La Vie secrète des animaux
2018
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Peter Wohlleben
Margaux a noté 9/10
Que dire de cet ouvrage, somme toute descriptif..? Je ne vais pas vous faire la liste de ce qu’on y apprend, c’est colossal, je réécrirais le livre! Je peux en revanche vous dire quelles émotions il m’a procurées. Car ce fut flagrant: au cours de ma lecture - presque d’un trait! - ma vision du monde s’est graduellement modifiée. Je voyais soudain les choses d’un œil plus serein, mes problèmes n’en étaient plus vraiment, mes angoisses habituelles s’apaisaient, ma vision de l’avenir se rassérénait. Oui, ce livre tue l’ego! Le mauvais, j’entends. Il apporte l’humilité, je ne saurais expliquer comment, et ça n’a pas d’importance. Lire sur l’évolution des espèces depuis la création de la vie, sur les stratégies de survies, sur la diversité du vivant, revenir sur des définitions de mots qui paraissaient évidentes: compassion, courage, peur, vol, mensonge, territoire…. Toutes ces notions abordées m’ont ramenée à un sentiment d’être ce que je suis, finalement: ni plus ni moins qu’un bout de ce cosmos, auquel je participe, humblement, au même titre que tous les autres, de la tique à mon voisin de palier, de la fourmi à la reine d’Angleterre, du champignon au pape et puis c’est tout. Penser n’est pas le but ultime de l’évolution, ni celui de la vie et bien moins encore la condition au bonheur. Cet ouvrage m’a rappelé que ma vision de l’existence est loin d’être la seule valable, et a encore accru ma compassion pour le vivant, quel qu’il soit. Dans un épilogue poignant d’intelligence, Wohlleben ne fait pas la démonstration que manger des animaux c’est mal, loin de là. Il nous exhorte simplement au respect de la vie et à bien vouloir sacrifier un tout petit peu de ce confort qui ne nous apporte rien de plus que l’illusion éphémère du bonheur, pour l’échanger contre une consommation basée sur le respect et la modération (vertu essentielle chez les grecs, au passage…), qui nous donnera bien davantage: la satisfaction de vivre bien, aligné, et d’agir avec justesse, déclenchant ainsi les hormones du bonheur. Mon jugement s’est, au fil des chapitres, éteint, ma vanité s’est assoupie, et mon bonheur s’est accru. Comme quoi, il en faut peu, pour être heureux! . . . Danke, Herr Wohlleben! Mein Leben ist zwar wohl, in der Tat, wenn ich Ihnen lese! . Et merci Lise Deschamps pour une très belle traduction, pleine de vie! .
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Summary
Les animaux ressentent-ils de l'injustice, de la compassion, du regret ou de la honte ? Peuvent-ils compter ou faire des projets ? Que signifie pour eux être apprivoisés ou domestiqués ? Que sait-on de leur sommeil, de la manière dont ils vieillissent ou de leur façon d'apprendre ? Pour répondre à ces questions troublantes, le forestier Peter Wohlleben s'appuie sur son incroyable sens de l'observation et sur les dernières découvertes scientifiques. Avec le même talent de pédagogue que dans La Vie secrète des arbres, il nous ouvre les portes d'un monde caché, celui de la vie intérieure des animaux, de leurs émotions et de leur ressenti : les coqs mentent, les biches connaissent le deuil, un hérisson peut être tourmenté par ses cauchemars, des cochons répondent à leur nom... Ce récit buissonnier, nourri d'anecdotes étonnantes et de références savantes, est un appel vibrant au respect du monde animé qui nous entoure.
Avis et Commentaires
5 avisQue dire de cet ouvrage, somme toute descriptif..? Je ne vais pas vous faire la liste de ce qu’on y apprend, c’est colossal, je réécrirais le livre! Je peux en revanche vous dire quelles émotions il m’a procurées. Car ce fut flagrant: au cours de ma lecture - presque d’un trait! - ma vision du monde s’est graduellement modifiée. Je voyais soudain les choses d’un œil plus serein, mes problèmes n’en étaient plus vraiment, mes angoisses habituelles s’apaisaient, ma vision de l’avenir se rassérénait. Oui, ce livre tue l’ego! Le mauvais, j’entends. Il apporte l’humilité, je ne saurais expliquer comment, et ça n’a pas d’importance. Lire sur l’évolution des espèces depuis la création de la vie, sur les stratégies de survies, sur la diversité du vivant, revenir sur des définitions de mots qui paraissaient évidentes: compassion, courage, peur, vol, mensonge, territoire…. Toutes ces notions abordées m’ont ramenée à un sentiment d’être ce que je suis, finalement: ni plus ni moins qu’un bout de ce cosmos, auquel je participe, humblement, au même titre que tous les autres, de la tique à mon voisin de palier, de la fourmi à la reine d’Angleterre, du champignon au pape et puis c’est tout. Penser n’est pas le but ultime de l’évolution, ni celui de la vie et bien moins encore la condition au bonheur. Cet ouvrage m’a rappelé que ma vision de l’existence est loin d’être la seule valable, et a encore accru ma compassion pour le vivant, quel qu’il soit. Dans un épilogue poignant d’intelligence, Wohlleben ne fait pas la démonstration que manger des animaux c’est mal, loin de là. Il nous exhorte simplement au respect de la vie et à bien vouloir sacrifier un tout petit peu de ce confort qui ne nous apporte rien de plus que l’illusion éphémère du bonheur, pour l’échanger contre une consommation basée sur le respect et la modération (vertu essentielle chez les grecs, au passage…), qui nous donnera bien davantage: la satisfaction de vivre bien, aligné, et d’agir avec justesse, déclenchant ainsi les hormones du bonheur. Mon jugement s’est, au fil des chapitres, éteint, ma vanité s’est assoupie, et mon bonheur s’est accru. Comme quoi, il en faut peu, pour être heureux! . . . Danke, Herr Wohlleben! Mein Leben ist zwar wohl, in der Tat, wenn ich Ihnen lese! . Et merci Lise Deschamps pour une très belle traduction, pleine de vie! .





