Taqawan - Cover

Taqawan

By Eric Plamondon

2019

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7.7/10

Bernard Schembri

Bernard Schembri rated ★ 7/10

Je mets l'avis du club en dessous. J'ai bien aimé c'est un livre sympa comme regarder un film policier dans un lieu original, j'ai eu l'impression de regarder un épisode d'une série danoise (the killing). On suit l'histoire d'un garde forestier québécois dans les années 80 qui va être embarqué dans une intrigue en voulant protégeant une jeune américaine qui s'est faite violée. Le livre donne beaucoup de place à la toile de fonds sur le contexte politique de l'oppression des Amérindiens et de la lutte politique indépendantiste québécoise. J'ai aussi beaucoup aimé que le livre soit entre coupé de passages sur la culture et les mythes des indiens Micmacs. J'ai écouté en livre audio, c'était bien lu mais j'avais l'impression que pour les dialogues l'accent Quebecois était mal fait et un peu cringe. Après c'était sympa mais c'est plus divertissant qu'un très bon roman. L'avis du club: Bonsoir à tous, voici le compte rendu du cercle prévôt du 9 octobre. Merci à Joel de nous accueillir! C’est une soirée animée, fluide, dans laquelle Takawan vient frayer. Olivier nous présente le livre d Éric Plamondon, puis les avis jaillissent dans l’eau vive. Le roman a tout d’abord attiré les lecteurs par la manière dont il met en lumière la logique des dominations successives : les Québécois, eux-mêmes dans une position de minorité face au pouvoir fédéral d’Ottawa, n’hésitent pourtant pas à imposer leurs règles aux communautés amérindiennes. Le livre offre ainsi une démonstration fine du paradoxe humain : il est difficile de comprendre l’oppression que l’on fait subir quand on se vit soi-même comme dominé. Le style d’écriture a été largement apprécié. Le va-et-vient entre courts chapitres nerveux, presque journalistiques — relatant les tensions et manifestations dans la réserve comme autant d’archives des années 80 — et des passages contemplatifs, notamment autour de la migration des saumons, donne au récit un rythme singulier. Beaucoup ont découvert, à travers cette structure, la complexité des relations entre les communautés autochtones et québécoises, sujet souvent méconnu. En revanche, un bémol revient fréquemment : la fin du roman, perçue par plusieurs lecteurs comme trop manichéenne et spectaculaire, presque “série B” dans son traitement. Cette conclusion, rassemblant des personnages caricaturalement violents ou corrompus, semble en décalage avec les moments plus subtils et nuancés du livre. Le personnage du garde forestier Yves incarne bien cette ambivalence réussie : figure plutôt positive, il en vient pourtant à tuer de sang-froid, rappelant que personne n’est tout à fait innocent. Il eût été possible, dans cette veine, d’imaginer d’autres personnages et une construction différente du roman, par exemple davantage de personnages équilibrés côté québécois. Une œuvre forte, habitée par le souffle de la nature, marquée par la lenteur majestueuse du cycle des saumons et traversée par les failles de l’humanité.

Summary

« Ici, on a tous du sang indien et quand ce n’est pas dans les veines, c’est sur les mains. » 11 juin 1981. Trois cents policiers de la sûreté du Québec débarquent sur la réserve de Restigouche pour s’emparer des filets des Indiens mig’maq. Émeutes, répression et crise d’ampleur : le pays découvre son angle mort. Une adolescente en révolte disparaît, un agent de la faune démissionne, un vieil Indien sort du bois et une jeune enseignante française découvre l’immensité d’un territoire et toutes ses contradictions. Comme le saumon devenu taqawan remonte la rivière vers son origine, il faut aller à la source... Histoire de luttes et de pêche, d’amour tout autant que de meurtres et de rêves brisés, Taqawan se nourrit de légendes comme de réalités, du passé et du présent, celui notamment d’un peuple millénaire bafoué dans ses droits. Fascinant... La littérature est là à son meilleur, dans sa capacité à croiser une multiplicité de regards et de discours. Chapeau ! Michel Abescat, Télérama. Une pépite ! Un roman noir, un récit historique, un pamphlet politique... Un livre qui refuse d’être figé ! Augustin Trapenard, 21 cm, Canal +. Follement romanesque, brillant, étincelant, glaçant par instants, un roman d’aventures au sens qu’en donnaient Jack London, Herman Melville et Joseph Conrad. Philippe Chauché, La Cause littéraire. Prix France-Québec 2018.

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