
Destinée arbitraire
Chloé a noté 9/10
Écriture de Desnos toujours aussi belle J'aime beaucoup la façon dont Desnos détourne les expressions J'adore le poème Soir, Si belle soyez-vous, La naissance d'un monstre, Étoile du Matin Très belle façon d'écrire l'amour en particulier celui qui n'est pas réciproque J'aime beaucoup les noms des différentes parties du recueil J'aime l'importance donnée aux saisons dans ce recueil J'adore les poèmes contre Hitler et ses partisans Mon poème préféré est Ce cœur qui haïssait la guerre Très jolie façon d'écrire ses réflexions sur la poésie La lettre à Youki est sublime ''Regret tu n'es que le grincement d'une clef dans une serrure à minuit.'' ''Je meurs au présent en écoutant la nudité des rêves interpréter à regret l'absence d'ambassadeurs qualifiés à leur bal costumé.'' ''Qui ferme ainsi la porte quand je veux oublier'' ''Où sont les fous à lier. J'ai crevé leurs prunelles tous les fous par milliers vous reparleront d'elles'' ''Où donc est-il ce coeur inconnu Ce cœur de ténèbres et d'éclairs Ce cœur d'orage Qui saigne le soir sur le lit des amants'' ''Ils rêvent que le crime rêvé Le crime, l'éternel crime d'amour Crève sur eux Crève et s'étoile et s'illumine, O torrents de flamme et d'eau'' ''Après vingt ans on est prié de dire son nom mais la postérité n'exige pas de carte d'identité à vos souhaits Les miens sont simples qu'on me donne à boire durant toute la mort qu'on me fiche la guerre.'' ''J'ai lu dans le journal un roman dont j'étais le héros toujours à l'aise quand il fait pluie. Mon cœur bat l'extinction des feux, Mes yeux sont la nuit.'' ''Peut-être le coeur bat-il toujours pour elle Il bat sûrement encore pour elle Mais il bat dans le silence'' ''Et si elle aussi a un cœur Un soir elle viendra à pas de loup Fermer ces yeux qui fixent son image dans l'obscurité Et mettre sur le silence de cet amour Le silence immense et sifflant du sommeil Mais alors elle apparaîtra dans un rêve Et tout sera à recommencer.'' ''Il est bonjour au cœur de lune'' ''Ma sirène est bleue comme les veines où elle nage'' ''J'espère que ma bouche à tels baisers soumise En vain n'aura jamais affronté ces baisers que les nuits où l'amour déchira ma chemise se déchiraient aussi pour nous éterniser'' ''Il était un grand nombre de fois Un homme qui aimait une femme Il était un grand nombre de fois Une femme qui aimait un homme Il était un grand nombre de fois Une femme et un homme Qui n'aimaient pas celui et celle qui les aimaient Il était une fois Une seule fois peut-être Une femme et un homme qui s'aimaient'' ''Vous n'aviez pas ces yeux ma chère Tout cet avril qui fut le nôtre J'y lis une phrase étrangère J'y vois le souvenir des autres'' ''L'éclair des beaux yeux s'éteindra'' ''Si belles soyez-vous avec vos lèvres à baisers toujours prêts avec vos lèvres de silence et de tumulte et douceur et cruauté avec vos lèvres trop habiles et parfois trop pressés'' ''Si belles soyez-vous Éloignez-vous de moi'' ''Je sais qu'il n'est jamais plus temps.'' ''A force d'aimer, je me suis perdu dans l'océan. Et quel océan ! Une tempête de rires et de larmes.'' ''On m'oubliera. Quelque jour, on ne saura plus mon nom, mais je saurai son nom.'' ''Je souhaite en vain l'apparition des guillontines, mais je ne puis offrir aux foules sanguinaires que mon désir de suicide. Révolution ! Tu ne brilleras qu'après ma mort, sur la place immense de marbre blanc qui recouvrira mon cadavre.'' ''Mais heureusement il me reste les étoiles, et la conscience de ma grandeur morale opposée aux milles obstacles que le monde apporte à mon amour.'' ''Rêvant croire à ce qu'on rêve Et rêvant garder la notion De la vie qui passe sans trêve Du soir à l'aube sans rémission.'' ''Une place pour les rêves Mais les rêves à leur place.'' ''Étés, puissants étés, votre nom même passe, Être et avoir été, passe-temps et printemps'' ''Agé de cent mille ans, j'aurais encor la force De t'attendre, ô demain pressenti par l'espoir.'' ''Si nous ne dormons pas c'est que pour guetter l'aurore Qui prouvera qu'enfin nous vivons au présent.'' ''En définitive ce n'est pas la poésie qui doit être libre, c'est le poète.'' ''Ventre palpitant de désirs, A tous baisers la gorge offerte.'' ''Velours, satins, sang et baisers, Tout est luxe, tout est horreur Dans les corps, d'amour embrasés, Dans les cœurs, sujets à l'erreur, Et quelque terrible mystère De la matière même, ô terre, Réunira, dans une étreinte, Les chairs aspirant à la plainte'' ''Car tout est nôtre, désormais Je suis ton monstre et ta réplique, Je suis la porte du palais, Je suis l'image symétrique Qui surgit, lorsque tu parais, Je suis ta rivale lubrique Et mon désir se faisait fuite Pour sentir ton souffle à ma suite.'' ''Déjà s'efface le portrait d'un monde que la mort harcèle et précipite.'' ''Tout est nuit, tout est mort, tout est seul, mais qu'importe Si l'on eut un instant, sous le soleil d'été, L'illusion de l'amour et de la plénitude.'' ''Adieu mémoire, adieu beaux noms de vos amours, Beaux sens adieu. Soyez muets, aveugles, sourds, Regrettez et pleurez vos corps qui se dispersent.'' ''Phèdre, ton souvenir l'épouse à la renverse.'' ''Tout au fond d'un cratère écrasant de vertiges Apparaîtrait l'étoile aux pointes de cristal, La rose du matin détachée de sa tige, La belle promeneuse au regard sans rival Robes de velours noir et diadème éclatant De la boue de comète à soie du corsage, Collier brisé laissant tomber tant de diamants Que l'herbe autour de moi pleure comme un visage Je t'enferme en mes yeux clos sur ta belle image Aux ténébreux jardins roués par les éclairs Que ta robe et tes pieds laissent sur leur passage Quand tu sors de la mer tumultueuse de l'air.'' ''Son nom naufrage pour jamais au cœur de l'été Automne, hiver, printemps, été Être être et avoir été'' ''D'autres saisons sur nous tombent en cendre.'' ''Ces gens de peu d'esprit et de faible culture Ont besoin d'alibis dans leur sale aventure.'' ''Car ces cœurs qui haïssaient la guerre battaient pour la liberté au rythme même des saisons et des marées, du jour et de la nuit.'' ''Les plus grands noms de notre époque (je parle des poètes) ne sont pas encore assurés d'une place supérieure au troisième rayon de la bibliothèque d'un érudit curieux de l'an 2000. Cela n'a d'ailleurs aucune importance. La grande poésie peut-être nécessairement actuelle, de circonstances... elle peut donc être fugitive.'' ''Notre souffrance serait intolérable si nous ne pouvions la considérer comme une maladie passagère et sentimentale.'' ''J'espère que cette lettre est notre vie à venir. Mon amour, je t'embrasse aussi tendrement que l'honorabilité l'admet dans une lettre qui passera par la censure. Mille baisers.''