de la famille Aires-Cabral? Georg soulevait une question pertinente. Laurent avait été vague. Je croisai les bras et regardai le lac. - Demande-lui de garder un œil sur la santé de la famille, ainsi que sur sa situation financière. - Très bien. C'est comme si c'était fait. — Merci, Georg. Je te prie aussi d'être attentif à un éventuel appel depuis Paris. J'y ai rencontré une jeune femme du nom de Marina. C'est la petite-fille d'Évelyne. - Oh, répondit-il, surpris. — Je lui ai donné ton numéro de téléphone. Si elle appelle, ce que j'espère, transmets-la directement à Atlantis, s'il te plaît. Pas besoin de contrôle de sécu-rité. (Je lui rendis son calepin et il y griffonna quelque chose.) Au fait, comment va Claudia? - Elle travaille toujours à la boulangerie. Il se Stes poir que clare soit oz, Le informariou haussai les e rent rien, en je deman I ce qui es tinente, La egardi les ur la sao cière. être a la pe trouve qu'elle a récemment tait la connaissance d'un jeune homme, un client... qui la regarde avec gour-mandise, dit-il en souriant de son jeu de mots. J'éclatai de rire. - Et quel effet cela te fait-il, grand frère? Il posa son stylo pour réfléchir. - Si elle est heureuse, je le suis aussi. - Formidable. Embrasse-la pour moi. (Je me levai pour partir.) Oh, pendant que j'y suis, as-tu trouvé de nouveaux noms ces derniers jours? Il leva l'index et ouvrit un autre tiroir. —J'ai réussi à trouver une « Eleanor Leopold» qui réside à Gdańsk. D'après mes recherches, elle y vit depuis sa naissance, mais vous êtes bien placé pour savoir qu'il est possible de modifier les registres si on est malin. Il me tendit la feuille qui contenait ces nouvelles informations. - Allons-y pour Gdańsk, répondis-je. Je ne suis encore jamais allé en Pologne. Veux-tu bien te charger de l'organisation du vol? - Bien sûr. - Parfait. Merci, je crois que cela conclut cette réunion marathon. Je passerai te voir la semaine prochaine. — Il y avait juste... un autre point. D'ordinaire si calme et mesuré, Georg semblait soudain hésitant et nerveux. Il ouvrit sa serviette et me fit glisser un autre morceau de papier sur le bureau. - De quoi s'agit-il? - En plus d'Ella, nous surveillons aussi toute mention du nom « Kreeg Eszu», conformément à vos instructions. Je fixai la feuille et blêmis. Georg m'avait remis ce qui ressemblait à l'acte constitutif d'une société, portant le nom de Lightning Communications. Sur la feuille, sous « directeur», était inscrit le nom d'Eszu. » ´ « Avec le temps, et l'observation des mouvements de Kreeg par mon équipe, ma panique initiale s'est transformée en malaise, qui a laissé place à la perplexité et, dix ans plus tard, je me réconforte de savoir exactement où il se trouve sur cette planète. Nous avons découvert qu'il avait épousé une Grecque immensément riche, Ira, qui avait hérité son argent d'un précédent mari, un magnat du pétrole. Ira Eszu est morte l'année dernière, en 1973, en mettant au monde l'unique enfant du couple. Les registres indiquent qu'Ira était née en 1927, ce qui signifie qu'elle avait quarante-cinq ans. Il n'est donc pas surprenant qu'ily ait eu des complications pendant la naissance. Néanmoins, le bébé a survécu. Il a été déclaré sous le nom de Zed Eszu. Nous continuons de surveiller la famille de près. » « avait sept sœurs. Leur pere, Atlas - le même prénom que moi - était un Titan à qui Zeus avait ordonné de porter la Terre. Les sœurs, bien que très différentes, vivaient ensemble dans la jole sur la toute nouvelle Terre. Mais lors d'une promenade, elles ont rencontré Orion, un chasseur brutal, qui s'est mis à les pourchasser sans relâche. Alors les sœurs se sont enfuies dans le ciel. On les voit ce soir, regarde! Je penchai la tête pour contempler les cieux à travers le hublot et parvins à apercevoir mes compagnes éternelles.) Toute ma vie, je me suis tourné vers elles pour être guidé et réconforté. Ce sont mes protectrices. C'est intéressant que Maia brille plus fort que les autres ce soir. On raconte qu'autrefois, c'était toujours le cas jusqu'à ce que, un jour, Alcyone prenne la relève et se mette à briller plus fort que toutes ses sœurs. D'ailleurs, dans certaines traductions, «Maia» signifie «la Grande». Les Romains la considéraient même comme la déesse du Printemps, ce pourquoi le cinquième mois de l'année s'appelle « mai». Je baissai la tête vers le bébé, qui s'était endormi dans mes bras.) Oh, c'était si ennuyeux que ça, ma petite? demandai-je en riant. - Moi en tout cas, j'ai trouvé ça intéressant. Je me retournai et vis Marina qui m'observait. - Excuse-moi. Je ne voulais pas te réveiller. — Je ne dormais pas vraiment. Ça alors, souffla-telle en jetant un il en direction de la petite fille. Tu ry prends vraiment bien. Elle t'adore. Un sourire se dessina sur mes lèvres. Un sourire se dessina sur mes lèvres. - Tu crois? — Je le sais, Atlas. Tu l'as sauvée d'une existence bien misérable. » « Tessie est tombée enceinte de Teddy et a é payée par Flora pour se taire, repondis-je, désamorçan froidement sa bombe. Rupert sembla quelque peu dépité. - Je vois, donc le personnel était au courant.. Judatas morite en entendant son ton indigne 1. parut alors mortifié. offenser... - Pardonnez-moi. Je n'avais pas l'intention de von Je levai une main pour le rassurer. - Pas du tout, répondis-je en toute franchise. Pour répondre à votre question, oui, j'en ai peur. Nous étions tous au courant. Tessie était loin d'en faire un secnet. Rupert se prit la tête entre les mains et gloussa. -Oh là là. Sacré Teddy. Alors, pour votre gou-verne, Tessie est morte il y a maintenant cinq ans en 1975. — Je suis navré de l'apprendre. Savez-vous si elle avait mené sa grossesse à son terme? — Tout à fait. La fille de Teddy et Tessie s'appelle Patricia Brown. - Brown? — Le nom de l'homme qu'elle a fini par épouser Décédé également. — Je vois. J'avais un peu de mal à suivre, mais je faisais de mon mieux. - Maintenant, pour être tout à fait clair, je ne saris rien de tout cela jusqu'il y a quelques semaines. Louse elle, était au courant mais n'avait jamais jugé bon de me le dire, sachant qu'il s'agissait d'une attaire privée de Tessie. été fière d'elle. Je souris face à la loyauté de Louise. Sa mère aurait - Pourquoi me racontez-vous tout cela, Rupert? Il balaya des yeux la librairie déserte, comme pour vérifier que personne ne nous épiait. Sans doute une habitude de ses années au MIS. -Il y a quelques jours, j'ai reçu un appel téléphonique du palais de Buckingham. - Buckingham? Le palais de la famille royale bri-tannique? demandai-je, stupéfait. Rupert sembla satisfait de ma réaction. - Exactement... même si ce n'était pas Sa Majesté elle-même au bout du fil ! C'était un membre de l'équipe des services de renseignement royaux. (Il marqua une pause, sans doute pour accentuer l'effet théâtral.) Pour faire bref, je suis en possession d'une information dont j'ose affirmer que vous n'êtes pas au courant. Il avait réussi à me tenir en haleine. - Et de quoi s'agit-il? — La mère de Louise, lady Flora Vaughan - née MacNichol - était la fille naturelle du roi Edward VII. Le coup de théâtre de Rupert était réussi. Je secouai la tête d'incrédulité. - Ça alors... Rupert sourit jusqu'aux oreilles. Il était enchanté par ma réaction. - Je sais. C'est pourtant la vérité. Je m'esclaffai de stupéfaction. — C'est incroyable. Louise connaissait-elle cette partie de l'histoire? Certainement pas, mon cher, et cela doit rester ainsi. Rupert prit soudain un air grave. — Elle ne sait donc toujours pas? - Non. En tant que mit more des renseignements britanniques, il est de mon devoir de garder des informations aussi sensibles pour moi. Le Palais le sait et me fait confiance. - Heureusement que jetne travaille pas pour les Soviétiques, alors ! Sachant que vous n'avez même pas partagé cette information avec votre temme, pourquoi diable le faites-vous avec moi? Il prit quelques instants pour formuler sa phrase suivante: —Si vous descendez directement d'un monarque britannique, il se trouve que la famille royale.... garde un œil sur vous. Pour, vous savez, éviter toute situation embarrassante susceptible de... — D'abîmer la marque? suggérai-je. — Voilà. À cette fin, le Palais a suivi la dynastie MacNichol avec intérêt. Ils ont donc observé Tessie Smith qui, somme toute, a mené une vie tranquille et sans vague. — Alors pourquoi ont-ils ressenti le besoin de vous contacter? Rupert se racla la gorge. - La fille de Tessie et Teddy, Patricia, n'est pas du genre timide et réservé qui plaît au Palais. Elle est résolument catholique, je dirais même intégriste. - De ceux qui promettent « enfer et damnation»* Rupert claqua des doigts. - Exactement. plis Patricia elle-même a deux filles et a perdu so dix-huit ans. Apparemment, elle se débrouille très bien et étudie à mon alma mater, l'université de Cambridge. J'étais heureux de l'apprendre. - Quelle incroyable réussite étant donné les difficultés auxquelles elle a dû être confrontée. - Je suis tout à fait d'accord. Maintenant, pour ce qui est du deuxième entant... il y a une différence l'âge tout à fait conséquente. En fait, Patricia vient tout juste d'accoucher. Je m'efforçai de suivre. _ N'avez-vous pas dit qu'elle avait perdu son mari ? — Si, justement. Le Palais ne trouve pas d'informations au sujet du père de ce nouveau bébé. On peut donc en déduire que l'enfant a été conçu hors mariage, ce que rejetterait la communauté catholique de Patricia. — Qu'est-il arrivé au bébé, alors? Rupert se leva. — Voilà la raison pour laquelle le Palais m'a appelé ilya quelques jours. Il semble que Patricia ait déposé son nouveau-né dans un orphelinat de l'est de Londres afin d'étouffer sa honte. Il se dirigea vers le vieux bureau en bois qui avait autrefois été le mien. .- Je ne comprends toujours pas pourquoi le Palais a jugé bon de vous téléphoner. S'ils s'inquiètent de voir la réputation de la famille royale entachée, comment une fillette qui ne connaît rien de son histoire pourrait-elle aller raconter aux tabloïds qu'elle est une très lointaine prétendante à la couronne? » « Au milieu de tout le reste, la pierre précieuse lui drait totalement sortie de l'esprit. - En fait, il ne le mentionne plus après les années cinquante. Qui sait où il est passé. Floriano s'étira en songeant au destin du diamant. - Comme c'est curieux. Je me demande si Kreeg a fini par le récupérer? - Peut-être ne le saurons-nous jamais. Bon, fit-elle en se levant, je vais voir où en sont les autres avant le diner. Floriano lui saisit la main pour l'embrasser. - D'accord, ma chérie. Elle s'apprêtait à partir, mais il l'attira vers lui et, avec tendresse, lui planta un dernier baiser sur le ventre. - Tes enfants sont fiers de toi. Ces mots la prirent un peu au dépourvu et les larmes lui montèrent aux yeux. - Merci. Je suis inquiète pour Électra... Le journal confirme qu'elle est née dépendante à la cocaïne. Floriano ouvrit de grands yeux. — Meu Deus! Quelle horreur! - Oh, et puis il y a CeCe, dont la mère a été abandonnée par son père et qui est morte toute seule. Et Ally, séparée de son jumeau à la naissance parce que sa mère voulait un garçon. - Maia, je... - Et Tiggy, dont la tante avait annoncé à Pa notre arrivée dans sa vie. (La mâchoire de Floriano touchait presque le sol.) Alors, oui, je suppose qu'il y a beaucoup de choses à digérer. Oh, et puis Ma a été prostituée autrefois, ajouta-t-elle en ouvrant la porte. » « ant. Da Georg approuva. - Bien sûr. Tout d'abord, le dois donner votre journal à la sœur disparue. Nous avons maintenant toutes les informations dont nous avons besoin. Je la e préoccupe ne menace sas ter son intre de lui autre trouverai. Atlas haussa un sourcil dubitatif. w Tu as bien le dessin de la bague aux émeraudes? - Oui. Il poursuivit sa liste de vérification mentale. - Et les coordonnées d'Argideen House? - Absolument. Atlas saisit le dessin d'Ella et le fixa un moment. - Mes lettres pour les filles sont-elles en place à Atlantis? Avec les indices? - Tout est dans mon bureau. Les enveloppes sont scellées et prêtes à être remises dès mon retour. Atlas sembla se détendre un peu, avant de se rappeler autre chose. vi reponi. — Et la sphère armillaire? As-tu pu t'en occuper? — Oui. Le graveur terminera son travail cet après-midi. Je vérifierai moi-même les inscriptions et les voterie, coordonnées. confiance que — Parfait. Et la surprise? - Prête. Atlas sourit faiblement. ment certan - J'ai hâte de voir le visage des unes et des autres, 2 Etant don où que je me trouve alors. Merci, Georg. événement Il regagna son bureau et rassembla les dernières dernière tar ui tendi le pages de son journal, qu'il regarda avec regret. -J'aimerais tant pouvoir être là pour les guider, pour les aider à traverser cette période qui s'annonce tourmentée, soupira-t-il en secouant la tête. Maia, Ally, Star, CeCe, Tiggy, Electra. toutes ont tant à apprendre de leurs origines. Ai-je fait ce qu'il fallait, Une expression tourmentée était apparue dans les yeux d'Atlas. —J'en suis profondément convaincu. Atlas se rassit avec précaution et observa la mer par la fenêtre du Titan. — Je me demande si je n'aurais pas dû leur révéler toute la vérité il y a des années. - C'est normal que vous vous fassiez du mauvais sang. Mais rappelez-vous, si vous leur aviez tout dit avant aujourd'hui, cela aurait pu les mettre en danger. Atlas hocha lentement la tête et but une gorgée d'eau. Georg était bouleversé de voir combien ses mains tremblaient en tenant son verre. — Ensuite, quand je ne serai plus de ce monde, et seulement alors, tu remettras ceci à mes filles. (D'une main frêle, il désigna les pages qui reposaient sur le bureau et dont l'encre n'était pas encore tout à fait sèche.) Si les filles pensent que je les ai trompées d'une façon ou d'une autre... cela gâchera tout. Il porta une main à sa poitrine et un long silence s'installa entre les deux hommes. Atlas regarda Georg. Malgré sa peau ridée et ses cheveux blancs, ses yeux bruns étaient plus pénétrants que jamais. - Tu sais exactement ce que j'étais allé faire. Je n'aurais jamais imaginé survivre. - Non. Moi non plus, répondit doucement Georg. Atlas ouvrit un tiroir de son bureau et sortit une enveloppe A4 en papier kraft. Il y glissa délicatement les nouvelles pages « Kreeg Eszu croit que moi, Atlas Tanit, ai tué sa mère et volé un diamant d'une valeur inestimable alors que nou Pour cette raison, comme vous le savez désormais, i m'a poursuivi ma vie entière. À l'automne 2005, j'ai subi un léger infarctus, dont je ne vous ai pas informées pour ne pas trop vous inquiéter. Cependant, les médecins genevois ont réalisé des analyses et m'ont appris que mon cœur faiblis. sait et que, s'ils ne pouvaient l'affirmer avec certitude, il était peu probable que j'atteigne les quatre-vingt-dix ans. J'ai accepté cette nouvelle avec sérénité. J'ai vécu longtemps, très longtemps - plus longtemps que je n'aurais pu l'imaginer. Le plus grand privilège de ma vie a été de vous voir chacune devenir une femme remarquable, et je remercie mes étoiles porte-bonheur de m'avoir accordé tout ce temps sur Terre. Néanmoins, la nouvelle de ma santé défaillante m'a poussé à agir sans attendre. Sans moi pour vous pro-téger, je craignais que Kreeg lui-même ou son fils Zed n'essaient de vous persécuter. Par conséquent, avec Georg et Ma, avec qui j'ai eu l'honneur de travailles une grande partie de ma vie, j'ai élaboré un scénario qui, je le croyais, empêcherait Kreeg et son fils de revenir vous menacer, à tout jamais. Comme vous l'aurez compris, Kreeg Eszu cherche à se venger d'un acte que je n'ai évidemment pas commis. Néanmoins, j'ai pensé que si je permettais à Kreeg de prendre enfin la revanche qu'il attend depuis quatre-vingts ans, en m'offrant à lui, nous pourrions Peut-être conclure un accord garantissant que Zed et lui vous laissent tranquilles. Au printemps 2007: jai contacté Eszu par le biais d'une lettre envoyée à Lightning Communications. Dans cette lettre, je lui exposais les regrets que je nourrissais pour tout ce qui s'était produit entre nous et lui indiquais que je souhaitais lui donner la possibilité de « réparer les torts». Je n'ai pas été surpris quand, moins de vingt-quatre heures plus tard, Georg a reçu un appel de la secrétaire de Kreeg. Un lieu a alors été fixé pour notre rencontre: une crique isolée au large de Délos, en mer Égée. Afin de vous préserver de l'abominable vérité, sachant que de toute façon je me dirigeais droit vers la mort, j'ai demandé qu'on vous dise que j'avais succombé à une crise cardiaque fatale, que mon corps avait été placé dans un cercueil de plomb et emmené en mer à bord du Titan où des obsèques privées avaient eu lieu. Sans l'ombre d'un doute, cette partie de mon plan était la plus difficile à exécuter. Je suis conscient de la douleur et de l'incompréhension que vous aura causées une telle annonce, et pour cela, et bien d'autres choses encore, je suis profondément, sincèrement désolé. Mais j'espère que vous comprenez que c'était la seule solution pour éviter que vous ne découvriez que j'avais été tué par Kreeg Eszu. Le 19 juin, je pris les commandes du Titan au port de Nice, indiquant à Hans Gaia de venir le récupérer dans la crique de Délos quatre jours plus tard. Hans essaya de m'en dissuader, évoquant les dangers, mais aussi les lois qui m'interdisaient de piloter le yacht seul, mais je tins bon et, en tant que propriétaire, ordonnai à tout le personnel navigant de quitter mon navire. - Alors pourquoi n'es-tu pas venu? Kreeg sourit de nouveau jusqu aux oreilles. - Chaque chose en son temps. tourmenter mes filles? -Est-ce parce que tu te servais de ton fils pour -Il ne fait aucun doute que tes filles ont pour lui... un certain charme. (Kreeg arma le pistolet.) Bon, que souhaitais-tu me dire avant de mourir? Je secouai la tête. — Je commence à me demander quel en serait l'intérêt. Je t'ai révélé la vérité il y a plus de quatre-vingts ans, alors que nous nous tenions près du corps de ta mère. (La mâchoire de Kreeg se tendit et il plissa les yeux.) Nous étions frères, Kreeg. Tu ne m'as pas cru alors. Pourquoi me croirais-tu aujourd'hui? - Qu'y a-t-il à croire, Atlas? Je n'oublierai jamais cette vision de toi, debout à côté d'elle, sa précieuse icône à la main. Une icône couverte de son sang. Tu l'as utilisée pour la frapper à mort. La bourse en cuir contenant le diamant, autour de ton cou, confirmait tes motivations. Je frissonnai en me remémorant la scène. — Je t'ai raconté ce qui s'était passé. Comme tu le sais pertinemment, ta mère couchait avec un haut gradé de l'Armée rouge pour mettre de la nourriture sur notre table. (Kreeg grimaça.) Je ne savais même pas qu'elle avait un diamant. Elle m'avait juste confié qu'elle possédait quelque chose de grande valeur qu'elle avait supplié l'officier de vendre pour elle, afin que nous puissions nous nourrir, Kreeg. Te souviens-tu ¿ quel point nous étions affamés? À quel point nous avions froid? — ÇA SUFFIT! hurla Kreeg en frappant sur la table de son poing libre. — Je te demande juste d'écouter. Cette nuit-là, j'ai essayé de te prouver que ta mère avait pris conscience de son erreur et m'avait demandé d'emporter un « objet de valeur » à son cousin à Tobolsk pour le mettre en sécurité, afin que les bolcheviques ne le trouvent pas s'ils venaient fouiller la maison. J'avais une lettre, de la main de ta mère. Elle l'avait écrite à l'attention de son cousin. Mais quand tu as découvert la scene, tu ne l'as même pas lue. — C'était inutile, grogna-t-il. — Au lieu de cela, tu l'as chiffonnée et fourrée dans ma bouche... - Tu MENTAIS pour sauver ta misérable peau. Tu savais pour le diamant ! Ne me dis pas le contraire! Tu le voulais pour toi. Alors tu as attendu qu'elle soit en position de faiblesse pour... Sa voix se mit à trembler et ses yeux s' emplirent de larmes. Je repris avec calme et résolution: —J'ignorais tout du diamant jusqu'à cette nuit-là, tandis que je m'enfuyais de la maison alors que tu essayais de me tuer. Mais cela n'a plus d'importance. Tu n'accepteras jamais mon récit. Je t'en prie, je t'en supplie, venge-toi comme tu en as toujours rêvé. Il se mit à respirer bruyamment. Sans me quitter du regard, il sortit une gélule de sa poche. Il l'avala sans eau et grimaça. — Je suis certain que tu as eu vent du diagnostic des médecins. On en a parlé dans les iournaux. - Oui. J'ai été navré de l'apprendre. Le cancer est la plus cruelle des maladies. Il haussa les épaules. jour-là. - Le cancer n'est ren tace à ce que tu m'as pris ce Je soupirai. - Je ne t'ai rien pris, je te le jure. Mais si tu veux dire par là qu'il est bien cruel de ne jamais connaître l'amour d'une mère, alors tu as raison. Il ricana. - Excellente remarque, Atlas. Tu ne t'es pas contenté de tuer ma mère. Tu as tué la tienne des années plus tôt ! Ses mots m'infligèrent une douleur viscérale. — Je sais. J'y ai souvent pensé, regrettant que l'univers ne m'ait pas choisi moi à sa place, le jour de ma naissance. Il s'appuya contre le dossier de sa chaise, visiblement heureux de me voir souffrir. — Paradoxalement, tu ne serais pas en vie si ma mère n'avait pas été là. C'est elle qui t'a fait naître. — Je sais. Elle me l'a raconté bien souvent, et j'espère avoir réussi à la remercier en me comportant comme un enfant dévoué, en particulier après le départ de mon père. Kreeg soutint mon regard. — Cette lettre dont tu parles. Celle de ma mère. C'est bien dommage que tu ne l'aies plus, — Si, je l'ai toujours. - Quoi? - Je l'ai conservée précieusement. Souhaiterais-tu la lire? (Il hocha la tête.) Puis-je mettre la main dans ma poche? - Lentement. Je récupérai doucement la missive et la posai sur la table. — La voilà. En mauvais état et couverte de traces de dents qui datent de cette terrible journée. Il fixa l'enveloppe. — Elle est adressée à Gustav Melin. - Oui. Le cousin de ta mère. —Ouvre-la, Atlas. Si tu crois que je vais lâcher ce pistolet, tu te mets le doigt dans l'œil. — Comme tu voudras. Je saisis l'enveloppe et en sortis délicatement la vieille feuille de papier, avant de la glisser sous le nez de Kreeg. Il observa le contenu. Cher Gustav, J'espère que vous allez bien, Alyona et toi. Je regrette de ne pas avoir pris de nouvelles aussi souvent que je l'aurais souhaité. La vie est difficile depuis la mort de Cronus. Comme tu le sais, l'Armée rouge suit nos moindres faits et gestes. Pour cette raison, j'aimerais te demander une faveur. Si tu lis ceci, cela signifie que le jeune Atlas est arrivé jusqu'à toi. C'est un messager de confiance qui porte sur lui un paquet d'une valeur inestimable. Gustav, tu es le seul parent qu'il me reste. Je dois te demander de garder ce paquet en lieu sûr, jusqu'à ce que les tensions s'apaisent, quand, je l'espère, nous ne serons plus épiés. Je te demande de ne pas déballer le paquet mais, si tu le fais, je sais que tu seras tenté de vendre l'objet pour toi. S'il te plaît, Gustav, malgré la tentation, n'oublie pas que j'ai deux garçons affamés à ma charge. Lorsque j'en osai sur la traces aurai la possibilité, je vendrai l'objet et te récompenserai dune belle commission. Si je te demande cela aujourd'hui, c'est que j'ai commis une erreur. J'ai informé un soldat bolchevique de son existence, et je crains qu'il vienne s'en emparer. Je te prie de bien vouloir confirmer à Atlas que tu acceptes de garder le paquet, après quoi il te le remettra. Merci, Gustav. Je suis persuadée de pouvoir compter sur ta loyauté. Affectueusement, Rhea Eszu Wg — Reconnais-tu l'écriture de ta mère? - Oui. Je ne doute pas qu'elle ait écrit cette lettre. Mais cela ne t'absout en aucune façon. Cela ne change rien. -J'espère que cela te permet de comprendre les événements de cette journée. Ce matin-là, ta mère m'a remis la lettre, puis une bourse en cuir qu'elle a attachée autour de mon cou. Je te jure que j'en ignorais le contenu. — Balivernes! Pourquoi ma mère t'aurait-elle confié une tâche aussi importante? Comme tu l'as admis toi-même, j'étais plus fort. Et j'étais la chair de sa chair. — Voilà précisément la raison pour laquelle elle m'a choisi, moi. C'était un trajet de plus de trente kilomètres par un froid glacial. Il n'était même pas certain que je survive à l'expédition. Elle te protégeait. - Une excuse qui t'arrange bien. - C'est la stricte vérité. Comme tu dois t'en sou-venir, tu n'étais de toute façon pas à la maison ces jours-là, puisque tu suivais des cours dans le village voisin. Une possibilité qui n'avait été offerte qu'à l'un d'entre nous. Si cela ne te prouve pas que ta mère n'avait que ton intérêt en tête, je ne sais pas ce qu'il te faut. Il souleva son pistolet de quelques centimètres. - Continue. Je déglutis avec difficulté. —Je me rappelle avoir ouvert la porte pour partir. Le vent soufflait si fort qu'il a failli me repousser à l'intérieur. Mais j'ai lutté et refermé la porte derrière moi. J'ai parcouru une centaine de mètres avant de les apercevoir. —Qui? - Les soldats. Les bolcheviques. Ils étaient cinq Je savais que leur présence était synonyme d'ennuis J'avais peur... alors je me suis précipité vers l'abri à charbon et m'y suis caché. Alors qu'ils s'approchaient de la maison, j'ai reconnu le chef de file, l'homme qui couchait avec ta mère. Ils ont tambouriné à la porte, mais ta mère n'a pas ouvert. Alors ils ont dégainé leur pistolet, ont tiré sur la poignée et sont entrés de force Je l'ai entendue hurler... (Je dus m'arrêter un instant pour me ressaisir, encore hanté par ce bruit dans mon esprit.) Puis ils ont retourné la maison. Ils ont fracassé les vases, les lampes, éventré les lits... tu te souviens des dégâts. — Oui, répondit Kreeg après un silence. —Ils ont fouillé longtemps. Mais ils ne pouvaient pas trouver ce qu'ils cherchaient, puisque je l'avais autour du cou. N'obtenant pas ce qui leur avait été promis, les hommes se sont énervés contre leur meneur, le traitant de menteur, le maudissant de les avoir amenés là. Ce qui a poussé celui-ci à s'en prendre ¿ ta mère. Elle a clamé son innocence, mais il ne l'a pas écoutée. Je l'ai entendue l'implorer... Elle disait qu'elle avait un fils, qu'il ferait de lui un orphelin.... racontal-je, les larmes aux yeux. Il y a eu une série de coups et les cris de ta mère se sont faits de plus en plus faibies, jusqu'à ce que le silence s'installe. Puis et à les hommes sont simplement partis, retournant dans La neige d'où ils étaient venus. Au bout d'un moment, 心g jai osé sortir de l'abri à charbon. J'avais si peur... Je suis entré et j'ai vu ce qu'ils avaient fait. Ils avaient détruit notre maison. J'ai appelé ta mère, mais je ne m'attendais pas à recevoir de réponse. Je l'ai trouvée à côté de l'icône que le tsarévitch avait offerte à ton père 1g. is. en remerciement de ses loyaux services. C'était l'arme que les hommes avaient utilisée, sans doute comme un dernier message de haine envers le tsar et toutes les personnes qui lui étaient associées. Kreeg pianotait sur la table. -Tu l'avais dans ta main quand je suis entré dans la pièce. - Oui. Je l'avais prise pour l'éloigner d'elle. C'est tout, je te le jure sur la vie de mes filles. Kreeg osa détacher son regard de moi pour le plonger dans la mer. -Je savais que quelque chose n'allait pas quand je me suis approché de la maison, parce que la porte était ouverte. Je suis entré sans un bruit, ignorant qui je découvrirais. Mais il n'y avait que toi. (Il se retourna pour croiser mon regard.) Te rappelles-tu ce que tu m’as dit. Je déglutis avec peine. — Je suis désolé, murmurai-je. - Je ne pensais pas que tu étais désolé pour ce que tu avais fait. Je pensais que tu étais désolé d'avoir ét surpris. — Tu t'es jeté sur moi, Kreeg, sans me laisset in temps de t'expliquer. Je me souviens encore de la fosse. avec la quelta is si puissache licône ensanglante de — Mais tu as lutté pour la récupérer... - Et tu m'as plaqué à terre. Kreeg se lécha les lèvres en se remémorant la scène. - Pendant la bagarre, ta chemise s'est déchirée. C'est là que j'ai vu la bourse en cuir. Je l'avais repéte à maintes reprises autour du cou de ma mère. J'ai alos compris ce que tu avais fait. Voleur. Assassin. - La différence entre nous, Kreeg, c'est que to savais pertinemment ce que contenait la bourse. Mo. non. — C'est ce que tu prétends. Oui, j'étais au courant pour le diamant. Moi aussi, je l'avais entendue en par-ler, en termes bien plus explicites. C'était ma voie de sortie. Mon ticket vers le salut. Et tu me l'as pris. Te m'as tout pris, souffla-t-il en secouant lentement le — Je suis parvenu à extraire la lettre de ma poche Pour l'agiter sous ton nez, et tu as essayé de m'étouffe — Ça a failli marcher. — Oui. Si je n'avais pas réussi à attraper lione. - Et à m'attaquer avec. - À me défendre avec... Je serais mort. — Nous y remédierons bientôt, Atlas. -Nous connaissons tous deux la suite. Pendant que tu étais sonné, je me suis enfui dans la neige. J'étais déjà habillé pour un long voyage. J'étais loin de me douter de la durée dudit voyage... — Lorsque j'ai repris mes esprits, je t'ai suivi à la porte. - Et les mots que tu as criés alors n'ont cessé de me hanter depuis. — Je te retrouverai, Atlas Tanit, où que tu te caches. Et je te tuerai, répéta Kreeg. Je hochai la tête. - J'ai couru aussi longtemps que j'en avais la force, afin de mettre autant de distance que possible entre toi et moi. J'ai fini par m'effondrer dans une grange abandonnée. Les souvenirs étaient si précis dans ma mémoire. C'était comme revivre chacun de ces instants doulou-reux. -J'étais terrorisé, Kreeg. J'étais seul au monde. Alors j'ai décidé d'essayer de retrouver mon père. Kreeg se caressa le menton. —C'est ce que j'imaginais. Je pensais que l'hiver sibérien aurait peut-être raison de toi... mais tu as survécu. Je n'ai jamais eu l'occasion de te demander comment. Il me regarda d'un air interrogateur. - Je l'ignore. Mon voyage à travers la Russie a duré dix-huit mois. Je savais que la Suisse se situait directement à l'ouest de Tobolsk, alors c'est par là je suis parti. - Comment savais-tu dans quelle direction tu allais? Je désignai le ciel. Voici le récit selon Kreeg désormais. Tioumen, Sibérie, 1918 Le règne du tsar Nicolas Il avait été caractérisé par un mécontentement croissant au sein de son peuple, qu'il n'avait réussi ni à calmer ni à étouffer. La colère avait été causée en grande partie par la répartition des terres dans le pays au profit de l'aristocratie. La majorité des Russes, profondément religieux, assistaient tous les dimanches à la messe où il était prêché que Nicolas était devenu tsar par la volonté de Dieu. Cependant, tandis que la famine s'installait, les congrégations se demandèrent peu à peu pourquoi leur dirigeant divin exigeait tant de terres et de pouvoir pour exercer ses fonctions, quand leurs familles mouraient de faim. Aussi le mouvement social-révolutionnaire commença-t-il à prendre de l'ampleur. Il culmina en février 1917 quand, à l'issue de nombreuses journées de protestation et de violents affron-tements, le tsar n'eut d'autre choix que de renoncer à sa couronne. Il passa le pouvoir à son frère, le grand-duc Michel Alexandrovitch. Mais celui-ci avait senti dans quelle direction soufflait le vent et refusa de monter sur le trône, déclarant qu'il ne le ferait que s'il obtenait un mandat démocratiquement. Par conséquent, un gouvernement provisoire fut formé, sous la houlette d'Alexandre Kerenski. La solu-rion initiale au problème de la monarchie, désormais inutile, semblait être l'exil. Après février, les opportunités d'asile paraissaient assez prometteuses. Toutefois, après des mois de débat, France et Royaume-Uni retirèrent leurs offres de résidence car la femme du tsar, Alexandra, était considérée comme une partisane de l'Allemagne. La question de l'avenir de la famille restait donc ouverte mais, sous Kerenski, les Romanov n'étaient pas en danger. Après la révolution, les membres de la famille royale furent escortés jusqu'à la résidence du gouverneur à Tobolsk où ils purent vivre confortable-ment, grâce à une subvention importante du gouverne-ment. En outre, plusieurs membres de la Cour avaient eux aussi eu la permission de les accompagner. Le tsar et la tsarine avaient ainsi choisi leurs compagnons les plus fidèles. Quelques mois plus tard, la révolution d'Octobre éclata. Le peuple était mécontent de la poursuite de l'engagement russe dans la Première Guerre mondiale et de la main de fer avec laquelle gouvernait Kerenski. L'Armée rouge bolchevique renversa le gouvernement provisoire et s'empara du pouvoir, plaçant Vladimir Lénine à la tête du nouveau régime. Soudain, les perspectives de la famille royale russe s'assombrirent. Les bolcheviques débattaient de son sort avec virulence: certains prônaient l'extradition, d'autres souhaitaient que la famille soit emprisonnée à vie, mais beaucoup désiraient son exécution pure et simple, afin d'éliminer ce qu'ils considéraient comme un cancer empêchant la véritable égalité entre les Russes. Après la prise du pouvoir par Lénine, toute sortie des Romanov de la résidence du gouverneur était contrôlée et minutée. La famille n'avait même plus le droit de se rendre à la messe le dimanche. Inutile de préciser que la subvention que lui avait accordée le gouvernement Kerenski fut supprimée, et des « produits de luxe » tels que le beurre et le caté disparurent du jour au lendemain de leur table. Les dirigeants du parti convinrent finalement que le mieux était d'organiser un simulacre de procès à Moscou pour Nicolas II, afin que les bolcheviques puissent démontrer leur pouvoir. Mais pour cela, ils avaient besoin du tsar vivant. Ce qui n'était pas garanti. Au sein des rangs infé-rieurs, le mécontentement au sujet du destin du tsar enflait et, en mars 1918, des factions rivales des bolcheviques descendirent sur Tobolsk. Craignant pour la sécurité de la famille royale, le gouvernement nomma un commissaire spécial pour l'emmener à Iekaterinbourg, une ville à plus de cinq cents kilomètres de là. Le commissaire Vasily Yakovlev et ses hommes entamèrent ce dangereux voyage au beau milieu de la nuit. Nicolas, Alexandra et leur fille aînée, Olga, furent tirés du lit à deux heures du matin, tout comme plusieurs membres de la Cour. Ils durent traverser des rivières à gué, changer régulièrement de voiture et échappèrent à plusieurs tentatives d'assassinat. Après deux cent cinquante kilomètres d'un trajet périlleux, ils atteignirent la ville de Tioumen, où Yakovlev réquisitionna un train pour les conduire plus vite à Iekaterinbourg. - Montez, aboya-t-il. - Très bien, répondit Nicolas en prenant Olga par la main. Alexandra les suivit. Lapetus Tanit, astrologue personnel du tsar et professeur du tsarévitch et de ses sœurs, plaça son bras autour de sa femme, Clymene, elle-même dame d'honneur de la tsarine. Clymene était enceinte et Lapetus avait passé le trajet à se préoccuper de son confort, car son terme était proche. Cependant, ils n'avaient d'autre choix que d'obéir aux ordres de Yakovlev. S'ils étaient restés à Tobolsk, la Garde rouge se serait occupée d'eux. Clymene voulut suivre Alexandra, mais grimaça au bout d'un seul pas. Lapetus lui saisit le bras. — Est-ce que ça va, ma chérie? — Oui, souffla-t-elle. Il est très actif aujourd'hui. — Halte! cria Yakovlev alors que le couple s'approchait du train. La famille uniquement. - Que voulez-vous que nous fassions? s'enquit Lapetus. - Montez dans cette voiture, répondit le commissaire en désignant un wagon de train à part, dépourvu de locomotive. — Sa Majesté est-elle au courant? Yakovlev se mit à rire. — Peu importe. Allez, montez, ordonna-t-il en levant son pistolet. — Est-ce nécessaire de pointer une arme sur une femme enceinte? demanda Lapetus d'un ton ferme. - Absolument, car, comme vous, elle sert aveuglément un horrible autocrate. Lapetus sentit une main sur son épaule. — Viens, mon ami. Allons-y. Cronus Eszu était un comte prussien et un membre fidèle de la Cour depuis l'ascension du père de Nicolas. Il enseignait la culture étrangère et les langues aux enfants du tsar. Comme Lapetus était chargé de la musique et des humanités, leurs leçons se recoupaient souvent et, au fil des années, les deux professeurs avaient noué une solide amitié. Cronus était marié à Rhea, elle aussi dame d'honneur d'Alexandra et, ensemble, ils avaient un fils de quatre ans, Kreeg. Beaucoup supposaient que le tsar Nicolas II n'appréciait pas autant Cronus que son père, mais qu'il avait décidé de le garder après la révolution en raison de son jeune fils, à qui il souhaitait éviter la mort. — Tu as raison, Cronus, répondit Lapetus. Avons-nous le choix, de toute façon? Il aida sa femme à monter dans la voiture avoisinante qui était obscure et humide. Lapetus prit Kreeg des bras de Cronus et le hissa à l'intérieur. — Voilà, mon bonhomme. Juste ciel, on gèle ici. — Oui. Bizarrement, c'est pire à l'intérieur qu'à l'extérieur, gémit Clymene. En tout, sept membres de l'entourage royal reçurent l'ordre de monter dans la voiture, notamment la couturière d'Alexandra et deux autres dames d'honneur. Une fois que tout le monde fut entré, un garde claqua la porte. Dehors, Yakovlev cria: — C'est parti! La locomotive siffla et de la vapeur commença à s’élever dans le ciel La tsarine a confié le diamant à Clymene. On apprend que Clymene se sépare d’atlas à la naisssance car elle est emmenée de force par l’armée Lapetus se retrouve à devoir aller en suisse pour demander de l’aide à sa famille. « Kreeg lança un regard contrarié à sa mère. — Est-il obligé de venir aujourd'hui? Il vient tout le temps, maintenant, se plaignit-il. — Oui, si tu veux avoir quelque chose dans ton assiette, marmonna-t-elle. — Qu'est-ce que tu dis? demanda Kreeg. — Rien. Oui, il faut que Maxim vienne. Peut-être pourriez-vous vous éclipser tous les deux. Cela fait un moment que tu n'as pas rendu visite à ton père, Kreeg. Vas-y. L'aîné des garçons baissa la tête. — Mais ça me rend triste. — Atlas te remontera le moral. Il est très doué pour ça, pas vrai? dit-elle en s'approchant pour ébouriffer le petit garçon. Prends ton violon par exemple, Atlas. Elle but alors une grande gorgée de la bouteille de vodka presque vide qu'elle tenait à la main. Cronus Eszu était mort environ quatre mois après le départ de Lapetus Tanit pour la Suisse. Faible et souffrant de malnutrition, il s'était simplement effondré dans la neige alors qu'il relevait ses pièges. C'est Atlas qui l'avait découvert. Il n'oublierait jamais le hurlement qu'avait poussé Kreeg quand il était revenu en courant pour chercher de l'aide. Quant à Lapetus, ils n'avaient pas eu de nouvelles. Il manquait terriblement à Atlas. Même s'ils évoquaient toujours son retour, ils savaient tous au fond d'eux quel destin l'avait frappé. Peu après la mort de Cronus, la situation s'était amé-liorée, quand Rhea avait pris un amant bolchevique du nom de Maxim, qui fournissait de la nourriture à mettre sur la table pour Rhea, la vodka dont elle dépendait désormais pour ne pas se laisser dépérir. Kreeg et Atlas enfilèrent gants, couvre-chef, écharpe et bottes fourrées et gravirent la colline où ils avaient enterré le père de Kreeg. Atlas savait combien son frère trouvait ces expéditions difficiles et tenta de le distraire en faisant la conversation. - À ton avis, qu'est-ce que tu feras quand tu seras grand? Kreeg renifla. - Le métier n'a pas d'importance, tant que je gagne beaucoup, beaucoup d'argent. Je veux une grande maison où il fasse bien chaud, avec des placards qui débordent de victuailles. — Voilà qui serait agréable. Moi, j'aimerais être le capitaine d'un bateau. Je pourrais nous emmener partout dans le monde. —Je croyais que tu voulais être musicien? — Oui ! Je pourrais peut-être combiner les deux ! L'enthousiasme d'Atlas fit rire Kreeg, pour la plus grande joie du plus jeune. — Pourquoi pas? On raconte qu'au moment du naufrage du Titanic, le quatuor à cordes continuait de jouer. Alors, quand ton bateau coulera, tu pourras jouer un morceau aux passagers. — Mon bateau ne coulera jamais, affirma Atlas avec fierté. - C'est ce qu'on disait à propos du Titanic... - D'accord, mais je serai bien plus prudent que le capitaine Smith. Kreeg..., implora Rhea. Maxim traversa la cuisine d'un pas lent, jusqu'à se retrouver nez à nez avec lui. - Et pourquoi donc, petit? — Parce que ce sont comme des phacochères autour d'un point d'eau. Après un silence tendu, Maxim rejeta la tête en arrière et éclata de rire. —Je suis un phacochère? Tu as entendu, Rhea? Ton fils me traite de porc! Alors, rapide comme l'éclair, Maxim gifla Kreeg avec une telle violence qu'il tomba à la renverse. - Kreeg! cria Rhea. - Rhea, les enfants doivent apprendre la politesse à l'égard de leurs aînés. (Il fit volte-face pour la regar-der.) N'est-ce pas? — Oui, Maxim, dit-elle en baissant les yeux. Kreeg, prends exemple sur Atlas. Maintenant, les garçons, allez vous coucher. Atlas s'élança vers Kreeg et l'aida à se relever. Son ami pleurait à chaudes larmes, ce qui était rarissime. Ce n'était que la deuxième fois qu'Atlas le voyait dans cet état, la première ayant été le jour de la mort de son père. Les garçons détalèrent dans leur chambre, qui n'était autre qu'un débarras aménagé. Maxim leur avait procuré un vieux matelas double qu'ils parta-geaient. Kreeg s'y laissa tomber et continua à pleurer en silence. Atlas s'assit à l'autre extrémité du matelas et lui saisit les genoux. Est-ce que ça va? C'était très rude. — Ça va, répondit-il. — Tu as été si courageux. D'ailleurs, je crois que je n'ai jamais vu personne faire preuve d'un tel courage. Kreeg roula vers lui. - C'est vrai? — Oui! Tu as traité Maxim de phacochère! s'exclama Atlas en souriant jusqu'aux oreilles. Kreeg s'essuya le nez sur sa manche. — T'as vu? — C'était incroyable! Kreeg haussa les épaules. - C'était rien. —Je crois que ton Papa serait très fier de toi. Kreeg baissa les yeux et garda un moment le silence. — Peut-être que demain je t'apprendrai la défense hippopotame. — Ce serait génial ! - D'accord. Bon, je suis fatigué. Essayons de dor-mir. Les garçons attrapèrent leurs couvertures au pied du matelas et posèrent la tête sur leur oreiller. Lorsque Kreeg se réveilla, il avait la bouche sèche et la langue douloureuse. Il avait terriblement soif. Il s'étira et décida d'aller prendre la carafe dans la cuisine de fortune. Leur chambre minuscule était plongée dans l'obscurité totale, mais il se guida à l'aide d'une lueur sous la porte. Il se leva et enjamba doucement Atlas, prenant soin de ne pas le réveiller. Au moment où il s'apprêtait à tourner la poignée, il entendit la voix étouffée de sa mère. Il fronça les sourcils. Hors de question qu'il risque une autre altercation avec Maxim. Au lieu de cela, il colla l'oreille contre le bois et écouta. - Alors, veux-tu bien le faire pour moi, Maxim? Kreeg n'avait jamais entendu sa mère bredouiller de cette façon. De toute évidence, elle était complètement ivre. —Je n'ai pas tout compris. Tu veux que je vende quelque chose? Maxim aussi parlait d'une voix étrange. Ils n'avaient pas dû lésiner sur la vodka depuis que les garçons étaient allés se coucher. - Un diamant des Romanov. Plus gros que tous ceux que j'aie jamais vus ! - Bah. Vends-le toi-même. — Tu sais bien que c'est impossible. Si j'essaie de le vendre à Tobolsk, cela m'associera aux Blancs. On comprendra mon lien avec les Romanov. Mais si tu le vends, toi, en tant que Rouge, on croira juste que... tu l'as volé. — Dis-moi, Rhea, comment t'es-tu retrouvée en possession d'un diamant des Romanov? — J'ai saisi une occasion qui s'offrait à moi. — Mais encore? — Lorsque le tsar et la tsarine ont été emmenés, les gardes ont laissé certains d'entre nous pourrir dans une voiture de train, notamment une femme enceinte jusqu'aux yeux. Une nuit, le travail a commencé et j'ai aidé à faire naître l'enfant: Atlas. Maxim sembla roter. _ Continue. — Alors qu'elle accouchait, j'ai senti une bosse dure dans la doublure de sa jupe. Je l'ai attrapée, j'ai vu ce que c'était, et je l'ai glissé dans ma poche. - Tu l'as volé? Rhea soupira. - Oui. — N'avais-tu pas peur des répercussions? —Je vis en Russie. Tout me fait craindre des réper-cussions. J'ai simplement fait ce que je pensais devoir faire pour survivre. En plus, la mère avait une vilaine hémorragie. Elle allait mourir. — Qu'est-il arrivé au père du garçon? - Je te l'ai déjà raconté, il nous a quittés pour aller chercher de l'aide. Il avait de la famille en Suisse. —C'était idiot de sa part. Il était impossible qu'il survive plus de trois jours dans ces conditions. - J'ai songé à rendre le diamant à Lapetus. Mais je me suis dit que si Clymene en avait parlé à son mari, il devait penser qu'elle l'avait emporté avec elle lorsqu'on l'avait emmenée de force le lendemain de l'ac-couchement. — Si tu le lui avais rendu, il aurait su que tu l'avais volé. - Exactement. — Alors, où est-il? — C'est un secret que je ne te confierai que lorsque tu accepteras de le vendre pour moi. Bien sûr, je te donnerai une belle commission. Plus tous les... suppléments que tu voudras. - Montre-le-moi. — Maxim, je ne peux pas... - Dis-moi où il est. _ Tu ne me crois pas? — J'aimerais juste le voir. —Il n'est pas ici. Ah non? - Non. Je l'ai rangé ailleurs par précaution. - Quel dommage. J'aurais bien aimé l'observer. Enfin bon. Il est tard. Il faut que j'y aille. Kreeg l'entendit se lever. — Maxim... cela reste entre nous, d'accord? Tu ne parleras à personne du diamant? - Bien sûr que non. À bientôt. Après quelques bruits de pas, Kreeg entendit la porte de la maison claquer. Renonçant à son verre d'eau, il se recoucha, le cœur battant. Ce qu'il venait d'apprendre changeait tout: une échappatoire à cette vie était possible, si sa mère avait dit la vérité. Il fixa le visage du garçon endormi qu'il considérait comme son petit frère. Maintenant que ses yeux s'étaient habitués à l'obscurité, il voyait sa poitrine s'élever et s'abaisser paisiblement. Malgré les pensées qui se bousculaient dans son esprit comme des rats déchaînés, il était certain d'une chose: Atlas ne devait en aucun cas découvrir ce qu'avait fait Rhea. » On apprend que Kreeg a capturé Ella. « - Quoi? Comment l'as-tu récupéré? Comme je te Tai dit, elle l'a laissé tomber sur le quai - l'ai reconnu le sac bleu. Un jeune garçon l'a envoyé sur le bateau au moment où celui-ci partait. Kreeg m'arracha le mot des mains pour l'examiner, plissant les yeux pour réussir à lire dans la lumière faiblissante du jour. Au bout de quelques secondes, ses lèvres minces se courbèrent en un sourire. -Je crois que je t'ai surestimé toutes ces années, Atlas. Ce billet est un message. « Kangourous, Respire, Et, Ella, Garde...» Si tu prends la première lettre de chaque mot, tu obtiens... Mon estomac se retourna. - Kreeg. (Il hocha la tête.) Mais cela signifie que.... Elle avait envoyé une lettre à Horst et Astrid, est-ce que ça aussi c'était un message codé? Mon Dieu, qu'est-ce que j'ai raté d'autre au fil des ans... (Je serrai les poings et me frappai les cuisses.) Je t'en supplie, dis-moi ce qui lui est arrivé. Kreeg s'appuya contre le dossier de sa chaise. - Elle est morte, trois ans environ après notre mariage. Une profonde douleur me déchira les entrailles. — Comment? m'écriai-je. Raconte-moi tout. Il faut que je sache. Il fit la grimace. — Elle n'a plus jamais été la même après... la nais-sance. Elle s'est affaiblie. Finalement, c'est la grippe qui l'a emportée. Le médecin disait que les malades doivent avoir la volonté de guérir. Ce n'était pas son cas. La naissance? Donc vous avez bien eu un enfant ensemble? Oh non, quel cauchemar. Je me pris la tête entre les mains. Kreeg demeura partaitement immobile. — Non. Nous n'avons pas eu d'entant ensemble. Je relevai la tête. — Quoi? Alors... ça veut dire que... —Oui. Peu après que j'ai emmené Ella, elle a découvert qu'elle attendait ton bébé. Ta gitane avait raison. Jétais pendu aux lèvres de Kreeg. — Qu'est-il arrivé à notre bébé? — Ella croyait que l'enfant était mort pendant la naissance. C'était une sale affaire - elle a été opérée à l'hôpital et était inconsciente. Pendant ce temps-là, j'ai élaboré un plan. Comme tu l'imagines, je n'avais aucune envie de me retrouver avec ton petit bâtard sur les bras. — As-tu assassiné mon enfant? De tes propres mains? Mon Dieu, mon DIEU ! Quel genre d'animal es-tu? —Je t'en prie, Atlas. Je ne suis pas totalement dépourvu de compassion. Même moi, je ne tuerais pas un enfant de sang-froid. J'ai laissé le bébé devant la porte d'un prêtre. Je l'ai remise entre les mains de ton Dieu adoré. -«Remise»? C'était donc une fille? - Oui. — La sœur disparue. Ma Mérope chérie... — J'ai vu une façon de te narguer aussi. J'ai placé la bague que tu avais offerte à Ella dans le couffin avec l'enfant, » On apprend qu’Atlas est toujours vivant et que Kreeg s’est suicidé « Maintenant, fous le camp, gronda Miles. Furieux, Zed traversa le gazon et regagna son bateau. Il fit vrombir le moteur et disparut. — Est-ce que tout le monde va bien ? s'enquit Ally. Maia? — Parfaitement, répondit-elle en toute sincérité, avant de s'élancer vers Floriano. Mon héros! - J'ai l'impression que mon poing va exploser, avoua-t-il avec un petit rire. C'est la première fois de ma vie que je frappe quelqu'un. — Floriano, merci d'avoir fait ce dont nous rêvions toutes depuis des années, dit Électra. Je n'en reviens pas qu'il soit venu. — La perle..., bafouilla CeCe. Il a la perle... Tiggy posa une main dans le dos de sa sœur. — Est-ce que ça va, Cee? — Elle est maudite, Tigs. Il y a des rumeurs... certaines d'entre vous s'en souviennent peut-être... — Oh, mon Dieu ! s'exclama Star. La perle maudite dont tu nous as parlé? La perle australienne? C'était celle-là ? — Oui. Je n'arrive pas à y croire... — S'il se refait, comme il dit... Quoi qu'il nous jette à la figure... nous nous occuperons de lui. Pas vrai? lança Maia. — Si, confirma Ally. Nous lui réglerons son sort. — Pas d'inquiétude, on ne le verra plus..., murmura CeCe. Tiggy regarda le lac. - Non, Cee. Tu as raison. — Écoutez, intervint Ally. Puisque nous sommes tous ensemble. « 

JT
Julie Turpinrated ★ 9/10
December 7, 2025

Merci Lucinda Riley pour cette saga

Joelle Petras
Joelle Petrasrated ★ 10/10
August 31, 2025

Impossible de le lâcher. Passionnant

Sylvie Bardy
Sylvie Bardyrated ★ 9/10
August 23, 2025

Une série qui s’achève en feu d’artifice. C’était génial, on se rappelle des tomes précédents et de l’histoire de chaque sœur. On découvre enfin l’histoire de Atlas. Bravo 👏

Christine SPACK
Christine SPACKrated ★ 10/10
July 24, 2025

Quelle épopée ! tellement triste de quitter cette famille

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