La vie liquide
2019
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Zygmunt Bauman
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Summary
La vie liquide est la vie prise dans le flux incessant de la mobilité et de la vitesse. Elle est le triomphe du consumérisme. Tout, y compris l'homme, devient objet de consommation, avec une date de péremption au-delà de laquelle ils deviennent jetables. Analysant les changements qui affectent l'individu, les nouveaux modes de la célébrité, les transformations de la culture ou encore la promotion de la sécurité comme valeur, l'auteur décrit ainsi la société en voie de liquéfaction avancée et avance des pistes pour imaginer un avenir plus vivable.
Avis et Commentaires
1 avisIntroduction P20 Dans le monde moderne liquide, loyauté est source de honte et non de fierté. Ex vieu tel portable : honte. Le déchet est le produit de base À grands défis de la société liquide: - le traitement des déchets - La menace de devenir un déchet Dans la vie liquide la distinction entre consommateurs et objets de consommation est trop souvent passagère et éphémère P24 Une réponse : l’éducation. Les éducateurs et les élèves doivent faire front contre la transformation de l’enseignement supérieur en une sphère commerciale Buts des éducateurs selon Richard Rorty (1989) : secouer les gamins et inculquer aux étudiants des doutes concernant leur propre image ainsi que la société qui est la leur C’est dans l’éducation que les espoirs des hommes et les chances de l’humanité sont inscrits, ils ne peuvent l’être ailleurs 1. L’individu assiégé P31 : Paradoxe, aporie de l’individu : « Être un individu » se traduit généralement par « être différent des autres », je suis donc appelé à me différencier et cette tâche est intrinsèquement en auto référence aux autres. Nous sommes poussés à chercher le « vrai moi » intérieur, non affecté par les pressions extérieures. Dur d’arriver à prononcer un verdict sur notre vrai moi, nous avons besoin de l’aide de quelqu’un pour comprendre. Mais nos ennuis ne s arrêtent pas au moment où nous trouvons cet aide (psychologue) En résumé, dans une société d’individus, nous devons être comme tous les membres de la foule pour être un individu, mais paradoxalement aussi se différencier des autres pour être un individu. L’individualité est donc accablée par une aporie inné, une insoluble contradiction. La société des individus fournit à ses membres, les moyens de vivre avec cette impossibilité Initialement, l’individu vient de l’indivisibilité, la plus petite partie constitutive de la population humaine. Ce « caractère unique », le fait d’être « différent des autres » a été ajouté à posteriori mais eurent tôt fait de conquérir l’espace sémantique du terme individu L’individualité représente aujourd’hui avant tout l’autonomie d’une personne, responsable de ses mérites et de ses défauts Bien que le droit et le devoir de choisir librement soient les prémices tacites de l’individualité, ils ne suffisent pas à garantir que le droit de choisir librement peut-être utilisé, et que donc la pratique de l’individualité correspondra aux motifs que requiert le devoir de la liberté de choix Le consumérisme est une stratégie pour répondre à la pourrie de l’individualité. Le fait de suivre la norme généralement respectée satisfait les demandes d’ individualité. Le conformisme, autrefois accusé d’étouffer l’individualité humaine, est le meilleur ami de l’individu. Exemple de slogan : sois toi-même - choisis Pepsi. La lutte pour le caractère unique est aujourd’hui devenue le principalmoteur de production et de consommation de masse. Pour enrôler cette soif de caractère unique au service d’un marché de la consommation de masse, une économie de consommation doit aussi être une économie d’objets à vieillissement rapide, une obsolescence quasi instantanée, par conséquent, aussi, celle des excédents et des déchets. Le caractère unique est désormais marqué et mesuré par la différence entre ce qui est « à la page » et ce qui est « dépassé ». La réussite dans la recherche du caractère unique dépend de la vitesse des coureurs à se débarrasser rapidement des choses qui ont été reléguées en deuxième division. L’individualisation crée ses malaises et ses mécontents. À côté de la chaîne de fabrication des consommateurs heureux s’en trouve une autre : la chaîne de fabrication, des disqualifiés du festin de la consommation et de la course à l’individualisation. Johan Reader : Si sur terre tout le monde vivait avec le même confort qu’un citoyen moyen d’Amérique du Nord, nous n’aurions pas besoin d’une seule mais de trois planètes pour les satisfaire tous. Nous n’avons guère de chance de trouver de nouvelles planètes en plus de la nôtre. du coup les perspectives de niveler par le haut les chances des résidants de la planète dans le cas de la société individualisé ne sont pas bien grandes. Dans cette situation, l’individualité demeure, et risque de le demeurer un bon bout de temps, un privilège. La quête d’identité est toujours tiraillée dans les directions opposées : elle navigue entre les extrêmes de l’individualité intransigeante et de l’appartenance totale. L’identité est source de danger potentiellement mortel temps pour l’individualité que pour la collectivité bien que l’une et l’autre se servent d’elle, comme une arme d’affirmation de soi. En résumé, la recherche des deux valeurs, liberté et sécurité, toutes deux avidement convoitées puisque indispensable à une vie digne et heureuse, convergent sur le discours actuel sur l’identité. Toute augmentation de liberté peut être lue comme une diminution de sécurité, et vice versa Quand les gens sont contrariés par des changements dans leurs conditions de vie, ou dans les règles du jeu de vie, c’est bien moins parce qu’ils n’ aiment pas les nouvelles réalités qui résultent du changement que par rapport à la manière dont elles le furent, c’est-à-dire sans qu’on leur ai demandé leur avis En simplifiant à l’extrême les choses, on pourrait dire qu’alors que les bénéficiaires de notre globalisation dangereusement instable, trop lourde au sommet et inéquitable, voient dans leur liberté débridée le meilleur moyen de réaliser leur propre sécurité, c’est dans une insécurité ignoble et lamentable, que leur victimes, visées ou collatérales soupçonnent que se trouve l’obstacle majeur à leur libération




