
Mémoires d'une jeune fille rangée
By Simone de Beauvoir
1967
Margaux plans to do
Rangée mais rock n’ roll..! . Que dire sur cette œuvre presque devenue mythe? Il est toujours émouvant de découvrir les processus qui ont mené un personnage public à devenir ce pourquoi nous le connaissons. De Beauvoir, je pense, a surtout su puiser dans son mal être, dans sa dualité interne, ce que Nietzsche appelle les côtés apollinien et dionysiaque. Cette ambivalence qui l’a tiraillée entre la jeune fille rangée qu’elle a cru être naturellement, et la profonde rebelle qui n’est jamais parvenue à s’aligner sur les codes des conventions. Pour le plus grand bonheur de l’Histoire des femmes. Car c’est en osant être elle même, qu’elle a développé ce sens de l’universalité à travers l’individu. Elle voulait “dire tout”. Et, dans un cercle vertueux, elle a su s’élever, et élever le monde en se racontant. Au début, ce récit de mal-être m’a dérangée, mais, curieuse, j’ai persévéré. Je ne saurais dire pourquoi, car en somme, il ne s’agit rien de moins que le récit d’une vie, mais, dans sa globalité, ce livre m’a bouleversée. Non pas au fil des pages mais en le refermant, j’ai eu cette sensations qu’il m’avait racontée, moi, que je sortais d’une conversation avec moi-même, et en même temps avec un maître à penser. C’est peut être cela, qu’on appelle le génie littéraire? .
Summary
«Je rêvais d'être ma propre cause et ma propre fin ; je pensais à présent que la littérature me permettrait de réaliser ce vœu. Elle m'assurerait une immortalité qui compenserait l'éternité perdue ; il n'y avait plus de Dieu pour m'aimer, mais je brûlerais dans des millions de cœurs. En écrivant une œuvre nourrie de mon histoire, je me créerais moi-même à neuf et je justifierais mon existence. En même temps, je servirais l'humanité : quel plus beau cadeau lui faire que des livres? Je m'intéressais à la fois à moi et aux autres ; j'acceptais mon incarnation mais je ne voulais pas renoncer à l'universel : ce projet conciliait tout ; il flattait toutes les aspirations qui s'étaient développées en moi au cours de ces quinze années.»


