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Tropique de la violence

Neila Bahri

Neila Bahri envisage de faire

Noté 10/10 par Jojoajoie "Superbe roman polyphonique sur l'île de Mayotte. Récit poignant, personnages très bien écrits et entiers Marie : "De là où je vous parle, ce pays ressemble à une poussière incandescente et je sais qu'il suffira d'un rien pour qu'il s'embrase." Moïse : "Je voudrais lui dire que je ne suis pas qu'un assassin, que j'ai été un garçon qui lisait des livres, qui écoutait de la musique, qui était un as du Lego (...) Je voudrais lui dire que ça, ce corps crade, ces chiffons qui me servent de vêtements, cette main qui a tenu le flingue..." Bruce : "Parce que tu crois que je suis né comme ça, moi, avec l'envie de taper, de mordre, de rentrer dedans, moi aussi je voudrais pouvoir dire avec une petite voix et le regard au loin quel est mon endroit préféré dans ce pays. " Olivier : "Il m'est arrivé d'espérer (...) que quelque chose bouge." Moïse : "Quand on se séparait à Dzaoudzi, j'avais l'impression qu'il partait pour la Vie, Vraie Vie, et que moi je rentrais dans une maison de mensonge [...] je ne voulais pas être un muzungu, un étranger. Je voulais appartenir à un endroit. [...] Quand j'aurais vu la Vraie Vie de Merde,... alors je serais revenu tranquillement dans ma maison en dur, dans ma maison de Blanc." Moïse : "Est-ce que si cette personne avait rebaptisé ce quartier avec un nom doux, un nom sans guerre, un nom sans enfants morts, un nom comme Tahiti qui sent les fleurs..., est-ce que ça aurait changé le destin et l'esprit des gens ici ?" Bruce : "Toi qui parles de Gaza comme tous les Blancs qui parlent de Gaza, tu parles de la merde tu parles des poubelles tu parles de la misère comme tous ces journalistes qui viennent chez nous comme ils vont au cinéma... J'ai pas les mots comme toi Mo j'ai pas de grandes phrases dans ma tête mais souvent je pense à ces années-là." "Je ne suis pas comme toi, moi, à ouvrir ma bouche pour faire joli, pour dire je le souviens, pour dire je regrette et je regrette encore. Non, moi je dis la vérité." "C'est Mayotte ici et toi tu dis c'est la France. (...) La France c'est comme ça ?" Moïse : "Pendant longtemps j'ai été mort car je suppose que c'est ce vide-là qu'on a dans le ventre et dans le cœur quand on est mort." "Après les élections, les voitures n'ont plus fait que passer sans s'arrêter. " Olivier : "Mayotte, c'est Franc et ça n'intéresse personne. Les autres voulaient aller en Haïti... à Madagascar, en Éthiopie. Ils voulaient de la "vraie" misère, de la misère centenaire ancrée comme une mauvaise racine, des pays "où c'est chaud"" "Nous rentrerions les poches gonflées de nos primes, les mains toujours dans le dos et la bouche toujours remplie de grandes théories." Moïse : "il n'y a qu'un gosse qui vit dans la rue pour savoir. Il n'y a pas de séance de cinéma ou de match de foot qui pourrait égaler le fait de posséder quelque chose, quelque chose qui ne soit rien qu'à soi, même si ce n'est qu'une vieille brosse à dents." "Mais pour les garçons comme moi, quo ont toujours peur, qui ont vécu dans le tout et qui n'ont tout à coup rien, on retourne comme un agneau vers son prédateur." "Je me serais endormi, puis je serais mort dans ce creux-là et j'aurais été un peu cet arbre, invisible, admirable. C'est une vie magnifique que d'être un baobab sur une plage." Stéphane : "et tu dis Putain c'est chaud, mais ça ne t'atteint pas là où ça devrait t'atteindre." Moïse : "Je sais qu'il faut autre chose que de la pitié et de la peur. Je sais qu'il faut aussi un peu d'amour." "Je me suis demandé si, en réalité, il n'était pas foutu d'avance, ce garçon-là, et, avec lui, tous les garçons et les filles nés, comme lui, au mauvais endroit, au mauvais moment.""

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