
Le Courage de la nuance
2021
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Jean Birnbaum
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Summary
« Nous étouffons parmi des gens qui pensent avoir absolument raison », disait Albert Camus, et nous sommes nombreux à ressentir la même chose aujourd’hui, tant l’air devient proprement irrespirable. Les réseaux sociaux sont un théâtre d’ombres où le débat est souvent remplacé par l’invective : chacun, craignant d’y rencontrer un contradicteur, préfère traquer cent ennemis. Au-delà même de Twitter ou de Facebook, le champ intellectuel et politique se confond avec un champ de bataille où tous les coups sont permis. Partout de féroces prêcheurs préfèrent attiser les haines plutôt qu’éclairer les esprits. Avec ce livre, Jean Birnbaum veut apporter du réconfort à toutes les femmes, tous les hommes qui refusent la «brutalisation» de notre débat public et qui veulent préserver l’espace d’une discussion aussi franche qu’argumentée. Pour cela, il relit les textes de quelques intellectuels et écrivains qui ne se sont jamais contentés d’opposer l’idéologie à l’idéologie, les slogans aux slogans. Renouer avec Albert Camus, George Orwell, Hannah Arendt, Raymond Aron, Georges Bernanos, Germaine Tillion ou encore Roland Barthes, ce n’est pas seulement trouver refuge auprès de figures aimées, qui permettent de tenir bon, de se tenir bien. C’est surtout retrouver l’espoir et la capacité de proclamer ceci : dans le brouhaha des évidences, il n’y a pas plus radical que la nuance.
Avis et Commentaires
5 avisUn essai assez court (voire trop court) qui revient sur plusieurs écrivains ou philosophes qui défendaient le choix de la nuance comme une capacité au dialogue et un refus du sectarisme, de l’affrontement obtus, du jusqu’au boutisme - certains comme Germaine Tillion ont été critiqués (par Simone de Beauvoir par exemple) pour leur tiédeur voire leur lâcheté là où ils étaient simplement dans la recherche de la compréhension mutuelle.
Camus : « nous étouffons parmi les gens qui pensent avoir absolument raison » Camus : « notre monde n’a pas besoin d’âmes tièdes. Il a besoin de cœurs brûlants qui sachent faire à la modération sa juste place » (Combat) Camus : « Mal nommer un objet, c’est ajouter au malheur de ce monde » Bernanos : « l’imbécilité préfèrera toujours le slogan à la vérité et le crime à la liberté » —> Quand on est engagé dans un camp (ex : action française avec Maurras) je pense qu’il est très compliqué de prendre du recul et voir les choses plutôt que de soutenir son camp 1) car on manque de lucidité on n’est pas objectif 2) surtout car c’est comme trahir ses positions passées et décrédibiliser sa personne. Avec les réseaux c’est encore pire pour le 1) car on ne voit que les paroles des gens qu’on suit et pour le 2) car tout est enregistré et on pourra être décrédibilisé Arendt : la pensée libre requiert l’indépendance du jugement Aron (reprend Montesquieu) : « Être vrai partout , même sur sa patrie. Tout citoyen est obligé de mourir pour sa patrie : personne n’est obligé de mentir pour elle » Aron : l’arrogance idéologique exprime moins le courage que la lâcheté —> aujourd’hui on pense l’inverse, on pense que ceux qui osent être subversif et extrêmes (LFI) sont courageux, et les centristes des laches. Pour Aron l’action est importante, il faudrait que les centristes soient plus dans l’action —> qui pour « relancer cet héritage fragile » de la nuance ? André ? Édouard ?





