
Soleil vert
2014
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Harry Harrison
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Summary
Tandis que l'humanité s'apprête à entrer clans le troisième millénaire, la surpopulation est devenue telle que les ressources naturelles ne suffisent plus à couvrir ses besoins. La nourriture et l'eau sont rationnées, il n'y a plus de pétrole, plus guère d'animaux. Trente-cinq millions de New-Yorkais, pour la plupart sans emploi ni logement, se battent pour survivre. Andy Rush a un travail, lui. Tous les jours, avec les autres policiers de sa brigade, il part disperser les émeutes de la faim qui se produisent lors de chaque nouvelle distribution de nourriture de synthèse. Alors, qu'importe si un nabab aux activités louches s'est fait descendre ? S'il parvenait à attraper le meurtrier, Andy le remercierait presque pour services rendus...
Reviews and Comments
10 reviewsPrêt à Christelle
De passage à la BU d’Evry pr emprunter un Code Général des Impôts pr le partiel de Fiscalité des sociétés, je traîne un peu dans la section Littérature, côté romans. Je tombe sur ce livre dont Papa me disait que le film qui l’adapte l’avait bcp marqué. Ni une ni deux, je l’emprunte aux côtés de mon CGI. - Sur l’histoire : Dans une ville de New York surpeuplée en 1999 (trente-trois ans après l'écriture du roman). Andy Rusch, inspecteur de police de 30 ans, vit dans une demi-pièce qu'il partage avec Sol, un ingénieur à la retraite qui a adapté un vélo qu’il utilise à longueur de journée pour produire de l'énergie pour un vieux téléviseur et un réfrigérateur. Billy Chung, un Américain d'origine chinoise de 18 ans, s'empare d'une boîte de steaks au cours du pillage d’un magasin. Il en mange une partie et vend le reste afin de réunir assez d'argent pour trouver un emploi de messager de la Western Union. Il parvient à décrocher le job, et sa première livraison le conduit dans un hôtel de luxe fortifié, doté de la climatisation et de l'eau courante. Il livre son message à un riche racketteur nommé Big Mike O'Brien et voit Shirl, la maîtresse de Mike, âgée de 23 ans, nue sur le lit. Vision presque onirique qui fascine le jeune homme. Billy quitte l'appartement, mais a bien remarqué la défaillance du système d’alarme de la chambre, et s'organise pour pouvoir rentrer à nouveau dans l'immeuble plus tard sans être vu. Quelques jours plus tard, il s'introduit ainsi chez Mike dans l'espoir de revoir Shirl endormie et de dérober des biens précieux. Cependant, lorsque Mike, seul dans l’appartement, le surprend en flagrant délit, Billy le tue accidentellement d’un coup de pied de biche à la tête et s'enfuit les mains vides. À cause d'un cœur dessiné par Billy dans la poussière d'un soupirail qui lui a permis de repérer une fenêtre mal vissée pour revenir, les associés mafieux de Mike suspectent que le meurtre pourrait avoir été commandité par un patron du crime qui essayerait de s'étendre à New York, et donc le cœur est l’emblème. Ils s'assurent par le biais du supérieur d’Andy, complètement à leur botte, que le policier travaille sur cette affaire jusqu'à ce qu'elle soit résolue. Au cours de son enquête, celui-ci s'éprend de Shirl qu’il retourne sans cesse pour interrogatoire et plus si affinités. Ils s’apprécient bcp et décident de sortir ensemble. Ils profitent à deux du luxe de l'appartement de Mike jusqu'à la fin du mois, terme de la location de l’hôtel. Leur idylle est parfaite, ils filent le parfait amour et trouvent l’un dans l’autre un soutien et un nouveau départ. Ensuite, Andy propose à demi-mots à Shirl de le rejoindre chez lui, honteux de lui laisser envisager un tel passage du luxe à la misère. Shirl n’en a cure, elle aime Andy et emménage avec lui. Elle est toutefois rapidement déçue du peu de temps qu'Andy, surmené, lui consacre. Leur relation s’effrite rapidement, entre incompréhensions et malentendus, en passant par de la vraie tristesse de ne pouvoir construire quelque chose ensemble malgré leur amour très fort ; seulement voilà la situation actuelle du monde et de leur couple ne permet pas leur bonheur… Shirl finit par retourner à son ancienne méthode de survie et avoue avoir couché avec un homme riche rencontré lors d'une fête, ce qui lui a permis de ramener du steak Soylent chez Andy. Seulement, Andy se sent trahi et Shirl ne sait plus si elle est prête à tant de sacrifices alors que son charme naturel pourrait lui assurer une survie certaine. Leur relation se dégrade de plus en plus mais ils tentent tant bien que mal de rester soudés. De son côté, obsédé par son crime et torturé par la peur d’être attrapé, Billy tente d’échapper à la capture. Il quitte la ville et finit par s'introduire dans un navire abandonné, où il vient vivre avec Peter, un vieil homme qui attend avec impatience le nouveau millénaire et la fin du monde. Bientôt, ils sont attaqués et déplacés par un trio de voyous voleurs d’eau. Les deux compagnons de fortune trouvent un nouveau foyer dans une voiture mais Peter finit par chasser Billy pour avoir la voiture pour lui seul. Des mois après le meurtre, Billy décide de rendre visite à sa famille, croyant que la police s'est désintéressée de lui et pensant trouver un refuge auprès de sa mère et sa sœur. Bien au contraire, sa famille ne le calcule même pas et le considère comme une énième bouche à nourrir ; Billy est dévasté. Pendant ce temps, Sol se décide à sortir mais est blessé lors d'une émeute et attrape une pneumonie. Il meurt quelques jours plus tard. Peu après sa mort, une famille odieuse s'empare de sa part du logement chez Andy (il faut bien loger tout le monde), rendant la vie de Shirl et d'Andy encore plus misérable qu'auparavant. Finalisant ses recherches grâce à ses talents d’enquêteur, Andy remonte la piste de Billy et rend visite à sa famille. Le policier tombe nez à nez avec le jeune asiatique et lorsque Billy s'apprête à attaquer Andy avec un couteau, il trébuche et Andy le tue accidentellement avec son arme de service. Comble d’absurdité, les gangsters qui ont compris face au calme des derniers mois que le cœur dessiné par Billy n’était pas lié à leur rival mafieux, se sont alors complètement désintéressés de l’enquête d'Andy. S’il n’est pas du tout récompensé pour ses semaines de traque, c’est encore pire : ses supérieurs désapprouvent ses actions, le lâchent complètement en lui faisant porter la responsabilité de toute l’enquête et il est temporairement rétrogradé au rang de simple patrouilleur. Lorsqu'il retourne dans ses quartiers, il découvre que Shirl l'a quitté. Au bord du gouffre, Andy est en patrouille à Times Square le soir du Nouvel An, où il aperçoit Shirl parmi les riches fêtards, d’apparence heureuse et habillée avec faste. Au moment où l'horloge sonne minuit, Andy rencontre Peter, l’ancien compagnon temporaire de Billy, qui est bouleversé par le fait que le monde n'a pas pris fin avec le nouveau millénaire et qui demande à qui veut l’écouter comment la vie peut continuer ainsi, si cruelle. Le livre se termine par l'écran de Times Square annonçant que « le recensement indique que les États-Unis ont connu la plus grande année de leur histoire, fin du siècle, 344 millions de citoyens. Bonne année ! ». - Impressions : Si je devais qualifier le livre d’un seul mot, ce serait « déprimant ». Tout est si gris, triste, pauvre et sans espoir. Le seul rayon de soleil au sein de cet océan de noirceur est la relation Shirl / Andy, vraiment très touchante car profonde et salvatrice. Deux êtres perdus qui trouvent un semblant d’envie de vivre à leur contact mutuel. Dommage que leur bonheur soit rendu impossible par la cruauté de leur environnement. Le mot « injuste » se forme sur mes lèvres directement aussi. Le coup de l’enquête de plusieurs mois qui in fine ne sert à rien, et dont la responsabilité pèse en totalité sur un Andy esseulé (alors qu’on lui a littéralement dit qu’il n’aurait pas le choix face à la pression de la pègre), c’est vraiment rageant. Tout cela en provoquant la mort d’un jeune ultra débrouillard, et en pleurant à l’inverse la mort d’un être malfaisant qui rackettait ses contacts. Le pauvre Andy se prend la dureté du monde en pleine face tout au long du roman, et, s’il ne se plaint jamais, il fait vraiment bcp de peine. La dynamique du « supérieur corrompu » / « les riches tirent les ficelles anyway » / « les riches s’en sortent tjrs mieux que les pauvres » a de quoi bien énerver aussi. Sans tomber dans le cliché les rapports de force inégaux sont assez réalistes. En bref, un roman d’anticipation assez sombre qui ne laisse pas indifférent mais au contraire assez triste, révolté, et déprimé. Pour le côté provocateur d’émotions, ce que je recherche toujours dans un livre - quelles que soient ces émotions d’ailleurs pas obligatoirement positives - c’est réussi. Emprunté à la BU d’Evry.
