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Faire de la place

2025

Karine Sahler

Nath LP

Nath LP envisage de faire

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Summary

Si nous sommes beaucoup à nous sentir épuisé·es, à ressentir le besoin de ralentir sans jamais y parvenir, c’est peut-être parce que nous sommes encombré·es : d’objets, d’injonctions, d’urgences, d’informations, de bruits, de choses à faire... Cette accumulation nous étouffe. Face à cet encombrement, aussi bien matériel que psychique, les méthodes de rangement ne suffisent pas. Car elles n’en interrogent pas les causes profondes, inscrites dans une culture qui valorise la consommation, l’accélération et la performance permanente. Avec Faire de la place, Karine Sahler nous montre comment enfin ouvrir un espace dans nos têtes et dans nos vies. Agrégée de géographie et diplômée du Master d'Expérimentation en Arts Politiques dirigé par Bruno Latour, Karine Sahler a enseigné une dizaine d’années avant de co-fonder une compagnie théâtrale où elle s'est investie dans des créations qui questionnent la société, la violence et l'environnement. Artiste féministe et engagée, elle développe aujourd'hui de nombreux projets mêlant art, réflexion sociale et sensibilisation aux grands enjeux actuels, comme les crises environnementales et sociales.

Avis et Commentaires

2 avis
Victoria Sanaa
Victoria Sanaaa noté ★ 7/10
4 décembre 2025

1/ Trier pour se désencombrer Faire de la place à ce que nous possédons Faire de la place à ce qui nous occupe - Ce à quoi on passe OU NON notre temps, c’est ce à quoi ressemble notre vie. - Les ressources financières, culturelles, éducationnelles, relationnelles, psychologiques permettant à chacun de choisir sont inégales. - « Le reste attendra » : donner la priorité. - Savoir où l’on va, avoir une direction, nos actions suivront. Faire de la place à ce qui nous agite - On est encombrés de notifications, contenus (musique, podcast, séries…). On ne sait plus attendre sans téléphone, actualiser ses applis ! - Le besoin d’être informé, au courant… - Discuter avec des personnes ayant une opinion différente, ok. Supporter un discours médiatique qui promeut la violence, les fake news, la haine, etc, non. - Méditation ! - On peut changer nos pensées, alors que les circonstances ou notre environnement ont une force d’inertie beaucoup plus grande. L’objectif est de gouverner notre intériorité, notre maison intérieure ! 2/ Pourquoi sommes-nous si encombrés ? - Les tâches domestiques, manuelles, du soin sont déconsidérées. La vie intellectuelle, politique, « dans le monde », est plus noble que la vie matérielle. - Celle-ci est d’ailleurs souvent assignée aux femmes ! Mais là où « dans le monde », on peut laisser une trace, celui qui reste à la maison, travaille à l’usine ou la caisse, ne laisse pas de trace sur le monde extérieur. Que reste-t-il des petits gestes mille fois renouvelés de la petite enfance ? Une maison mal entretenue montrer les défauts des gestes qui n’ont pas été faits, la maison où tout roule rend invisible les gestes nécessaires à ce résultat. - Société de consommation. 3/ Quelles solutions pour sortir du système politique et économique responsable de notre encombrement matériel et mental ? Changer le mode de vie - Elles ne sont pas technologiques ! Nous devons réapprendre à faire des choses ensemble, nous organiser, à mutualiser, cultiver, garder des graines, réparer les objets, coudre, tricoter, fabriquer des vêtements, enseigner aux enfants, connaître plein de choses par cœur (histoires, recettes, chansons, plantes). Changer les mots : pas consommer mais manger, pas faire garder mais confier… - Tout lâcher = modes de vie alternatifs. Demandent des ressources (penser autrement, quitter son emploi). Quid des personnes qui démissionnent alors que d’autres gardent le navire de l’école, de l’hôpital ? 150000 profs en moins depuis 2016. Mais c’est alternatives permettent d’élargir nos imaginaires, donner l’exemple d’un modèle différent. - Récupération capitaliste de l’aspiration des urbains à se ressourcer à la campagne (exotisation, ignorance des personnes qui vivent dans ces endroits…) - Agir dans, avec = renoncer, refuser la performance et l’accumulation. Refuser le gratuit et jetable, les emballages, les cadeaux non sollicités. Refuser de parvenir : refuser le jeu de la compétition, de l’accumulation, de l’épuisement, du succès individuel ; concrètement, habiter dans plus petit pour avoir moins de charge, travailler moins, gagner moins, prendre le temps. Pas facile ! Car pas la satisfaction d’une vie intégrée full système, ni celle d’une vie radicale. - Je me sens souvent en défaut, vis à vis de la réussite que j’aurais pu avoir (financière), d’un certain féminisme (désir de couple), de mes convictions écolos (choix pas radicaux) et politiques (pas assez engagée). - Dur de négocier entre nos envies de profiter de ce qui est chouette dans notre vie actuelle (nourriture en choix et en quantité en permanence), et notre conscient de ce que nous devons faire fonction d’exemples pour ceux qui sont autour et après nous ? => Ne plus chercher l’expérience parfaite de la vie. Exigeant et détendu, responsable et doux. Mille nuances entre le choix radical et l’adhésion. Changer l’attitude Se reposer - Le repos est souvent vu comme individualiste ou inutile. Sauf que, épuisés, les corps ne servent à rien. Quand on appartient à un espace discriminé, on sait combien l’exploitation est inscrite dans le corps (privations, violences, viols, laissant des traces physiques et psychiques). - Nous avons intégré dès notre plus jeune âge les exigences de production et de compétition, de circulation et de consommation qui caractérisent notre monde, en niant nos besoins physiques et conditionnant notre valeur personnelle à notre productivité. Le repos est un déconditionnement culturel ! Le repos est un privilège pour ceux qui peuvent se l’accorder. - Se reposer, c’est faire place à notre corps. C’est aussi rêvasser, dormir, laisser nos pensées vagabonder. - Ne pas malmener son corps, arrêter de « tenir le coup », prendre le temps de faire le ménage tranquillement, la sieste avec les enfants, se coucher tôt, se remettre d’un accouchement ou d’un problème de santé. - Il faut briser le cycle des to-do-list, arrêter de laisser filer le temps, sortir de la course où le temps est toujours derrière nous, toujours passé, ne plus inscrire le repos (ex : une marche) comme une tâche à fière. Le reps est un temps hors-mesure, hors du calcul, de l’utilité ! Se réapproprier le vivant - Faire attention à ce qu’on mange, aux choses qui nous entourent, à ce dont lequel on vit : ce sont les supports de notre vie même ! Déléguer tout ce qui relève du soin, de l’alimentation, du logement, de l’habillement, etc, cela nous éloigne de la conscience de notre vie, de notre matérialité extérieure à notre corps, de notre façon d’être au monde. - La nature, le vivant, se reconnecter. Repenser la subsistance - Avoir à deux des vies professionnelles à l’extérieur de la maison et prendre soin de nos vies, c’est impossible. C’est pour ça que la ré appropriation du travail de la subsistance est indissociable d’une réflexion globale sur le travail (semaine de 4 jours, revenu universel). Penser depuis le geste - Nous avons des gestes mécaniques, machinaux. Faire du geste en pleine conscience. - Le moment présent. Penser aux meilleurs (pires) moments de la journée. Reprendre sa liberté - L’enjeu est de reprendre notre liberté, individuelle et collective. Se reconstruire des espaces de liberté dans un système qui nous tue. - Endoctrinement intellectuel et spirituel : le régime capitaliste nous impose un temps contraint et une grande violence sociale, qui fait que l’on renonce à la jouissance du temps, en faisant triompher les valeurs de travail et de dévouement.

HE
Hiba El Youssoufia noté ★ 10/10
16 novembre 2025

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