L'homme qui lisait des livres - Rentrée littéraire 2025
2025
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Rachid Benzine
Guilaine Azam rated 8/10
Magnifique témoignage d’un vieil homme antiquaire autour de la guerre en Israël, Le Hamas.
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Summary
Entre les ruines fumantes de Gaza et les pages jaunies des livres, un vieil homme attend. Il attend quoi ? Peut-être que quelqu'un s'arrête enfin pour écouter. Car les livres qu'il tient entre ses mains ne sont pas que des objets – ils sont les fragments d'une vie, les éclats d'une mémoire, les cicatrices d'un peuple. Quand un jeune photographe français pointe son objectif vers ce vieillard entouré de livres, il ignore qu'il s'apprête à traverser le miroir. " N'y a-t-il pas derrière tout regard une histoire ? Celle d'une vie. Celle de tout un peuple, parfois ", murmure le libraire. Commence alors l'odyssée palestinienne d'un homme qui a choisi les mots comme refuge, résistance et patrie. De l'exode à la prison, des engagements à la désillusion politique, du théâtre aux amours, des enfants qu'on voit grandir et vivre, aux drames qui vous arrachent ceux que vous aimez, sa voix nous guide à travers les labyrinthes de l'Histoire et de l'intime. Dans un monde où les bombes tentent d'avoir le dernier mot, il nous rappelle que les livres sont notre plus grande chance de survie – non pour fuir le réel, mais pour l'habiter pleinement. Comme si, au milieu du chaos, un homme qui lit était la plus radicale des révolutions.
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42 reviewsÇa se passe dans un passé très proche mais qui pourtant paraît si loin, ce temps où les journalistes étrangers pouvaient circuler dans la Bande de Gaza, et y faire leur travail. Un certain Julien y officie en tant que photographe, un peu las de documenter les attaques qui n’ont de chirurgicales que le nom, les enfants en pleurs dans les décombres, les soldats blessés et les immeubles troués - je cite. Un jour où il erre en ville, Julien tombe sur une petite librairie bourrée de livres en plus ou moins bon état. Devant, un vieil homme lit en buvant du thé. Julien lui demande alors s’il peut le prendre en photo, mais celui-ci lui montre un tabouret à côté de lui, et en excellent français, lui répond: il doit d’abord lui raconter son histoire. En quelques chapitres comme autant de rencontres, le libraire qui se nomme Nabil Al Jaber raconte toute sa vie : sa naissance en 1948 au Sud-Est de Haïfa d’un père chrétien et d’une mère musulmane, toute la famille forcée de quitter le village en une nuit de violence, son enfance dans un camp insalubre et précaire d’Aqabat Jabr où il fréquente la mission chrétienne locale, l’arrivée dans un autre, plus grand, plus vaste ou il découvre le théâtre et tombe amoureux de sa future épouse, son passage par l'Université du Caire, son retour à Gaza, ses missions pour des organisations humanitaires et pour l’ONU, son fils de onze ans tué pendant une manifestation dans les années 90, le déluge en 2006 sur sa ville, la mort de sa femme, et puis sa librairie, enfin et surtout : la lecture, comme lieu de refuge, de pensée, d’émancipation et de révolte, parfois.
Résumé : Entre les ruines fumantes de Gaza et les pages jaunies des livres, un vieil homme attend. Il attend quoi ? Peut-être que quelqu'un s'arrête enfin pour écouter. Car les livres qu'il tient entre ses mains ne sont pas que des objets - ils sont les fragments d'une vie, les éclats d'une mémoire, les cicatrices d'un peuple. Quand un jeune photographe français pointe son objectif vers ce vieillard entouré de livres, il ignore qu'il s'apprête à traverser le miroir. " « Tu crois que les mots vont nous sauver, Nabil ? » me demande mes amis. Je leur répondais que oui. Je n’en suis plus sûre. Je dirais qu’il sauve en silence. La réalité est la même, rien ne renverse l’oppression, mais l’esprit, lui, s’envole. » « Nabil, tu n’es plus un simple lecteur. Tu es devenu un porteur de savoir. Continue à transmettre. » « Là, des mots griffonnés à la hâte, au crayon à papier. Ils vacillent comme s’ils s’étaient échappés, d’un tourment trop brûlant pour être dompté. Certaines phrases biffées violemment, laissent derrière elle, des cicatrices graphiques, témoin d’un doute où d’un reniement. » À l’évidence, il s’agit de citations. Chaque texte, simple phrase où long paragraphe, est entouré de guillemets. Le respect du à l’auteur sans doute. Les margent portent des éclats de pensées. Des étoiles, tracées nerveusement. Des points d’exclamations jetés comme des éclats de verre. Des dates éparses marquant l’instant ou un verre, une idée à saisir, le scribe à la gorge. À certains endroits, des lettres s’effacent, devenues fantômes, effleurées 1000 fois par les doigts qui revenaient là encore, et encore, comme pour conjurer une vérité, enfouie ou exhumer des tempêtes intimes.
Cadeau de maman. Magnifiquement écrit. Poignant. L’horreur dans sa plus grande simplicité.
La vie d’un palestinien de 1947 à 2025 qui vous prend aux tripes. On entre dans la vie de tous les jours d’un homme, si semblable à toutes les autres. À travers cette vie l’histoire du peuple palestinien depuis la création d’Israel. Parfois j’aurais aimé que l’auteur reste plus longtemps sur le moment, donne plus de détails .
Magnifique témoignage d’un vieil homme antiquaire autour de la guerre en Israël, Le Hamas.