
Déserter
2023
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Mathias Enard
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Summary
Quelque part dans un paysage méditerranéen orageux familier et insaisissable, en marge d’un champ de bataille indéterminé, un soldat inconnu tente de fuir sa propre violence. Le 11 septembre 2001, sur la Havel, aux alentours de Berlin, à bord d’un petit paquebot de croisière, un colloque scientifique fait revivre la figure de Paul Heudeber, mathématicien est-allemand de génie, disparu tragiquement, resté fidèle à son côté du Mur de Berlin, malgré l'effondrement des idéologies. La guerre, la désertion, l’amour et l’engagement... le nouveau roman de Mathias Enard – vif, bref, suspendu – observe ce que la guerre fait au plus intime de nos vies.
Avis et Commentaires
21 avisLa partie concernant les paysages méditerranéens est digne des plus grands textes écrits sur le sujet mais celle sur les camps et la déportation est indigeste car ponctuée de détails précis qui ne servent pas le sujet.
Déserter, le nouveau roman de Mathias Enard, alterne l’histoire d’un soldat en rupture d’une guerre contemporaine et celle d’un mathématicien allemand, de la montée du nazisme jusqu’à l’effondrement des États communistes. Les guerres mettent en dialogue ces deux récits, comme si l’Europe n’avait toujours pas fini de payer le prix de ses impérialismes et de ses idéologies. Dans ce livre assez court qui pose plus de questions qu’il n’assène de réponses, l’écriture de Mathias Enard se fait somptueuse et presque poétique. Peut-être parce que, quand la raison ne suffit plus, la littérature, la poésie, est le moyen qui reste pour appréhender ce qui nous arrive.
Très belle écriture mais les deux récits enchevêtrés d'un soldat déserteur d'une guerre inconnue et de sa rencontre avec une femme chassée et celui d'un mathématicien communiste, de son amour pour sa femme, devenue agent double pour lui et de leur fille face à leur histoire et leurs secrets m'ont un peu perdue, voire peu intéressée... Dommage !
La si belle langue de Mathias Enard, la nostalgie qu’elle charrie comme un voile derrière elle, le brin d’exotisme comme une épice, un piment, qui tinte au creux du texte, les mots, les mots, les mots, qui volent, s’arrêtent, trainent et s’étirent. Le vocable inconnu comme un diamant posé sur le texte, la chair rose et tendre où on devine le sourire gourmand de l’homme qui aime. ME entre les guerres, entre les lignes, glorifie la désertion qui humanifie le guerrier, héroïse la traitre et magnifie les mathématiques. Voyage en Allemagne, désertion en Croatie pour mourir en Espagne. Sublime texte comme toujours avec ME.
J’ai aimé ce livre. Deux histoires qui se déroulent en parallèle, je ne suis pas sûr d’avoir bien compris le lien entre les deux histoires. L’histoire d’un déserteur dans les montagnes qui rencontre une femme qui a été tondu et petit à petit, sa rédemption. L’histoire d’un couple allemand communiste racontée par leur fille au moment de la guerre de 1940, la fille remonte le fil de l’histoire de ses parents et découvre que sa mère a été agent double pour l’Allemagne de l’Est ce qui a probablement aidé, son mari qui était un mathématicien de haut vol.
Des longueurs et trop de digressions mathématiques inintelligibles pour les néophytes. Une histoire parallèle de déserteur dont on ne comprend pas le rapport avec le reste. Une fin obscure. Seule la poésie de l' écriture habituelle de l' écrivain demeure plaisante.





