L'art de se connaître soi-même
2015
Clement Pedrosa a noté 7/10
Notes De quoi il s’agit Ce n’est pas un traité classique de Schopenhauer, mais un recueil de notes privées, souvenirs, maximes, “instructions pour l’action” et observations sur lui même. Le texte vient d’un “cahier secret” longtemps perdu puis reconstitué par Franco Volpi grâce à un travail philologique.  Le rôle de Volpi (préface) Volpi replace l’injonction “Connais toi toi même” dans la longue histoire de la philosophie comme art de vivre, de l’Antiquité (Socrate, stoïciens) à une pratique quotidienne du soin de soi. Il insiste sur le fait que Schopenhauer ne traite pas seulement le thème de manière théorique, il l’applique à sa propre conduite.  Le fil rouge chez Schopenhauer 1. Se connaître, c’est reconnaître son “caractère” et ses limites Pour Schopenhauer, le gain de lucidité vient d’une observation sans fard de ce qu’on est réellement, tempérament, besoins, capacités, vulnérabilités, et de l’écart entre ce qu’on croit être et ce qu’on est. 2. Vocation intellectuelle et mise à distance du monde Il justifie une position de retrait, moins par misanthropie “gratuite” que par l’idée d’une mission intellectuelle tournée vers la vérité. Cela entraîne une vie plus solitaire, avec une “famille spirituelle” faite d’auteurs et d’esprits choisis.  3. Règles de conduite pour “rendre la vie aussi agréable que possible” Le livre se lit comme un bréviaire personnel. On y trouve des conseils de comportement, des rappels de prudence, des principes de vie.  4. Maîtriser le désir, privilégier la connaissance Une maxime revient comme une boussole pratique, vouloir moins, connaître plus. Elle résume l’idée que la souffrance augmente avec l’attente, l’ambition, la comparaison, et diminue avec la sobriété du vouloir et la clarté de l’esprit.  5. Lire les relations sociales avec lucidité Schopenhauer propose des “techniques” de distance mentale. Politesse, tact, contrôle de soi servent de protections. Il déconseille de chercher son identité dans le regard des autres, et pousse à voir dans leurs réactions un révélateur de leur nature à eux.  6. Autobiographie morale et ironie Le ton est souvent ironique, parfois féroce. Il s’observe, se juge, se raconte. L’ironie sert à désamorcer les blessures d’ego et à garder le monde à la bonne distance.  7. Pessimisme “pratique”, pas seulement théorique On retrouve le Schopenhauer pessimiste, mais vécu au quotidien. Les notes décrivent comment il transforme ce diagnostic sombre sur les humains et la société en stratégie de survie intérieure.  Ce que tu emportes en refermant le livre Une méthode de lucidité centrée sur l’auto observation et l’hygiène mentale, avec une morale de la retenue, un art de la distance, et une idée directrice simple, moins de vouloir pour moins souffrir, plus de comprendre pour être plus libre, autant que possible.
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Summary
Commencé en 1821, inédit en français, ce petit « livre secret » de Schopenhauer composé de notes autobiographiques, de souvenirs, de maximes et de règles de vie distille sa sagesse de la vie. Un petit manuel utile pour se connaître soi-même et pour rendre moins difficile la vie avec les autres. « Vouloir le moins possible, connaître le plus possible, a été la maxime qui a guidé ma vie » Schopenhauer.
Avis et Commentaires
1 avisNotes De quoi il s’agit Ce n’est pas un traité classique de Schopenhauer, mais un recueil de notes privées, souvenirs, maximes, “instructions pour l’action” et observations sur lui même. Le texte vient d’un “cahier secret” longtemps perdu puis reconstitué par Franco Volpi grâce à un travail philologique.  Le rôle de Volpi (préface) Volpi replace l’injonction “Connais toi toi même” dans la longue histoire de la philosophie comme art de vivre, de l’Antiquité (Socrate, stoïciens) à une pratique quotidienne du soin de soi. Il insiste sur le fait que Schopenhauer ne traite pas seulement le thème de manière théorique, il l’applique à sa propre conduite.  Le fil rouge chez Schopenhauer 1. Se connaître, c’est reconnaître son “caractère” et ses limites Pour Schopenhauer, le gain de lucidité vient d’une observation sans fard de ce qu’on est réellement, tempérament, besoins, capacités, vulnérabilités, et de l’écart entre ce qu’on croit être et ce qu’on est. 2. Vocation intellectuelle et mise à distance du monde Il justifie une position de retrait, moins par misanthropie “gratuite” que par l’idée d’une mission intellectuelle tournée vers la vérité. Cela entraîne une vie plus solitaire, avec une “famille spirituelle” faite d’auteurs et d’esprits choisis.  3. Règles de conduite pour “rendre la vie aussi agréable que possible” Le livre se lit comme un bréviaire personnel. On y trouve des conseils de comportement, des rappels de prudence, des principes de vie.  4. Maîtriser le désir, privilégier la connaissance Une maxime revient comme une boussole pratique, vouloir moins, connaître plus. Elle résume l’idée que la souffrance augmente avec l’attente, l’ambition, la comparaison, et diminue avec la sobriété du vouloir et la clarté de l’esprit.  5. Lire les relations sociales avec lucidité Schopenhauer propose des “techniques” de distance mentale. Politesse, tact, contrôle de soi servent de protections. Il déconseille de chercher son identité dans le regard des autres, et pousse à voir dans leurs réactions un révélateur de leur nature à eux.  6. Autobiographie morale et ironie Le ton est souvent ironique, parfois féroce. Il s’observe, se juge, se raconte. L’ironie sert à désamorcer les blessures d’ego et à garder le monde à la bonne distance.  7. Pessimisme “pratique”, pas seulement théorique On retrouve le Schopenhauer pessimiste, mais vécu au quotidien. Les notes décrivent comment il transforme ce diagnostic sombre sur les humains et la société en stratégie de survie intérieure.  Ce que tu emportes en refermant le livre Une méthode de lucidité centrée sur l’auto observation et l’hygiène mentale, avec une morale de la retenue, un art de la distance, et une idée directrice simple, moins de vouloir pour moins souffrir, plus de comprendre pour être plus libre, autant que possible.