L'Amant de la Chine du Nord
Marguerite Duras
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Summary
"J'ai appris qu'il était mort depuis des années. C'était en mai 90 (...). Je n'avais jamais pensé à sa mort. On m'a dit aussi qu'il était enterré à Sadec, que la maison bleue était toujours là, habitée par sa famille et des enfants. Qu'il avait été aimé à Sadec pour sa bonté, sa simplicité et qu'aussi il était devenu très religieux à la fin de sa vie. J'ai abandonné le travail que j'étais en train de faire. J'ai écrit l'histoire de l'amant de la Chine du Nord et de l'enfant : elle n'était pas encore là dans L'Amant, le temps manquait autour d'eux. J'ai écrit ce livre dans le bonheur fou de l'écrire. Je suis restée un an dans ce roman, enfermée dans cette année-là de l'amour entre le Chinois et l'enfant. Je ne suis pas allée au-delà du départ du paquebot de ligne, c'est-à-dire le départ de l'enfant." Marguerite Duras.
Avis et Commentaires
6 avisJai trouvé que la façon d’écrire, comme si on lisait la description d’un film, était très intéressante et ça m’a beaucoup plut. Ça a donné une vrai dimension poétique et sensible. J’ai pas compris toutes les interventions dans les astérisques que j’ai parfois trouvé déplacés, on aurait dit que l’autrice faisait son autopromo parfois, et ça m’a dérangé dans la lecture. Quand à l’histoire, je ne sais qu’en penser. J’ai aimé le fait qu’il n’y ait pas de nom. Qu’on appelle l’enfant une gamine de 15 ans. Parce que dans l’histoire c’est une enfant. Peu importe les comportements d’adulte qu’elle a. L’histoire m’a pas choqué, je me suis même reconnu dedans. J’aurais clairement pu écrire ce livre. Mais pour autant, est-il romancé de la bonne façon, n’était il pas nécessaire d’apporter de la nuance, si ce n’est dans la préface ? Parce qu’une gamine de 15 ans qui couche avec un mec de vingt sept ans c’est même dis dans le livre que ca n’est pas légal. Et une sœur qui couche avec son frère ? Par contre j’ai beaucoup aimé les moments très doux avec Hélène, l’amie de l’enfant. « Elle Donne envie de t’aimer, ta mère, d’aimer son enfant » « On aurait pu dire, oui, qu’il l’avait aimé comme un fou à en perdre la vie. Et que maintenant il n’aimait plus que le savoir stérile de cet amour, celui qui fait souffrir. » « il l’adore. Il lui dit : – je t’adore, il n’y a rien à faire – il sourit – même avec la souffrance. » « Silence. Avec brutalité elle se met sur lui. Reste là, conte son corps. Ils pleurent. Elle dit, elle demande : - On ne se reverra jamais. Jamais ? - Jamais. - À moins que... - Non. - On oubliera. - Non. - On fera l'amour avec d'autres gens. - Oui. Les pleurs. Ils pleurent, tres bas. - Et puis un jour on aimera d'autres gens. - C'est vrai. Silence. Ils pleurent. -Puis un jour on parlera de nous, avec des nouvelles personnes, on racontera comment c'était. - Et puis un autre jour, plus tard, beaucoup plus tard, on écrira l'histoire. - Je ne sais pas. Ils pleurent. - Et un jour on mourra. - Oui. L'amour sera dans le cercueil avec les corps. - Oui, Il y aura les livres au-dehors du cercueil. - Peut-être. On ne peut pas encore savoir. Le Chinois dit : - Si, on sait. Qu'il y aura des livres, on sait. Ce n'est pas possible autrement. » « Elle dit que peut-être une fois il se reverrons. Plus tard. Dans des années. Une seule fois beaucoup de fois. Il demande pourquoi faire se revoir. Elle dit : - Pour savoir. - Quoi ? - Tout ce qui se sera passé dans notre vie, à toi et moi… Silence. »
Résumé "J'ai appris qu'il était mort depuis des années. C'était en mai 90 (...). Je n'avais jamais pensé à sa mort. On m'a dit aussi qu'il était enterré à Sadec, que la maison bleue était toujours là, habitée par sa famille et des enfants. Qu'il avait été aimé à Sadec pour sa bonté, sa simplicité et qu'aussi il était devenu très religieux à la fin de sa vie. J'ai abandonné le travail que j'étais en train de faire. J'ai écrit l'histoire de l'amant de la Chine du Nord et de l'enfant : elle n'était pas encore là dans L'Amant, le temps manquait autour d'eux. J'ai écrit ce livre dans le bonheur fou de l'écrire. Je suis restée un an dans ce roman, enfermée dans cette année-là de l'amour entre le Chinois et l'enfant. Je ne suis pas allée au-delà du départ du paquebot de ligne, c'est-à-dire le départ de l'enfant." Marguerite Duras. Auteur(e) Marguerite Duras





