
La Disparition d’Hervé Snout
2024
•
Olivier Bordaçarre
Marine Divine Caquot a noté 7/10
Roman social saignant et engagé qui emprunte aux codes du polar. À la fois absurde et réaliste offrant plusieurs niveaux de lecture, ce roman peut être lu avec un œil de sociologue, un œil militant et engagé dans la cause animale et la lutte des classes, ou encore comme un roman noir avec des personnages incarnés et des dialogues enlevés et percutants à la Michel Audiard. C'est l'anniversaire d'Hervé, et Odile a préparé le bœuf bourguignon. Des heures qu'il glougloute dans la marmite mais Hervé, le directeur des abattoirs, se fait attendre. L'angoisse monte chez les Snout. Tant pis : Eddy, dévore son assiette et sa sœur, Tara profite de l'absence de son père pour affirmer son végétarisme, rien ne va plus. Une enquête va commencer, pour la forme... Avec une langue riche mêlant ironie et poésie, humour et tragédie, Olivier Bordaçarre taille dans le lard du capitalisme, décortique le milieu du travail et ses aliénations, démonte le virilisme, offre un regard à juste distance sur l'adolescence, la famille et les rapports de l'humain à l'animal. Structuré par un découpage original et cinématographique à l'aide de scènes qui se succèdent : un lieu, un décor, un personnage, un registre de langage, un repère temporel - avant ou après la disparition d'Hervé.
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Summary
Odile Snout s’affaire dans la cuisine de son pavillon cossu. Le bœuf bourguignon qui a mijoté toute la journée est prêt. Avec ses deux adolescents, elle attend son époux, dont on fête ce soir-là l’anniversaire. Les heures passent et Hervé ne se montre pas. Quelque chose ne tourne pas rond chez les Snout et l’angoisse commence à monter. Le lendemain matin, à la gendarmerie, le lieutenant ne semble pas inquiet. Hervé finira par rentrer chez lui, et reprendre son travail. On a bien le droit de disparaître. De sa langue incisive d’où émerge une poésie du quotidien, Olivier Bordaçarre brosse une analyse glaçante du monde du travail, du couple et de la famille.
Avis et Commentaires
8 avisTrès bon roman bien documenté sur les abattoirs et avec de nombreux clins d’œil littéraire en particulier à Perec ( pas de w).
Roman social saignant et engagé qui emprunte aux codes du polar. À la fois absurde et réaliste offrant plusieurs niveaux de lecture, ce roman peut être lu avec un œil de sociologue, un œil militant et engagé dans la cause animale et la lutte des classes, ou encore comme un roman noir avec des personnages incarnés et des dialogues enlevés et percutants à la Michel Audiard. C'est l'anniversaire d'Hervé, et Odile a préparé le bœuf bourguignon. Des heures qu'il glougloute dans la marmite mais Hervé, le directeur des abattoirs, se fait attendre. L'angoisse monte chez les Snout. Tant pis : Eddy, dévore son assiette et sa sœur, Tara profite de l'absence de son père pour affirmer son végétarisme, rien ne va plus. Une enquête va commencer, pour la forme... Avec une langue riche mêlant ironie et poésie, humour et tragédie, Olivier Bordaçarre taille dans le lard du capitalisme, décortique le milieu du travail et ses aliénations, démonte le virilisme, offre un regard à juste distance sur l'adolescence, la famille et les rapports de l'humain à l'animal. Structuré par un découpage original et cinématographique à l'aide de scènes qui se succèdent : un lieu, un décor, un personnage, un registre de langage, un repère temporel - avant ou après la disparition d'Hervé.
L'histoire est bien mais les lieux sont dégueulasses : des abattoirs. Les descriptions sont affreuses. Le but est visiblement de nous dégoûter de la viande et de l'abattage des millions d'animaux chaque jour ...



